Les portes du vieux monde

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Salrakaï Gotrekson

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1 Une simple histoire de vol. Partie 2 le Sam 6 Oct 2012 - 2:05

Bonoarpha

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Je suis le tatouage illuminé de Salrakaï.

« Il y a un carreau qui vient de se planter dans le mur, prévint Heinrich.

-J’ai remarqué » commenta Salrakaï.

Le Tueur regarda le carreau pour déterminer l’origine du tir. Il fut aidé dans sa démarche par un deuxième projectile qui le manqua. Apparemment il était la cible prioritaire, mais il ne s’inquiétait pas outre mesure, car il savait que tant que son tatouage était illuminé il ne risquait pas d’être atteint par les tirs ennemis. Il vit sur un bâtiment en face un homme encapuchonné tenant une arbalète de poing pointée sur lui.

Le biographe courut se mettre contre le mur en dessous du tireur, et fut rejoint peu après par le nain. Le barbu chercha un moyen de monter, une caisse, une échelle ou autre. N’en voyant pas, il improvisa.

« Heinrich ! Fais moi la courte-échelle ! »

Le jeune homme s’exécuta. Il lui fallut s’y reprendre à deux fois pour soulever son compagnon trapu. Il peinait à garder son équilibre. Le court-sur-patte tenta d’attraper un rebord de fenêtre mais n’y arriva pas.

« Je peux plus tenir », souffla l’humain, dont les bras flageolaient.

Salrakaï dut descendre de son perchoir. Il rentra dans le bâtiment, qui était en fait une échoppe.

« Planque-toi contre un mur! cria-t-il.

-Il est là-bas ! » répondit l’humain en désignant le toit de la bâtisse sur la gauche.

Il y avait un escalier au fond de l’échoppe qui mener au toit. Le nain y courut, faisant fi des hurlements des vendeurs et des clients.

Le toit, comme la plupart des toits arabiens, était plat et possédait des rebords. Sans doute pour pouvoir récolter l’eau des rares pluies de ce climat sec. Le Tueur aperçut son agresseur, qui était désormais bien sur sa gauche. Il prit son élan et sauta par-dessus le vide entre les deux bâtiments. Il se prit les pieds à l’atterrissage sur le bord d’en face et s’étala de tout son long. Il avait cependant réussi à passer de l’autre côté, et se releva les armes à la main. L’assassin, voyant que les tirs ne fonctionnaient pas contre cet adversaire, dégaina sa cimeterre, et chargea.

Il manqua son premier coup, mais réussit à esquiver la contre-attaque du barbu. Celui-ci para l’attaque suivante avant de manquer à son tour de toucher. Il tenta en vain un désarmement, mais saisit au sens propre l’opportunité qui se présenta ensuite. L’homme encapuchonné voulut embrocher son adversaire, mais manqua sa cible et s’avança d’un pas de trop. Le nain lâcha sa hache gauche et lui attrapa le bras, l’empêchant ainsi de bouger, avant de lui toucher la tête de son autre arme. Le crâne en sang, l’assassin se dégagea le bras. Après avoir vu du coin de l’œil Heinrich monter sur le toit par une échelle, Salrakaï finit le combat en frappant une dernière fois, en désarmant l’humain mal en point et en le saisissant par le col.

« Qui t’as envoyé ? » dit le nain d’un air mauvais.

L’Arabien qui était sous la capuche rit et répliqua quelque chose dans sa propre langue, avant de tituber. Le Tueur le mit à terre. Les blessures qu’il avait infligeait allaient sans doute très bientôt s’avéraient mortelles, mais il se devait de le maintenir en vie pour le faire parler plus tard. Aussi avec l’aide de son biographe ils commencèrent à bander ses plaies et à poser des garrots, mais quelques minutes plus tard le blessé avait rendu son dernier soupir.

Les deux compagnons s’accordèrent une pause et scrutèrent les environs. Ils ne remarquèrent rien de notable, cependant des cris ne tardèrent pas à se faire entendre sur les remparts. Des patrouilles de gardes arrivèrent sous les ordres vociférés de leurs sergents.

« On ferait mieux de décamper, remarqua Heinrich.
-Mouais. »

Salrakaï mit l’assassin sur son épaule et prit sa cimeterre. Il suivit son biographe par l’échelle et à travers les rues du funduk. Les environs étaient relativement tranquille, car les habitants avaient fui le grabuge ou étaient rentré chez eux quand ils avaient entendu les gardes arriver. Le jeune humain se dirigea vers l’échoppe de Yasser. Des gardes interrogeaient les passants dans la rue. Le duo fit quelques détours pour les éviter. Arrivés près du magasin ils virent Alentar rentrer. Ils le suivirent. Le gérant ne tarda pas à arriver.

« A la cave ! Vite ! »

Du bruit se fit entendre à l’extérieur. Tout trois descendirent sans attendre. C’était les seuls arrivés pour l’heure. Le Tueur en profita pour fouiller le corps. L’assassin avait sur lui son arbalète de poing et sept carreaux, sa cimeterre, deux dinars, deux dagues, des jambières et des protections de bras en cuir et un plastron d’écaille. Mais sa possession la plus insolite était une chevalière représentant une rose.

Gurlizek, Santhaëra et Grandbec arrivèrent bientôt. L’elfe et le halfling étaient salement amochés. Le nain avait été attaqué par un être surnaturel, un humanoïde ailé fait de sable, qui se régénérait et ne semblait pas avoir du mal a encaisser les coups pourtant puissants de la Hache de Sang. Les deux autres avaient eu affaire à un assassin humain, mais ils avaient eu de grandes difficultés ne serait ce qu’à rester en vie, et durent la victoire à l’intervention d’un mystérieux ange-gardien qui avait lancé deux dagues dans le dos de l’assaillant.

« Le monstre que vous avez affronté, dit Yasser à Gurlizek, il s’agit d’un héros légendaire, un envoyé du dieu Ormazd, une créature qu’il envoie pour combattre les démons et les infidèles. C’est pour ça que quand les habitants l’ont vu ils se sont mis à prier.
-Est-ce que c’est tuable ? demanda le nain.
-C’est une créature faite de sable, je ne connais pas le moyen de la vaincre. Quant à cette chevalière, continua-t-il en désignant la bague de l’assassin, elle est le symbole d’une guilde d’assassin. Il faut absolument que vous partiez demain.
-Et le macchabé ? demanda Salrakaï.
-On le bouffe », plaisanta l’autre nain. Le Tueur ne goûta pas la plaisanterie et le montra par un reniflement de mépris.

« Je me demande qui est notre mystérieux allié », pensa à voix haute Santhaëra.

Heinrich et Salrakaï se répartirent les possessions de leur agresseur. Le nain prit l’argent, l’humain l’équipement. Yasser fit le nécessaire pour faire disparaître le corps.

Du thé fut servi, puis le groupe alla se coucher pour se remettre des péripéties de la journée…

…Et fut réveillé en pleine nuit par le vieil Arabien et des bruits au dehors.

« Chut ! Tenez, mettez ceci, dit-il en leur donnant de grands habits noirs. Il vous faut partir immédiatement ! Un imam a été assassiné ! Le peuple croit que c’est vous ! Toutes les maisons sont fouillées ! Vous irez avec mon autre fils Nassim, il vous fera passer pour ses femmes ».

Salrakaï regarda d’un air peu enchanté le niqab qui allait le vêtir.

« Si je meurs avec ça sur le dos, je serai la risée de tout mes ancêtres » pensa-t-il avant de l’enfiler.

2 Une simple histoire de vol. Partie 1 le Mer 12 Sep 2012 - 5:58

Bonoarpha

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Je suis le biographe rétabli de Salrakaï.

