Les portes du vieux monde

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Otto Brünhilde

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1 Otto Brünhilde le Mer 15 Mai 2013 - 7:10

Bonoarpha

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Durant la Tempête du Chaos, Archaon et ses troupes ravagèrent le Kislev et le nord de l’Empire avant d’être arrêtés et défaits à Middenheim par l’armée impériale aidées de renforts bretonniens, nains et elfes. Mais les hordes du Chaos n’attaquèrent pas que là. Vardek Crom, héraut d’Archaon et champion du Chaos Universel, descendit des Désolations Nordiques par les Terres Sombres avec pour objectif de traverser les montagnes du Bord du Monde par le Col du Pic et de saccagé les provinces orientales de l’Empire. Mais l’Empereur Karl Franz avait appelé à l’aide ses plus fidèles et tenaces alliés, les nains. Ungrim Poing de Fer, Roi Tueur de Karak Kadrin, répondit à l’appel et honora le serment d’assistance que le Haut-Roi Kurgan Barbe de Fer fit à Sigmar lorsque le Dieu de l’Empire marchait encore parmi les hommes. Il jura de défendre le Col du Pic face aux hordes de Vardek.

La province la plus orientale de l’Empire est l’Ostermark, ou Marche de l’Est. C’est une région rurale et peu peuplée, mais ses habitants font partie des impériaux les plus aguerris, car ils vivent sous la menace constante des morts-vivants de Sylvanie au sud, des peaux-vertes des montagnes du Bord du Monde à l’est, et leur frontière commune avec Kislev au Nord fait qu’ils sont toujours parmi les premiers à répondre présent en cas d’incursion Chaotique dans le royaume de la Reine de Glace. Ils peuvent néanmoins compter en toute circonstance sur la surveillance qu’exercent les nains de Karak Kadrin sur le Col du Pic à l’est.

Au moment de la Tempête du Chaos, des bandes de maraudeurs quittèrent le gros de l’armée de Vardek et passèrent par d’autres chemins que le Col du Pic et certaines réussirent à passer de l’autre côté des montagnes malgré la vigilance des nains. Elles étaient trop faibles pour causer un réel danger à l’Empire mais assez fortes pour attaquer de petits villages. Et l’une d’elle le prouva quand elle attaqua Mielau, un village de six douzaines d’âmes situé en lisière d’une forêt et le long d’une rivière coulant des montagnes du Bord du Monde toutes proches. Il était protégé sur un côté par la rivière, et par une palissade sur le reste de son pourtour.
Une nuit, les villageois furent réveillés par une clameur sauvage venant de l’autre côté de la palissade. Des cris d’alarme furent poussés par les sentinelles des tours de guet, et le tocsin du clocher du temple de Sigmar fut sonné. Les vieillards, les enfants et les malades furent amenés au temple, qui était le bâtiment le plus grand et le plus solide, tandis que les autres prirent les armes et allèrent défendre la palissade. Otto Brünhilde, jeune garçon de cinq ans, monta en haut du clocher pour observer la bataille, les entrailles tordues par la peur de perdre ses parents qui étaient partis combattre. Le spectacle qu’il vit l’effraya.

Plus d’une centaine de maraudeurs étaient assemblés à l’extérieur du village. Certains portaient des signes évidents de mutation, comme des pinces ou des tentacules à la place de bras. Ils étaient menés par un grand guerrier recouvert des pieds à la tête d’une armure noire baroque, et par un étrange individu difforme et habillé d’une robe qui ne semblait pouvoir marcher qu’en s’appuyant sur un bâton dont la tête avait était sculptée de manière à représenter plusieurs visages hurlant de douleur. Quand le guerrier en armure leva son épée vers le village, ses hommes chargèrent en hurlant. Ils furent accueillis par une volée de flèche tirée de la palissade. De nombreux barbares moururent, mais la frénésie des survivants ne fut nullement entamée. Ils arrivèrent au bas de la palissade et commencèrent à poser des échelles. Les défenseurs firent de leur mieux pour les faire tomber, mais malgré leurs efforts les assaillants arrivaient peu à peu à poser le pied sur le chemin de ronde. Au dessus du vacarme de la bataille s’élevait un chant qui n’annonçait rien de bon, psalmodié dans une langue sinistre et inconnue.

Il apparut vite qu’il s’agissait d’une incantation quand les portes du village explosèrent dans une gerbe de flamme violette. Otto put voir par l’ouverture béante un halo de lumière pastel entourer le petit homme difforme. Les maraudeurs s’engouffrèrent dans la brèche. Ils chargèrent les villageois qui gardaient la porte. Les autres défenseurs se replièrent depuis les murs vers le centre du village, et bientôt tous les habitants encore debout étaient massés autour du temple de Sigmar, prêts à défendre jusqu’à la mort.