Heinrich Heineken était toujours de ce monde le lendemain matin. Le Tueur était à son chevet quand il se réveilla.

"Tiens t'es enfin réveillé gamin. Tu sais c'était pas une super idée de s'empaler sur l'épée d'un Skaven. Faudrait éviter ce genre de passe-temps à l'avenir, c'est pas bon pour ta santé. T'as vraiment failli y passer. J'ai bien cru que t'avais clamsé à un moment.
-Bwwahh... Moi aussi, un moment j'ai cru que je ne reviendrai pas! Mais bon, apparemment les dieux veulent que je finisse ta biographie. Je me repose encore quelques jours, et après j'aimerai que tu me racontes ce qui s'est passé pendant l'attaque, et où je suis actuellement?
-On est sur un navire elfe. Le notre a été coulé par le vaisseau plein de Skavens et de Guerriers du Chaos. Cette saloperie nous a éperonné au moment où tu t’es fais planté et m’a fait tomber. Je me suis raccroché à une corde. J’étais à peine remonté qu’il y a eu une explosion qui m’a rebalancé par-dessus bord, et toi avec. J’ai chopé une corde et j’ai réussi à t’attraper avant que tu tombes à l’eau. Après j’ai fait des mouvements de balancier pour t’envoyer au pont inférieur, et je t’ai suivi. J’ai cautérisé ta blessure, j’t’ai mis sur une caisse puis sur l’eau et je nous ai éloigné du raffiot. J’ai retrouvé Santhaëra et d’autres matelots sur des débris. En gros une demi-heure après y a Gurlizek qui s’est pointé avec Alentar et le Halfling sur une chaloupe. Ce fumier voulait pas te laisser monter, il voulait que tu restes sur le radeau qu’on s’était fait et nous tirer, quitte à ce que tu coules si jamais y’avait un problème. L’elfe a échangé de place avec toi pour que tu sois sur la chaloupe. Après y a ce bateau elfe qui est apparu. Gurlizek connaissait l’équipage, ils nous ont fait monté. Et ils t’ont soigné.
-Je vois. »

Le nain expliqua ce qu’il avait appris la veille sur Aekold le Miraculeux, son objet, la carte qui mène à lui, et le groupe d’adorateur qui le recherchaient. Le jeune homme écouta avec toute l’attention qu’il pouvait porter, même si ça lui coûtait de gros efforts. Il luttait pour ne pas retomber dans l’inconscience. Il était néanmoins partant pour continuer l’aventure. Il avait en effet jurer de lutter contre les Sombres Puissance, et l’occasion lui était donnée. Il se rendormit.

Le reste du voyage jusqu’en Arabie dura deux semaines. Il n’y eut pas de mauvaises rencontre cette fois-ci. Heinrich se rétablissait doucement. L’équipage, qui avait fait escale dans de nombreux ports, raconta ce qu’il savait sur l’Arabie à Santhaëra, qui en fit le résumé aux autres, pour éviter les quiproquos malheureux.

L’Arabie était un ensemble de royaumes, des émirats et des califats, plus ou moins inféodé au Sultan d’Arabie, qui gouvernait depuis le Sultanat d’Arabie, situé au sud-ouest des Terres Arides, à l’embouchure du fleuve Mortis. Comme dans tous les royaumes humains, la religion y avait une grande importance. Quatre-vingt pourcent vénérait Ormazd, dont les prêtres, appelés imams, étaient présents dans tous les pays. Quinze pourcents des Arabiens adorait Sangrif. Les cinq pourcents restant semblaient être des adeptes de Khaine, ce qui paraissait étrange, car en plus d’être un dieu elfique, il avait un côté sombre bien prononcé. Dans la plupart des ports, dont Kaman Sala, la destination du Phénix, un quartier entouré de muraille et nommés funduq était réservé aux étrangers. En sortir était interdit sauf dérogation spéciale. Les elfes, en tant que race ancienne et grande voyageuse, étaient bien accueillis. L’esclavage était très répandu quelques siècles auparavant, mais l’était moins en cette première moitié du XXVIème siècle de l’ère impériale.

Le navire approcha du port. Y était réuni une impressionnante flotte de guerre. D’autres bateaux y étaient visibles, des elfiques, des impériaux, et d’autres encore plus exotiques que les autochtones. Les passagers aperçurent les murs entourant le funduq. Ils étaient gardés. Sortir de l’espace qui leur était réservé se ferait à leurs risques et périls. Les marins elfes précisèrent que l’alcool était interdit dans le pays, ce qui fit tirer la moue à Salrakaï.
A terre, l’équipe chercha l’Iln Ahimbra. Santhaëra se retourna vers le reste de l’équipage arabien de l’Abdallah et mima l’action de boire tout en leur disant Iln Ahimbra. Ils entendirent du reikspiel. Gurlizek se dirigea vers la source, trouva des marins impériaux et les accosta. Les autres le suivirent. Ils apprirent des Héritiers de Sigmar que la monnaie arabienne comprenait trois sortes de pièces. Les dinars en or valaient dix dirhams en argent qui valaient eux même dix rials de cuivre. Une couronne valait trois dinars. Le Tueur en échangea cinq et se fit un peu de petit monnaie avec le quinzième dinar. L’autre nain trouva un enfant prêt à les conduire à leur destination, moyennant rétribution, évidemment.

« C’est quoi tout ces bateaux de guerre ? demanda Salrakaï aux marins. Il y a une guerre qui se prépare ?
-Ah non, c’est juste la flotte de guerre du Sultan. Kaman Sala est le plus grand port de guerre de l’Arabie. »

Heinrich et Grandbec échangèrent quelques pièces et étaient prêts à partir. Le jeune guide et Gurlizek, bien que ne parlant pas la même langue, négociaient ferme. Le petit humain désignait la couronne d’or, le nain n’était pas disposé à débourser une pareille somme. Il finit par lui donnait un rial, en tant qu’avance. L’elfe du groupe demanda aux impériaux si les gens du cru avaient des superstitions concernant les utilisateurs de magie.

« Moins que dans l’Empire. Les lettrés sont respectés ici, et les magiciens ont de grandes connaissances. »

Le groupe suivit son guide. Le biographe prenait des notes sur le chemin, toute en regardant le décor et en réécrivant des signes de l’étrange alphabet arabien. Peu de femme marchaient dans la rue, mais elles étaient voyantes car vêtues de couleur vive, parfois sans laisser le moindre carré de peau à découvert, visage compris. Les rues étaient étroites, les habitations et échoppe étaient de couleur sable. Aucune représentation d’être vivant n’étaient sculptées ou peintes. A la place, la décoration était faite de motifs géométriques. Au bout de dix minutes de marchent ils arrivèrent devant une grande maison, juste à côté du mur d’enceinte du funduq. Une grande ouverture servait d’entrée, et donnait sur un couloir au bout duquel était visible un comptoir.

« Fais gaffe, dit Salrakaï à Heinrich. Des cultistes sont dans le coup, regarde si on est pas suivis. » Ils ne virent personne de suspect. « Garde l’œil ouvert ».

Le Tueur remarqua que l’elfe n’était plus avec eux.

Gurlizek rentra dans l’échoppe. Il s’avança et parla à l’homme derrière le comptoir. Il ressortit et donna la couronne à l’enfant, qui se carapata sans demander son reste. « C’est là ».

Ils rentrèrent ensemble. Le long du couloir, une salle sur la droite était utilisée pour fumer à plusieurs une sorte de grande pipe à eau. Chacun fumait à tour de rôle. La fumée était aspirée via un grand tuyau. Sur la gauche une pièce servait de décor à une dispute. Le reste du bâtiment semblait contenir tout un assortiment de marchandises diverses. Après tout, c’était une échoppe.

Le nain ainé demanda à Grandbec comment ils étaient censés s’identifier. Le halfling haussa les épaules en suggérant que faute de mieux, il fallait montrer les bracelets.

« Faudrait retrouver l’elfette. Je sais pas ce qu’elle a foutue mais elle est pas là » avertit le nain cadet.

Gurlizek entama la conversation avec l’homme derrière le comptoir, qui connaissait assez bien le reikspiel pour faire du commerce. Il voulait déjà refourguer des choses à peine les formules de politesse échangées.

« On nous a envoyés ici, coupa le nain.
-Qui donc ?
-Et on cherche un contact.
-Qui ça ? »

Face à tant de lenteur les équipiers montrèrent leurs bracelets. L’Arabien parut surpris et un rien décontenancé.

« Ah. Veuillez me suivre.
-Attends, interrompit Salrakaï, il en manque une.
-Très bien, je vais vous servir le thé en attendant. »

Il appela quelqu’un par une trappe derrière le comptoir. Une voix de femme lui répondit. Il annonça à ses invités que le thé serait servi dans cinq minutes. Le Tueur profita du temps mort pour faire des emplettes.

« Z’avez des pigments oranges ?
-Des pigments oranges ? J’ai bien cette poudre là, mais c’est un médicament. Que voulez-vous en faire ?
-J’veux le mettre dans mes cheveux, mais si c’est un médoc c’est pas bon. Je veux juste que ça colore. Et une boîte en métal qui prend pas l’eau, ça peut se trouver ?
-Ah ça j’ai. La voici. »

La boîte était de petite taille, parfaite pour l’usage voulu, et était gravée des signes géométriques qu’affectionnent les Arabiens. Ce n’était certes pas de la fabrication naine, mais elle était effectivement étanche.

« Ce sera vingt dirhams.
-Dix, marchanda le barbu, qui rendait honneur à sa race par sa répugnance à se séparer de son argent.
-Dix-huit.
-J’irai voir ailleurs.
-Je vous le fais à quinze.
-Vendu. »

Les autres firent aussi des achats.

Santhaëra arriva enfin.

« Vous auriez pu m’attendre ! C’est bien lui le contact ? demanda-t-elle à Grandbec.
-Bon, tu la montres la chevalière ? » dit Salrakaï, qui était présent lorsqu’Armand avait donné ses dernières directives.

L’elfe montra la bague. Le marchand fut belle et bien étonné cette fois-ci.

« Veuillez descendre s’il vous plait, dit-il en ouvrant la trappe par laquelle il avait appelé le service du thé. Je reviens tout de suite ». Il monta à l’étage.

La situation commençait à se tendre. Les aventuriers ne savaient toujours pas ce qui se passait. Le marchand avait bien reconnu les signes distinctifs, mais comme des cultistes du Chaos étaient impliqués dans l’affaire, ça ne garantissait pas qu’il était de leur côté. Le Tueur ouvrit grand les oreilles. Alentar descendit au sous-sol jeter un coup d’œil.

« C’est bien une cave, je ne vois rien de suspect. »

Ils descendirent. La pièce était éclairée, bien que ne possédant pas de fenêtre. Le marchand revint quelques instants plus tard, en compagnie d’un autre Arabien plus vieux que lui, qui était dans sa cinquantaine. Il semblait préoccupé, et se tourna de suite vers Santhaëra.

« Montrez-moi votre bague, Mademoiselle »

Il regarda la chevalière, puis les bracelets des autres. Il se retourna vers l’autre Arabien et lui mit une baffe magistrale, suivie de quelques noms d’oiseaux dans leur langue.

« Excusez mon fils, c’est un imbécile. »

Il se dépêcha de refermer la trappe, et continua.

« Hier mon fils a accueilli un autre groupe qu’il a pris pour vous, pendant que je n’étais pas là. Ils avaient des bracelets tout comme vous, mais il ne savait pas qu’il y avait aussi la chevalière. On les a envoyé vers Zandri, la capitale, pour la carte. Vous devez partir demain à l’aube. »

Grandbec expliqua que les autres membres du groupe étaient là pour le protéger.

« Excusez mon impolitesse, la précipitation m’a fait oublié la plus élémentaire politesse. Je me présente, Yasser Riham, et voici mon fils, Shafiq. La carte que vous devez aller chercher se trouve à Zandri, dans le palais d’un alchimiste, Mustafa Il’Lofti.
-Et pour l’hébergement jusqu’à demain ?
-Je vous hébergerai pour la nuit. Je vous fournirai aussi les montures pour le trajet. »

Salrakaï grommela. Les nains n’aimaient pas monter, ils avaient plus confiance en leurs pieds.

« Essayez d’être discret. Vêtez le nain pour le trajet et une fois là-bas. Il est très reconnaissable. De plus son accoutrement le fera passer pour un esclave.
-Pas question de me fringuer, j’ai pas peur d’eux, je me cache pas. »

Cela surprit le vieil humain, qui ne dit rien l’espace d’un instant.

« Comme vous voudrez. Je dois vous laisser, je dois aller en ville pour vous chercher les laisser-passers pour vous sortir du funduq. »

Sur quoi il prit congé.

Le Tueur et l’elfe questionnèrent Shafiq à propos d l’autre groupe.
« Ils étaient sept, dont deux petits.
Comment étaient les petits ? demanda le cours-sur-patte. Ils étaient barraques ? Ils avaient une barbe ? Ou une voix aïgue ?
- Ils étaient moins costauds que vous, maître nain, et je ne leur ai pas vu de barbe, bien qu’ils étaient encapuchonnés. Leurs voix avaient un timbre normal. Ils semblaient venir du Nord, comme vous. »

Le nain demanda ensuite le chemin vers le marché. Le marchand indiqua la route du Grand Marché, mais celui-ci était en dehors du funduq. Le fait qu’il se trouvait à côté du Colisée où se déroulaient des combats de gladiateurs éveilla un intérêt tout professionnel chez le barbu.

« Il nous faut rester discret ! rappela l’elfe. Et ne pas sortir du funduq !
-Si tu me trouves une boutique avec des pigments oranges comme les miens dedans j’en sortirai pas.
-Mais la mission dépend de notre discrétion !
-D’accord, d’accord. Shafiq ? »

Ce dernier donna plusieurs adresse, la plupart des magasins pour femmes qui utilisaient des teintures aux couleurs vives. Salrakaï se rendit à l’adresse la plus proche avec son fidèle biographe. Des tissus colorés montraient ce que vendaient l’échoppe. Le duo bigarré rentra. Quelques femmes en train de discuter se turent en voyant les nouveaux clients, qui ne faisaient pas réellement partie de la clientèle habituelle.

« Salom !
-B’jour.
-Ah. Pas parler la langue ?
-Nan.
-Quoi vous vouloir ?
-Des pigments comme la couleur de ma crête » dit le Tueur en désignant ses cheveux.

Ce que fit ensuite le marchand surprit le crêteux et l’Impérial. Le commerçant s’avança et commença à toucher et à scruter la coiffure du nain. Heinrich appréhendait que la situation dégénère, car un Tueur n’aimait pas qu’on touche à sa crête. Cependant le barbu était trop étonné pour réagir. De plus l’Arabien ne traîna pas. Son observation finie, il se dirigea vers une grande armoire dans son arrière boutique contenant un nombre impressionnant de tiroirs. Il en ouvrit quelques uns et finit par sortir cinq pots de pigments allant du jaune ocre à l’orange presque rouge. Le nain fit son choix, et après quelques marchandages en prit pour quatorze dirhams, qu’il rangea dans sa nouvelle boîte étanche.