Bien que les habitants de l’Ostermark fassent partie des Impériaux les plus endurcis, les suppôts des Dieux Sombres étaient plus nombreux et façonnés par une vie incessante de combat. Leur chef se dirigeait tranquillement vers le combat comme s’il se promenait dans un jardin, se sentant chez lui sur le champ de bataille. Le sorcier du Chaos avait recommencé à incanter. La situation était désespérée.

C’est à ce moment qu’une pluie de flèche tomba sur les barbares depuis l’extérieur de l’enceinte. Surpris par cet évènement inattendu, les combattants des deux camps marquèrent une pause dans leur combat pour comprendre quelle en était la source. Le sorcier cessa son invocation. Le champion du Chaos se retourna.

Des nains armés de haches à deux mains et protégés par des armures de mailles étaient en train de passer la porte, avec derrière eux des archers humains qui continuaient à décocher leurs flèches. En première ligne se trouvaient un nain à crête orange quasiment nu et un humain chauve dont le plastron de métal était gravé d’une comète à deux queues. Otto le reconnut comme étant un prêtre de Sigmar. Les nains chargèrent, le crêteux se dirigeant directement sur le champion ennemi. L’homme chauve et le sorcier se toisèrent avant de commencer tous deux à psalmodier. Les maraudeurs se divisèrent en deux, une partie resta au contact des villageois, l’autre contre-chargea les nouveaux venus.

Les nains frappaient comme s’ils en voulaient personnellement à leurs ennemis, les guerriers du Chaos combattaient avec toute la sauvagerie et l’abandon qui étaient les leurs. Le champion et le nain à crête échangeaient coup pour coup. Le sorcier et le prêtre finirent leur incantation en même temps. Le premier lança une boule de feu mauve en forme de crâne hurlant, le prêtre envoya par ses deux doigts écartés en V une comète à deux queues. Le crâne et la comète se percutèrent dans une grande explosion qui faucha plusieurs combattants. Voyant qu’il lui faudrait une approche plus directe, le prêtre empoigna son marteau à deux mains et chargea en incantant.

Le duel entre le nain et le champion tournait à la défaveur du barbu. Son absence complète de protection le désavantageait par rapport à l’armure de plaques de son adversaire. Il souffrait de plusieurs petites blessures qui, bien que n’étant pas mortelles, le gênaient dans son combat. Il n’avait pas l’air perturbé pour autant. En fait il avait l’air d’exulter. Il tenta le tout pour le tout et se fendit. Il passa sous la garde de son vis-à-vis et le frappa tellement fort de sa hache qu’elle trancha son armure puis continua son chemin dans son ventre avant de ressortir de l’autre côté, les symboles gravés sur la lame brillant comme du fer chauffé à blanc. Le champion cracha du sang par les trous de son casque avant de s’effondrer.

Des éclairs s’amassaient sur la main libre du sorcier du Chaos. Il la tendit vers le prêtre, dont le marteau était à présent illuminé et laissait derrière son sillage deux traînées brillantes. Des éclairs jaillirent et lacérèrent le plastron à la comète, entamant la chair en dessous. La blessure ne fit que renforcer la juste colère du sigmarite, qui abattit son marteau. Le petit homme difforme leva son bâton dans un geste de défense. La tête du marteau ne fut même pas ralentie quand elle le brisa. Elle continua sa descente et percuta la tête du sorcier, la faisant exploser comme un fruit trop mûr.

Leurs chefs morts, pris entre le marteau et l’enclume, les maraudeurs survivants prirent la fuite, distançant rapidement les nains courts sur pattes. Cependant aucun ne franchit la porte du village dans l’autre sens. Ils furent transformés en pelotes d’épingle par les archers.

Il y eut de nombreux morts ce jour-là. Les parents d’Otto n’en faisaient pas partie. Le prêtre de sigmar utilisa ses pouvoirs divins pour se soigner lui-même et les blessés les plus graves. Otto apprit plus tard que les nains étaient des rangers qui gardaient un col des Montagnes du Bord du Monde, et que le nain à crête était leur ancien chef. Il avait fait le serment du Tueur après avoir échoué dans sa mission en laissant passer la bande de maraudeurs, et avait juré de les rattraper et de se venger. En chemin ils avaient rencontré le groupe d’archers, qui étaient des chasseurs menés par le prêtre guerrier de l’Ordre du Marteau d’Argent. Ils avaient repéré les ennemis et les poursuivaient.

Mais ce qu’Otto apprit ce jour-là était que la clef de la victoire contre les Puissances de la Ruines était l’union sacrée entre tous ceux qui les combattaient, quelles que soient leur race ou leurs croyances. Il décida de servir le dieu qui prônait l’unité de l’Empire et l’entraide entre humains et nains. Il suivrait la voie de son héros et combattrait les Puissances de la Ruine au nom de Sigmar.

2 Re: Otto Brünhilde le Ven 8 Nov 2013 - 3:42

Bonoarpha

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Voici la BO d'Otto. Hope, volume 2, d'Apocalyptica.

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3 Biographie le Jeu 23 Juil 2015 - 5:48

Bonoarpha

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Peu de temps après l’attaque contre son village natal, Otto fut envoyé au Grand Temple de Sigmar de Bechafen pour y devenir novice. Il étonnait ses condisciples comme ses supérieurs par sa détermination et son stoïcisme face aux corvées et éventuelles punitions.

Un jour qu’il fut envoyé acheter des grimoires, des parchemins et de l’encre pour le temple, il croisa dans l’échoppe une prêtresse de Verena à l’allure sévère et sa jeune initiée. L’initiée lui lança un regard noir, et alors qu’Otto tenait dans ses bras ses emplettes qui lui arrivaient jusque sous le menton, l’initiée le bouscula violemment, faisant tomber les achats par terre et répandant de l’encre sur le papier et le velin, et s’en alla sans regarder en arrière d’un pas furieux. La prêtresse rappela sans résultat sa disciple, mais demanda au jeune sigmarite son nom avant de s’en allait.

Quand il revint au temple avec le matériel d’écriture en grande partie inutilisable, il subit la colère de son maître qui ne voulait pas entendre ses excuses. Il fut privé de souper et dû regardé ses camarades manger devant lui, et fut assigné à une double ration de corvée pour une semaine. Tard dans la soirée, avant que l’heure du coucher, Otto fut convoqué au hall d’entrée. Il y vit la prêtresse verenéenne accompagnée de sa disciple qui avait les yeux rougis et qui lançaient des éclairs. Elle expliqua l’incident de la boutique et demanda que la punition d’Otto soit reportée sur son initiée, car ceci n’était que justice et justice devait être faite, comme le commandait sa déesse. Le supérieur de Sigmar accepta, mais Otto refusa de voir sa punition levée. Celle-ci était une épreuve qu’il devait surmonter pour s’endurcir, car la lutte contre le Chaos lui demanderait bien plus. La prêtresse de Véréna fut surprise de voir autant de détermination chez un si jeune garçon. Il fut finalement décidé qu’Ermani Grangarova, la jeune initiée colérique, effectuerait les mêmes corvées qu’Otto durant la durée de la punition.

Les deux jeunes enfants trimèrent ensemble la semaine suivante. Otto tenta d’entamer la conversation, mais Ermani ne desserrait jamais les dents et ne parlait que quand c’était indispensable. Le jeune sigmarite, fidèle à son stoïcisme, resta de marbre face à ce silence, mais ne pouvait s’empêcher de lancer des regards en coin teintés de perplexité et de curiosité vers la veranéenne.
A la fin de la semaine, mère Minerva vint rechercher sa disciple. Elle prit Otto à part et lui demanda si la demoiselle et lui avait discuté. Le garçon lui répondit que non, Ermani n’avait rien dit. Mère Minerva hocha la tête sombrement puis repartit.

Quelques jours plus tard, Otto fut convoqué au Temple de Véréna, et fut reçu par Mère Minerva accompagné d’Ermani. Pendant la semaine de punition, la prêtresse avait pris le temps de se renseigner sur Otto, sur son passé. Aussi elle demanda au sigmarite de raconter son histoire. Il raconta comment son village avait été attaqué par une armée du Chaos et comment il avait été sauvé par une troupe mixte de nains et de soldats impériaux menés par un prêtre de l’Ordre du Marteau d’argent, et pourquoi il avait choisi la voix du prêtre-guerrier. Il conclut son récit en énonçant ce qu’il avait appris lors de ce jour : pour vaincre le Chaos, il faut s’unir contre lui. Mère Minerva opina puis rappela à sa protégée deux commandements de Verena : rassembler et préserver le savoir et combattre l’injustice. L’histoire d’Otto et ce qu’il avait appris était un bien précieux, un témoignage d’un événement important et la source d’un enseignement. De plus il était injuste de vouloir le faire payer une faute qu’il n’avait pas commis. Juger un groupe de personnes aussi vaste que le culte sigmarite à partir des agissements d’un seul individu relevait de plus de la fainéantise intellectuelle, quelque chose d’indigne d’une verenéenne. Confuse, Ermani s’excusa d’avoir bousculé
Otto.