Les deux compagnons sortirent du magasin, firent quelques pas et s’arrêtèrent nets. Le tatouage du Tueur venait juste de s’illuminait, et son biographe vit un carreau d’arbalète fiché dans le mur à côté d’eux.

Les choses intéressantes commencent, pensa Salrakaï en dégainant ses haches.

3 En route vers l'Arabie! partie 4 le Dim 26 Aoû 2012 - 9:44

Bonoarpha

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Je suis les dettes multiples de Salrakaï.

Salrakaï sentit un pouls et une respiration faible. Heinrich était encore de ce monde. Il s’accrochait avec une obstination digne d’un nain. Son employeur le mit en position fœtale et le couvrit d’un tissu préalablement essoré. Le marin présent avec eux avait quelques connaissances en soins des blessés. Il appliqua un baume sur la blessure cautérisée du jeune homme. Voyant que rien d’autre ne pouvait être fait pour l’instant, le nain s’attela à agrandir le radeau, mais son esprit étant préoccupé, il n’arriva à rien de concluant.

Santhaëra revint avec l’autre marin et un nouveau blessé au bras droit. Le Tueur, rongé par l’inquiétude, n’avait toujours pas remarqué la nature elfique de l’érudite. Il regarda aux alentours pour voir si de l’aide arrivait… et tomba à l’eau. En remontant sur le radeau il vérifia le contenu de son sac. Ses pansements et sa torche était détrempés, et ses pigments inutilisables. Il jura en khâzalid.
Le brouillard s’estompa, Mannslieb apparut dans le ciel nocturne. Une chaloupe s’approcha, avec à son bord Gurlizek, Alentar, Grandbec, et un marin rescapé.

« Alors les gars, on fait trempette ? » plaisanta le nain.

Il apparut vite qu’il n’y aurait pas assez de place pour tout le monde dans la chaloupe. Il y avait une personne de trop, mais le borgne blessé devait rester allongé , et donc prenait la place de deux. Les passagers surnuméraires devaient rester sur le radeau et être tractés.

« Combien de pintes pour monter ton blessé à bord ? » demanda en rigolant Gurlizek à Salrakaï en désignant Heinrich.

Salrakaï ne répondit qu’avec un regard noir. Il ne goûtait pas la plaisanterie. En cette heure sombre où son biographe avait besoin d’aide, il se sentit trahi par son compagnon barbu. D’un nain il avait peut-être l’apparence, mais certainement pas la fiabilité. Comment un tel individu a-t-il pu finir dans les petits papiers du Haut-Roi lui-même?

Il décida de rester sur le radeau avec le jeune homme. C’est à ce moment que Santhaëra surprit tout le monde et laissa sa place au blessé. Elle s’assit sur le radeau en compagnie du crêteux. Celui-ci demanda à Alentar :
« Fais gaffe au gamin »

Le Nippon brilla par son indifférence. Le Tueur vit qu’une fois de plus sa confiance avait été mal placée.

L’aube arriva. Les premiers rayons du soleil mirent littéralement en lumière les oreilles pointues de Santhaëra. Salrakaï ne s’en émut même pas. Après les deux trahisons qu’il venait de subir, voir qu’une elfe avait laissé sa place à son ami blessé ne l’étonnait même plus.

Gurlizek voulut faire parler Grandbec. Après un regard vers l’elfe qui lui fit un signe de tête (que s’étaient-ils passé entre eux?) le halfling commença à donner des explications.

Celui-ci travaillait pour une noble et récente famille marchande de Marienburg, dirigée par la fameuse Claire. Celle-ci se nommait en réalité Claire Animicci et était effectivement la mère du défunt Armand, ancien maître par alliance de l’halfeling … ainsi que de sept autres enfants. Il enchaîna sur le réel contenu de la mission. Celle-ci se résumait au départ des aventuriers de Marienburg pour l’Arabie. Arrivée dans ce pays lointain, l’équipe devait récupérer une carte en la volant. Cette carte indiquait l’emplacement d’un lieu, en plein désert arabe, où se trouverait un des objets ayant appartenu au fameux Aekold le Miraculeux, un champion de Tzeentch, dont la biographie avait été écrite par Chlodwig Vendeheim. Cette carte permettrait donc de traverser le désert sans se perdre et aurait appartenu à un célèbre savant arabe.

Durant l’explication, Santhaëra et Gurlizek accrochèrent la chaloupe et le radeau ensemble et montèrent un mat improvisé, de sorte que l’équipage n’avait plus besoin de ramer.

« Et pour les cent couronnes d’or ? On va se faire entourloupé là-dessus aussi ? demanda Gurlizek.
-Je pense que ma maîtresse tiendra parole. »

Ils furent interrompus par Alentar. Le Nippon désigna au loin un bateau au loin qui se dirigeait vers eux. Ce semblait être un navire elfe. Le Maître des Tunnels confirma quand il le reconnut.

« C’est le Phénix ! Je suis déjà monté à bord ! » Il fit de grands signes. Les marins lui répondirent. Le navire ralentit à leur approche.

« Héo ! Vous avez un problème ?
-Karakel est à bord ? demanda le nain.
-On va le chercher » répondit le marin elfe.

Le dénommé Karakel se montra sous peu. Lui aussi était un fils de Grungni, ce qui était d’autant plus surprenant que le reste de l’équipage ne semblait que de fils d’Asuryan.

« On se connaît ?
-Ouais ! On s’est pris une cuite à deux ! »

Le capitaine Moirhuk apparut à son tour.

« C’est à vous le navire qui a coulé ?
-Oui.
-Vous allez où ?
-En Arabie. »

Une échelle de corde fut lancée, et une civière descendue pour Heinrich. Les blessures du jeune homme furent examinées. Salrakaï resta à ses côtés. Gurlizek, indécrottable abruti, crût encore bon de faire de l’esprit.

« Haha l’autre ! Il a une dette envers les elfes maintenant ! »

Il eut pour toute réponse le silence du Tueur, qui avait d’autres chats à fouetter. Il demanda à Moirhuk de parler dans la cabine du capitaine, ce qui provoqua les moqueries des autres marins. Santhaëra alla parler à Karakel, qui bien que nain était le second du capitaine. Plus tard, elle expliqua aux autres ce que le barbu lui avait dit. Le capitaine Moirhuk a perdu le commandement de son propre navire suite à un pari perdu avec un humain d’une trentaine d’années. Celui-ci décidait à présent de la destination du Phénix.

Les aventuriers, hormis le Tueur qui ne quittait pas le chevet de son biographe, se rendirent à la cabine du capitaine qui était désormais occupé par l’homme mystérieux. Ils ne purent apparemment pas avoir d’entrevue, et revinrent peu après. Gurlizek y retourna seul, bien décidé à voir le maître du navire. Alentar s’éclipsa peu après.

Heinrich fut amené dans une salle de repos.

« S’il passe la nuit ça devrait aller » dit le médecin de bord à Salrakaï.

Celui-ci acquiesça en silence.

Gurlizek revint.

« C’était qui ? demanda Alentar.
-Mieux vaut pas pour vous que vous le sachiez. C’est une pointure, que vous voulez pas avoir contre vous. Il a de bons réseaux cependant. Il m’a dit qu’un groupe d’adorateurs du Chaos recherchaient aussi l’objet d’Aekold. Il vaut mieux donc aller en Arabie. »

Il raconta ensuite tout ce qu’il savait sur le champion de Tzeentch. [voir résumés des scénarios Le réveil et Le trésor du Phénix]

« L’heure est grave mes amis ! Le monde est en danger ! »

Malgré la perspective de combats à venir contre les sbires du Chaos, Salrakaï ne fut pas transporté de joie. Il lui fallait attendre de voir ce que le lendemain lui réservait pour pouvoir repenser à sa destinée.

4 En route vers l'Arabie! HS le Ven 24 Aoû 2012 - 2:06

Bonoarpha

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Je suis le biographe inanimé de Salrakaï.

Voyant l'incapacité de Santhaëra à soigner Heinrich, Salrakaï s'en remit à Shallya:

"Je jure devant les dieux que si le gamin survit à ses blessures je donnerai toute ma fortune au prochain Temple de Shallya que je verrai!"

La demoiselle, de son côté, voulut se mettre à la recherche de survivants alliés, d’éventuelles affaires parmi les débris flottants et d’une éventuelle chaloupe de secours qui aurait pu prendre la mer à temps. Mais d'abord les rescapés encore conscients assemblèrent comme ils purent divers débris flottants afin de former un radeau de fortune. Elle demanda ensuite aux marins qui étaient avec elle de ramer avec des planches flottantes vers un objectif qu’elle seule semblait connaître .

Ils parvinrent à se diriger à travers les divers débris, tout en évitant les bateaux de skavens grâce au brouillard qui les dissimulait. A un moment, ils trouvèrent Armand, à moitié allongé sur une planche, apparemment très mal en point. Il les aperçut et leur fit signe de le rejoindre. Ces gestes très imprécis indiquaient soit qu'il était très éreinté par les précédents combats, soit confirmaient son état grièvement blessé.

Tous rejoignirent Armand. En le hissant sur leur radeau de fortune, ils s’aperçurent qu'il avait une grave blessure à l'abdomen, laissant entrevoir ses intestins ensanglantés. L’un de ses bras faisait pression sur la blessure pour diminuer la perte de sang. Il les remercia de l'aider à se hisser, puis il dit à Santhaëra:

"Prenez la chevalière avec la pierre violette et portez là à votre main droite. Mon contact à Kamam Sala vous reconnaitra dans l'échoppe appelée "Iln Ahimbra". Vous devez emmener Grand bec là-bas avec le joyau. Je souhaiterais que vous l'accompagnez ensuite dans ses diverses tâches, il aura besoin de votre aide. Si vous décidez de porter cet anneau, vous devez lire les parchemins que porte Grand-Bec, ainsi vous en serez plus sur la mission. Certains de nos contact vous en diront plus à l'échoppe. Je vais bientôt mourir, alors je souhaiterai qu'une fois que la mission soit terminée, vous demandez à ma mère de libérer Grand-Bec de son serment. J'espère qu'il est encore vivant, car sans lui, vous échouerez..."

L’érudite lui prit sa chevalière violette.

« Je tiens à vous présenter mon profond regret pour ne pas avoir pu être là pour le protéger ou le sauver. Et je vous fais la promesse solennelle de retrouver Grand Bec. Cependant je ne peux pas me prononcer pour mes autres camarades … cependant, si on les retrouve, je puis vous assurer que je ferais tout pour les convaincre … si la mission qu’on nous confie est véritablement essentielle d’après les documents et informations que je pourrais me procurer à ce sujet !!! »

Santhaëra observa le dernier souffle d'Armand après avoir entendu ses paroles, un léger sourire d'apaisement sur son visage tandis que son corps glisse doucement dans la mer. Cependant Salrakaï n’avait pas l’intention de le laisser partir comme cela.

"T'as raison l'érudite! Fais pas des promesses pour les autres! Toi l'éventré, tu nous as caché des trucs et amené dans un foutu merdier! Et à cause de toi Heinrich est en train de crever! T'as de la chance de mourir bientôt, parce que sinon c'est moi qui t'aurais étripé! Maintenant coule, et bon débarras!"

C’est sur ces mots pleins de rancunes qu’Armand sombra. La demoiselle fut choqué par une telle violence de parole envers un mourant, mais n’émit aucun commentaire.
Elle demanda aux autres marins de se mettre à rechercher des rescapés dans une direction particulière, sans donner d’explication. Elle demanda pour cela au Tueur nain : « Voulez vous bien vous charger de les retrouver pendant que j’inspecte les lieux aux alentours !!??? Il y a quelque chose dans ce coin que j’aimerais pouvoir regarder de plus près !!! »

"Grmblgrmbl..." acquiesça le barbu. Mais avant, il vérifia l'état d'Heinrich. Il était trop préoccupé par l’état de son biographe pour s'apercevoir que Santhaëra est une elfe, bien que celle-ci avait enlevé sa capuche qui dissimulait ses oreilles pointues.

Il l’ausculta une fois de plus, en craignant le pire.

5 En route vers l'Arabie! partie 3 le Jeu 23 Aoû 2012 - 9:01

Bonoarpha

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Je suis le biographe embroché de Salrakaï.

“Heinrich! Tu t’occupes de Grandbec! cria Gurlizek. Le lâche pas! Rejoins-nous après en dessous!
-Vas-y gamin”, approuva Salrakaï avant de foncer vers le trou dans le pont.

Des membres de l’équipage combattaient le rat-ogre au premier pont inférieur. Santhaëra enflamma sa flèche et vint pour soutenir les deux nains. Les barbus n’attendaient aucune aide de quiconque, car ils sautèrent armes levées dans le trou. Le Tueur tomba derrière le monstre tandis que le Maître des Tunnels lui atterrit sur le dos et le décapita dans la foulée. Il fit le signe du chiffre un à son jeune compagnon qui grommela dans sa barbe.

Profitant d’un bref répit, ils firent l’état des lieux. Quelque chose avait créé un trou béant dans la prou du navire, le canon tribord pendait à moitié dans le vide, celui de bâbord avait était reculé. Les marins, se demandant à présent qui de la bête ou des nains étaient les plus effrayants, se préparèrent pour une nouvelle salve. Granbec, Heinrich et Armand rejoignirent les fils de Grungni. Gurlizek réorganisa un peu les troupes, tandis que Salrakaï alla inspecter la prou. Il ne fut pas déçu car un rat-ogre se hissa en faisant tomber le canon de bâbord.

Les deux crêteux firent une charge combinée. L’aîné feinta, le plus jeune frappa, para un coup de griffe, puis tous deux frappèrent. Le Tueur eut la satisfaction de déverser les entrailles du bestiaux sur le plancher, le tuant du même coup. L’autre nain repartit vers les autres.

“Tu peux rester ici?
-Ouep” confirma le courte-barbe.

La brume surnaturelle continuait à se rapprocher, de même que les petites embarcations. Gurlizek remonta au pont supérieur avec Granbec et Armand.

“Venez devant” demanda Salrakaï à ceux qui étaient restés. Seul son biographe alla le rejoindre, les marins restèrent en retrait. N’ayant rien d’autre à faire pour le moment, il préleva une canine au rat-ogre en guise de trophée. La moitié de l’équipage présent sur ce pont remonta. Et juste après des grappins commencèrent à être lancés par le trou dans la prou. Le court-sur-patte se précipita pour couper les cordes.

Heinrich! Y a des grappins!” cria t il à son compagnon.

Deux arabiens vinrent leur prêter main-forte, mais il y avait plus de grappins qu’ils ne pouvaient en couper. Une dizaine étaient déjà accrochés quand le premier skaven posa sa patte griffue sur le pont. Le Tueur s’avança vers lui, mais trébucha sur un grappin. Il parvint in extremis à retrouver son équilibre, mais il bascula par dessus bord quand un choc violent ébranla le bateau. Il réussit à s’accrocher à la corde d’un grappin. Sa position lui permit de voir ce qui se passait au deuxième pont inférieur. C’est là qu’il comprit l’origine du choc.