Otto revint au temple l’esprit troublé. Depuis son arrivée au temple, il n’avait pas eu beaucoup de contact avec l’extérieur. On lui avait bien sûr enseigné l’existence du culte de Verena, mais c’était tout autre chose de rencontrer ses membres et d’entendre l’enseignement d’une prêtresse d’un autre culte à son élève. Il avait découvert un monde dont il n’avait pas soupçonné l’existence jusqu’alors. De plus Ermani l’intriguait, elle semblait en vouloir au culte sigmarite, mais il ne savait pas pourquoi.
Pendant les mois qui passèrent, Otto se débrouilla pour être choisi chaque fois qu’on avait besoin d’envoyer un initié au temple de Verena. La Déesse de la justice était aussi celle du savoir, et une source de premier choix pour assouvir sa soif de savoir nouvellement éveillée, quand les enseignements sigmarite était bien plus contrôlés et moins ouverts sur le monde. Pendant le peu de temps mort qu’il avait, il profitait au maximum du temps passé au temple pour lire tout ce qu’il lui tombait sous la main. Il croisa plusieurs fois Mère Minerva et Ermani.

Les mois devinrent des années. Otto maintint des relations cordiales avec les deux vérénéennes, et continua à les croiser. Puis vint l’adolescence. Otto continua son entraînement guerrier et devint un garçon robuste, en plus d’un érudit. Ermani fit des pieds et des mains pour suivre une voie similaire, et son corps devint une arme aussi redoutable que son esprit. Un intérêt plus qu’amical naquit entre les deux novices. Ce n’était plus pour des raisons purement académique ou théologique qu’Otto cherchait à aller au temple de Véréna. Ils réussirent à passer du temps ensemble. Un soir, Ermani raconta son histoire, et Otto apprit enfin la cause de sa défiance vis-à-vis des sigmarites.

Ermani était encore une jeune enfant quand sa famille arriva dans l’Empire avec les vagues de réfugiés qui fuyaient l’avancée de l’armée d’Archaon à travers Kislev durant la Tempête du Chaos. Leur groupe eut la malchance d’abriter un cultiste du Chaos infiltré parmi les autres réfugiés. La chose fut découverte par un répurgateur sigmarite du nom de Léopold Karamazov qui ne tarda pas à capturer et à condamner le groupe au bûcher. Les parents d’Ermani réussirent à la cacher avant la capture, mais la fillette les avaient suivi de loin, et quand ses parents poussaient des hurlements alors que les flammes commençaient à les embraser, Ermani courut en pleur vers le bûcher, criant vers ses parents. Le répurgateur l’attrapa, et comprenant le lien de parenté, ordonna que l’on monte un autre bûcher. C’est à ce moment là que Mère Minerva arriva sur le champ d’exécution. Elle défia le répurgateur de prouver la culpabilité de la fillette. Le sigmarite lui répondit qu’elle était la fille de deux des condamnés, et qu’il n’avait pas besoin de davantage de preuve. Minerva prit alors Verena à témoin, et nimbée de l’éloquence de la déesse de la justice, annonça devant la foule assemblée que s’il n’y avait pas de marque du Chaos ou de mutations sur le corps de la fille, alors celle-ci était innocente. Elle attrapa alors une Ermani sanglotante, la déshabilla et exhiba son corps intouché par la corruption. Le répurgateur, furieux de l’affront, n’eut d’autres choix que de déclarer Ermani innocente faute de preuve. Mère Minerva, recueillit alors l’orpheline et en fit une initiée de Verena.

Otto fut troublé. Il connaissait bien évidemment les missions des répurgateurs, mais il n’avait jamais connu quelqu’un qui avait été victime de leurs agissments, et encore moins une personne aussi proche. Cela lui fit reconsidérer les méthodes utilisées pour la lutte contre le Chaos. Les années passées à côtoyer des vérénennes lui avaient inculqué un sens profond de la justice. L’excès de zèle des répurgateurs, en plus d’envoyer des innocents au bûcher, avaient des conséquences contre-productives, car les sigmarites s’attirer la haine de personnes qui au départ auraient tout à fait pu combattre les Puissances de la Ruines, parfois au point de les faire passer du côté obscur. Il devrait falloir plus de preuves que de simples soupçons pour condamner des gens aux bûchers. Les prêtres de Verena, de par leurs aptitudes à distinguer le mensonge de la vérité, pouvaient s’avérer des alliés précieux.
Otto et Ermani finirent par se marier. Ils réussirent à convaincre leur clergé respectif de faire une cérémonie commune. Le sigmarite, demanda la bénédiction des dieux de l’Empire, car ce mariage était aussi le symbole de l’union des cultes impériaux, qui par essence étaient ennemis des puissances de la Ruine, et devaient donc s’unir plutôt que se quereller.