Un immense navire, sans doute le vaisseau-mère de la flottille de rafiots infestés de skavens, venait d’éperonner l’Abdallah par tribord. Trois canons dépassait de sa prou. Salrakaï remonta la corde aussi vite qu’il put. Il vit Heinrich en train de croiser le fer avec l’homme-rat. Cependant il ne fut pas sur le pont à temps. Et il fut impuissant quand son biographe fit le pas en avant de trop, qui l’embrocha sur la lame de son ennemi.
Heinrich!”

Le skaven retira son arme, laissant l’humain blême à terre porter ses mains à sa poitrine. Le Tueur se remit sur pied et chargea en hurlant. La vermine esquiva son coup en couinant de peur et de surprise. Le vaisseau ennemi continua sa course à travers le navire arabien, et quand il percuta les tonneaux de poudre ceux-ci explosèrent en une grande déflagration qui propulsa tout le monde dehors. Le nain parvint à se raccrocher une fois de plus à une corde et réussit à rattraper son compagnon désormais inconscient et à moitié brûlé avant qu’il ne tombe à l’eau. Trois marins de retinrent aux cordes, tandis que deux autres firent un plongeon bien malgré eux.

Le crêteux initia un mouvement de balancier. Après quelques balancements il gagna assez d’élan pour lancer Heinrich au deuxième pont inférieur. Il voulut le rejoindre, et toucha le bord du plancher du bout de ses pieds, mais c’est là que le navire ennemi finit de couper l’Abdallah en deux, avant de continuer comme si de rien n’était. Salrakaï refit un tour de balançoire. La moitié du bateau où lui et son infortuné biographe se trouvaient s’inclina vers l’intérieur, ce qui rendit facile son atterrissage.

Le bateau commençait à couler. Le nain estima à quelques minutes le temps qui lui rester avant le naufrage. Il stoppa le corps inanimé de son compagnon qui commençait à glisser vers l’eau. Il l’ausculta rapidement. Ce n’était pas bon, la blessure à la poitrine saignait abondamment devant et derrière, car la lame avait transpercé le torse. Le blessé était blanc comme un linge et ne semblait pas respirer. Le barbu ne put déterminer si Heinrich était déjà dans le royaume de Morr ou non. Il prit la cape de l’humain et la noua pour stopper l’hémorragie. Il ne pouvait pas réparer les dégâts intérieurs, il n’avait ni le savoir ni les instruments ni le temps pour le faire. Il vit que le sang passait à travers le tissu de la cape. Il prit un morceau de bois et l’alluma sur les restes d’un tonneau de poudre explosé. Après quelques instants il réussit à cautériser la plaie. Mais l’absence de réaction de son compagnon à la douleur de la brûlure lui noua les entrailles.

“Merde c’est moi qui doit mourir, pas lui!”

Il le porta sur une caisse à peu près intacte puis la poussa vers la prou. Il la mit à l’eau et l’éloigna de l’épave en battant des pieds. Il entendait des bruits de combat sur ce qui restait du pont. Il y serait bien aller mais il avait d’autres chats à fouetter. Le brouillard surnaturel l’empêchait d’y voir clair, mais il aperçut finalement Santhaëra et un marin qui flottaient sur des débris. Il les rejoignit, et se souvint que Gurlizek avait sous-entendu que la mystérieuse demoiselle avait des pouvoirs magiques.

“Toi, la magote, soigne-le.
-Heu... je suis désolée, mais je n’ai aucune connaissance en médecine!”

D’autres marins les rejoignirent. Les bruits de combat s’estompèrent dans la brume.

L’Abdallah sombra, tout comme les espoirs de Salrakaï.

6 En route vers l'Arabie! partie 2 le Mer 18 Juil 2012 - 15:18

Bonoarpha

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Je suis les aventures relatées de Salrakaï.

Alentar, Gurlizek et Santhaëra ne tardèrent pas à arriver. On leur fit à eux, Salrakaï et Heinrich la visite du bateau. Le navire avait deux mats. La cabine du capitaine Bachir était à la poupe, au niveau du pont. On pouvait monter au dessus de celle-ci via un escalier. Un autre permettait de descendre au premier pont inférieur, qui où les canons était arrimés, les tonneaux de poudre entreposés et les hamacs accrochés. C’est là que dormirait les aventuriers. Au deuxième pont étaient entreposées des poteries et des caisses contenant les provisions et d’autres marchandises. Le dernier pont avaient quelques centimètres d’eau croupie sur son plancher, en plus d’un véritable foutoir de caisse cassée ou non. L’intérêt principal de ce pont était les quatre tonneaux d’alcool.

Le ciel était étoilé et une brise légère gonfla les voiles qui emportèrent l’Abdallah loin de Marienbourg. Le voyage allait durer un mois. Le Tueur alla se coucher.

A son grand étonnement lui, nain qui n’avait jamais pris la mer, s’éveilla le lendemain frais comme un gardon, ce qui n’était pas le cas de Santhaëra et de Grandbec, dont le teint s’approchait de la couleur d’un gobelin crevé. Gurlizek ne lâchait pas le halfling d’une semelle. Au vu de la récompense offerte, il prenait très au sérieux la mission. Salrakaï le rejoignit avec Heinrich. Les deux crêteux racontèrent leur rencontre et leur première aventure à Mundrin, à la fois pour se remémorer de bons moments et pour permettre au biographe de prendre des notes. Ils continuèrent jusqu’au repas, pris entre les escorteurs et Grandbec. Le Tueur passa sous silence le Pintathlon perdu à Karaz-a-Karak, ce qu’évidemment son collègue rappela à grands éclats de rire. Au cours des repas suivants le jeune barbu relata son périple depuis qu’il avait prêté le Serment des Tueurs. Certains en connaissaient déjà une partie-pour l’avoir vécu également- mais tous apprirent quelque chose. Santhaëra restait à l’écart. Elle gardait sa capuche relevée et parlait peu, sans doute pour ne pas attirer l’attention des marins en mal de tendresse.

La première semaine de voyage se passa tranquillement. Salrakaï alla rendre visite à Bachir dans sa cabine.

« Salut, cap’taine. Quand on était à terre tu as parlé de démons, tu peux m’en dire plus ?
-Eh bien dans les déserts d’Arabie il y a des djins , des êtres magiques malveillants qui sont comparables à vos démons du Nord.
-Intéressant ! Et ça peut se buter avec du bon acier nain ?
-Je ne pense pas.
-Merde, j’ai pas envie de mourir sans avoir pu porter un coup ! Rien d’autre ?
-Je suis un marin, il faudrait demander au peuple du désert.
-D’accord. Et sur la mer ? Il y a des pirates ? Des monstres marins ?
-Mon navire est rapide. Autant que ceux des elfes, mais plus que la plupart des navires humains. J’ai une marchandise à protéger, je préfère éviter ce genre d’incident.
-Z’êtes bien le seul.
-J’ai des hommes avec plusieurs femmes et des enfants, ils se battront pour leur vie le cas échéant.
-Si ça tenait qu’à moi je serais le seul à combattre, mais on fait pas toujours ce qu’on veut.
-Vous portez haut l’honneur des nains.
-C’est une contradiction de dire qu’un Tueur porte haut l’honneur de sa race, mais merci.
-Bonne journée, maître nain. »

Rien de remarquable ne se passa jusqu’à la fin de la deuxième semaine de voyage. Une nuit, le Tueur fut réveillé par le passage à côté de lui de Santhaëra, Bachir et Grandbec. Il croisa le regard de la demoiselle. Rien ne semblait anormal, il se recoucha.

Et fut réveillé par le son d’une cloche et des cris qui venaient du pont.

« Debout gamin, dit-il à Heinrich. Il y a un truc qui se passe ! »
Gurlizek se leva en hurlant.
« Allez ! Bouge-toi ! »
L’autre nain vit la Hache de Sang luire. Il s’avait que ça signifiait que des ennemis approchaient.
« C’est quoi comme bestiaux ? »

L’aîné ne prit pas le temps de répondre et fonça vers le pont, Salrakaï sur ses talons.

« Qu’est ce que c’est ? Insista ce dernier.
-Je sais pas mais ça va être bon ! »

Arrivé sur le pont Armand vint vers les deux nains.

« Quel est cet ennemi ? Quoiqu’il arrive il faut protéger le joyau ! »
-Fais ce que tu veux, moi je vais au combat, répondit le Tueur d’un ton péremptoire.
-Très bien, vous n’aurez pas la récompense.
-Ce que je veux, c’est ma mort. »

Les marins prirent des arcs et des flèches. Par un malheureux coup du sort -ou à cause d’un sort bien foireux- le vent était tombé. Le bateau avait encore juste assez d’élan pour virer de bord et exposer son flanc tribord garni de canons à ce qui approchait. Un nuage plus sombre que la nuit avançait vers l’Abdallah, avec devant lui une vingtaine d’embarcations recouvertes de forme grouillantes. Santhaëra, fidèle à elle-même, avait gardé son capuchon relevé. Le bateau trembla dans un bruit de tonnerre. La première salve de canon venait de tirer. Tous les escorteurs à part Heinrich et Alentar tombèrent à terre sous la violence du choc. Des marins se mirent à tirer des flèches enflammées. Une autre volet salve de canon fut tirée. Les embarcations étaient exactement vingt trois. Les formes qui se massaient à leur bord avaient des yeux rouges. Salrakaï les maudit de ses insultes. Une autre salve de flèche et de canon. Le Nippon, qui était monté sur le petit mat de devant, hurla pour couvrir le vacarme.

« Ca ressemble à des skavens !
-Pfff… souffla le Tueur, déçu de la médiocrité de l’opposition.
-Au moins maintenant tu sais ce que c’est, remarqua Gurlizek. Il est passé où le mago ? »

Les canons firent mouche, ainsi que les flèches qui mirent le feu à quelques embarcations ennemies.

« Les rats-ogres sont pour moi ! » dit le jeune barbu qui ne voulait pas laisser la part du lion à son bourrinissime collègue.

A croire que quelqu’un avait entendu ses prières , car le petit mat se prit une énorme masse de plein fouet, se rompit et tomba à l’eau, le bridé avec. La masse tomba à travers le premier pont dans un hurlement bestiale. Gurlizek y alla de suite mais le Tueur mit plus de temps à réagir.

« Garde mes arrières » dit il à Heinrich. Celui-ci frappa son épée contre son bouclier pour se mettre en condition. Salrakaï s’avança à la suite du Maître des Tunnels.

Ca allait saigner.



Dernière édition par Bonoarpha le Jeu 23 Aoû 2012 - 9:01, édité 1 fois

7 En route vers l'Arabie! partie 1 le Mar 17 Juil 2012 - 15:21

Bonoarpha

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Je suis la crête trempée de Salrakaï .

Salrakaï et Heinrich arrivèrent à Marienbourg par bateau en début de soirée. Le nain ne perdit pas de temps et demanda son chemin à un docker à peine arrivé sur le quai.

« Hé c’est par où la taverne « Les Héros de la Mer » ?
-Pourquoi ? lui répondit nonchalamment l’homme. T’es un héros ?
-Sans doute plus que toi.
-Ah bon ? Et qu’est-ce-que t’as fait ?
-J’ai tué un troll en combat singulier.
-Et t’as une preuve ?
-Ma parole suffit.
-Je pourrais dire que j’ai tué un dragon.
-La différence entre toi et moi, c’est que je suis un nain, et qu’un nain ça ment pas.
-Ah, ça…
-Tu remets en cause ma parole ? »

Les nains prennent très au sérieux ce qui touche aux serments et à l’honneur. Aussi le Tueur prit comme une insulte à sa race l’air sceptique du docker. Une vengeance devait laver cet affront. Il tenta de frapper le grand homme barraqué en débardeur, mais le manqua. Celui-ci affichait un petit sourire amusé, ce qui énerva encore plus le barbu, qui le saisit par le col afin de ne pas le manquer cette fois-ci. Il visa la tête de son gros poing. Mais le manœuvre s’abaissa tranquillement en arrière pour esquiver, tout en repoussant Salrakaï de son pieds. Le crêteux tomba à l’eau.

Quand il remonta à la surface, l’homme, pas rancunier, lui tendit une main pour le remonter. Le nain, très rancunier, la saisit et la tira de toutes ses forces pour faire tomber le docker à l’eau. C’est sa tentative qui tomba à l’eau alors que l’humain le souleva d’un bras, exploit qui avait de quoi laisser coi, quand on en vient à considérer la masse soulevée. A peine sur ses pieds, le Tueur tenta de pousser par-dessus bord son bienfaiteur bien mal récompensé. Une esquive plus tard, l’homme roublard retenait du bras l’autre lascar en équilibre précaire au bord du quai de pierre.

« Bon tu veux y aller à cette taverne ? »

Il eut pour toute réponse un grognement suivi d’une tentative de coup de poing. Salrakaï n’était pas dans les meilleures conditions. Aussi échoua t il une fois de plus. Le docker, voyant que son aide n’était pas demandée, s’en alla après avoir laissé tomber au sens propre du terme son ingrat petit ami qui retourna à l’état liquide.

Le Tueur, la crête de travers, sortit la tête de tout en pestant. Quand il voulut remonter Heinrich voulut l’aider. Il le repoussa et se remit de lui-même sur pied. Il s’ébroua sans finesse.

« Viens gamin, on a une taverne à trouver. »

Ils s’avancèrent en silence vers l’intérieur de la ville. Le nain grincheux et détrempé interpella un bourgeois qui passait par là.

« La taverne « Les Héros de la Mer » .
-Eh bien… » commença l’humain d’un air hautain. Il soutint le regard noir du nain. « … c’est par là, avancez deux cent mètres le long du quai puis prenez sur la gauche. C’est une taverne pourrie, vous ne pouvez pas la rater. Elle ne sera pas du tout à votre goût… ou tout à fait.
-D’accord merci l’ami. »

Il était vrai que la taverne était loin d’être huppée. Les deux compagnons entrèrent. Le tavernier salua Salrakaï, qui répondit par un grommellement.

« M’sieur, si c’est pour chercher la bagarre c’est dehors ! »

Le Tueur fit fi de la remarque. Il se hissa sur un tabouret du comptoir du comptoir et commanda.

« Une bière !
-Deux, s’il vous plait, renchérit Heinrich. »

Alors qu’il remplissait les chopes, le barman regarda vers la porte.

« Monsieur, vous connaissez notre langue ?
-Oui, répondit une voix bridée. Une liqueur, s’il vous plait. »

Le nain ne réagit pas de suite car il était tellement renfrogné qu’il s’était coupé du monde.

« Salut l’ami ! dit Alentar en prenant son verre.
-Ah tiens t’es là toi.
-T’es venu pour la mission ?
-Ah oui merde la mission.
-T’es encore trempé, t’aimes bien nager apparemment .
-Alentar c’est pas le moment ! »

Ayant déjà eu à subir la colère de Salrakaï, aussi il ne le chercha pas davantage, et préféra engageait la conversation avec Heinrich qui lui confirma qu’ils étaient venus pour la mission.