Otto eut un jour l’opportunité de mettre en action ses convictions. Alors qu’il était en déplacement dans un petit village de l’Ostermark, une foule de paysans portant fourches et torches et lançant des « Mort à la sorcière ! » et des « Au bûcher ! » se rassembla sur la place du marché et commença à réunir du combustible. Après avoir posé quelques questions, l’initié apprit que la guérisseuse du village avait été capturée par un répurgateur, Torquemado Coteaz, et condamnée pour sorcellerie. Les habitants, qui allaient auparavant chercher son assistance en cas de maladie ou d’accouchement difficile, ou pour demander des gris-gris à enterrer dans leur champ pour favoriser la récolte, souhaitaient désormais son trépas.

C’est quand le répurgateur attacha la pauvre jeune femme au bûcher qu’Otto intervint.

« Répurgateur, pourquoi voulez-vous brûler vive cette femme ?
-Qui ose remettre en cause mon jugement ? dit le répurgateur en se retournant.
-Un fidèle de Sigmar, qui tout comme vous est soucieux du bien de l’Empire, vous pouvez me croire, dit le novice en s’avançant pour bien exhiber le petit marteau à son collier pendant.
-Connais ta place, initié, ou je te ferai châtier.
-Je suis prêt à risquer ma vie pour l’Empire, je ne crains donc pas votre ire. Qu’est ce qui a bien pu justifier cette condamnation au bûcher ?
-Sorcellerie, jeune impertinent ! Retire-toi maintenant !
-A moins qu’elle ne présente des signes de corruption, aux Collèges de Magie il faut en faire la livraison. Point de crémation.
-Espèce de petit c…
-Qu’on prouve sa corruption, et justifiée sera sa punition, mais sinon, pas question.

Face au silence du juge, jury et bourreau, Otto retira sa dague de son fourreau. La guérisseuse fut promptement déshabillée, et son corps sain présenté à l’assemblée.

-Elle est pure de toute corruption, il faut l’amener aux Collèges. Qu’elle suive une formation.
-La sorcellerie est une voie qui mène à la damnation. La purifier par le feu, telle est la solution.
-Les Collèges peuvent lui apprendre à maîtriser son don. Vous agissez contre les intérêts de l’Empire si vous n’entendez pas raison ! Dans la lutte contre les Puissances Sombres, quelle est l’utilité d’un tas de cendre, à côté de celle d’un manipulateur du vent de l’Ombre,  ou celle d’un magister d’Ambre?

Il obtint pour toute réponse un silence empli de rage. N’attendant pas une nouvelle semonce, il poussa son avantage.

« Je me porte volontaire pour amener à Altdorf cette femme. Si j’échoue et qu’elle s’enfuit, que ce soit moi qu’on livre aux flammes »

La foule lui était désormais acquise. Elle scandait désormais des « Vive l’Empire ! » et des « Loué soit Sigmar ! ». Le répurgateur n’eut d’autres choix que d’accepter la proposition d’Otto. Mais ce n’était pas de bon cœur. Il demanda à voix basse son nom à l’initié, et il jubila intérieurement quand il l’apprit. En effet, le nom d’Otto était depuis peu connu des répurgateurs de l’Ostermark, plus  précisément depuis son mariage avec une réfugiée kislévite qui avait été sauvée du bûcher d’un de leurs confrères par une prêtresse de Véréna empêcheuse de tourner en rond il y a de cela plusieurs année. L’œil mauvais, il avertit Otto que si la sorcière n’était pas amenée à bon port, l’Ordre de la Flamme Purificatrice se verrait contraint d’enquêter sur lui et, par extension, de se pencher de nouveau sur le cas d’Ermani Grangarova. Otto, toujours fidèle à lui-même, ne broncha pas sous la menace. Même s’il était été évidemment inquiet, il avait confiance en son dieu tutélaire pour l’aider dans sa tâche et éviter à son amour innocent une fin tragique. Il répondit au répurgateur Coteaz qu’il ne faillirait pas.

Il ne lambina pas. Il prépara ses affaires, et après avoir envoyé un message à sa douce, il partit avec la sorcière de village pour Altdorf.

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