« Et ça va mieux depuis l’incident des mines ? La dernière fois que je t’ai vu tu étais mal en point.
-Oui, grâce à mon héros. Le barbu encore trempé et humilié de son bain dans les bassin de Marienbourg le regarda en coin, l’air cynique.
-Et c’est qui ton héros ?
-Bin c’est toi.
-Tsss, une bière !
-Une bière pour mon ami nain ! tonna une voix au fond de la salle.
-Gurlizek ! Ca fait un bail ! »

Le crêteux orange rejoignit le crêteux rouge.

« Gurlizek je te présente Heinrich Heineken, mon biographe, et Alentar, qui vient de Nippon. Toi aussi tu es venu pour la mission ?
-Ouais ! Et toi qu’est ce que tu deviens ? Toujours pas trouvé une mort glorieuse ?
-Nan, pourtant c’est pas faute d’essayer. J’ai buté un troll des marais en duel et sans utiliser de feu.
-T’as buté un troll ?
-Ouep ! Et j’ai passé plusieurs autres ennemis des nains au fil de mes haches. Mais toujours pas trouvé ma destinée… Et toi ton elferie chez les oreilles pointues d’Athel Loren ?
-Mission accomplie ! Mais je vois que t’as des chaînes à tes haches. C’est pas bien de copier sur les collègues !
-Ah qu’est ce tu veux ! J’ai perdu plusieurs fois mes haches durant des combats, ça pouvait plus durer ! »

La conversation allait bon train, permettant aux personnes qui ne s’étaient jamais rencontré de faire connaissance, quand un homme arriva et s’avança vers eux. Il avait l’air assez âgé, il portait une cape et tenue de qualité mais trop courte pour son gabarit musclé. Sa voix n’était pas la plus belle qui soit mais il parlait un langage soutenu qui indiquait un rang noble, ou tout du moins qu’il avait reçu une éducation.

« Mademoiselle, dit il en s’adressant à une jeune femme grande et fine, encapuchonnée et portant un bâton travaillé, assises quelque tables plus loin et que Salrakaï n’avait pas remarqué, messieurs, êtes vous venus pour l’annonce ?
-Ouais, répondit Gurlizek. C’est bien payé ?
-Suivez-moi je vous prie. »

Le groupe formé le suivit. Ils sortirent de la taverne par une porte de derrière et marchèrent dans une ruelle sombre. La nuit tombait, ils s’enfoncèrent dans le cœur de la ville. Ils arrivèrent devant une grande maison aux fenêtres closes par des rideaux. Au vu des rires et des chants d’hommes et de femmes qu’on entendait à l’intérieur, il n’y avait pas que les fenêtres qui étaient closes. Les aventuriers en passe d’être recrutés pénétrèrent le bâtiment par l’arrière. Beaucoup de tapisseries et de lourds rideaux étaient accrochées au mur. Gurlizek s’impatientait. « C’est bientôt fini ? » Ils furent menés dans une grande pièce au deuxième étage, au bout d’un long couloir comportant un grand nombre de portes.

Un femme d’apparence riche portant une robe à corset était en train de dîner, pendant que d’autres personnes, dont les plus remarquable étaient un homme basané portant un turban et un halfling silencieux, étaient assises et attendaient. L’homme qui avait accompagné le groupe s’assit à côté de la dame.

« Bonsoir. Etes-vous venus pour l’annonce ?
-Nan, coupa Gurlizek, on est venus pour boire un coup ! »

La femme fit un signe et l’homme qui venait de s’assoir se releva pour aller chercher des verres.

« Bien, entrons dans le vif du sujet. Votre mission, si vous l’acceptez, sera d’escorter et de protéger Jean Benbivoult, alias Grandbec, notre dévoué halfling. Il transportera un joyau d’une grande valeur jusqu’en Arabie. Vous y serez transportés par bateau par Bachir ici présent, continua t elle en désignant l’homme enturbanné, capitaine de l’Abdallah. Mon fils Armand, qui vous verse des rafraichissements, vous accompagnera.
-C’est bien beau tout ça, réagit Gurlizek, mais vous êtes qui ? Et combien vous nous payez ? Et c’est quoi ce joyau ?
-Je m’appelle Claire, maître nain. Grandbec, le montre le joyau . »

Le halfling s’exécuta. Il sortit la pierre d’une bourse en velours. Elle ressemblait à un diamant, d’une taille stupéfiante. Un examen d’un lapidaire chevronné aurait cependant était nécessaire.

« La mission, une fois finie, vous fera gagner cent couronnes d’or. »
Cette annonce fit réfléchir le Maitre des Tunnels de Karaz-a-Karak.
« Il nous faut une avance sur salaire. Dix couronnes. Non, quinze!
-Entendu. Les frais éventuels seront pris en charge. Par contre vous devrez porter ces bracelets, dit-elle alors qu’un domestique ouvrait un coffret contenant plusieurs bracelet. Vous ne pourrez pas les enlevez. Ils seront la preuve que vous travaillez pour ma famille. Nous vous les retirerons à votre retour. »

Cette fois-ci ce furent les deux nains qui prirent un air méfiant. Salrakaï n’aimait pas qu’on lui impose quoi que ce soit, et il craignait une quelconque entourloupe magique placée dans ces breloques.

« Eh, Santhaëra l’ « Erudite », demanda Gurlizek à la demoiselle toujours encapuchonnée. Ils sont magiques ces trucs ? »

Il lui avait apparemment parlé avant l’arrivée du Tueur à la taverne, et avait des soupçons sur ses capacités magiques.

« Non, ils ne le sont pas »

Cela semblait calmer la méfiance du vétéran nain, aussi le jeune barbu décida que c’était sans risque. La pensée naine disait en effet que dans le doute, il fallait toujours s’en référer à l’avis d’un aîné. Salrakaï posa à son tour une question.

« Il y a quoi comme truc à buter en Arabie ?
-Des démons, répondit Bachir. »

Le regard de Salrakaï s’illumina, un sourire féroce se dessiner sur ses lèvres. Il regarda Heinrich. Il ne lui avait jamais, et ne le ferait jamais, promettre de le suivre où qu’il aille.

« Alors gamin, tu viens avec moi ?
-Oui. »

Le nain fit un signe de tête. Il n’en avait fallu pas plus.

Chacun mit son bracelet. Une hirondelle, un loup et un papillon était gravés sur chacun d’eux.

« Maintenant il vous faut me donner vos noms et profession, demanda Claire.
-Salrakaï Gotrekson, Tueur.
-Un Tueur, voilà qui est bien !
-Heinrich Heineken, milicien et biographe.
-Alentar, Nippon.
-Santhaëra, érudite. Gurlizek émit un reniflement moqueur, avant d’enchainer.
-Puisque vous ne voulez pas donner votre vrai nom, alors vous devrez m’appeler Magnar le Velu. »

Cela laissa Claire de marbre. Voyant que son refus de dire son nom n’avait pas provoqué de réaction, il continua.

« Et je vous préviens. Si vous nous entourloupez vous le regretterez » conclut il d’un air menaçant. En sa qualité d’émissaire du Haut-Roi des nains, il avait très probablement les moyens de mettre ses menaces à exécution.

Sa déclaration fut suivie par un silence anxieux. La maîtresse des lieux esquissa un sourire tout en portant son verre à ses lèvres.

« J’ai entendu votre avertissement, Magnar le Velu. Il se fait tard, vous devriez prendre congé pour faire vos préparatifs de voyage. Le départ aura lieu ce soir dans quelques heures à peine, pour profiter de la marée. »

Les escorteurs sortirent après avoir reçu leur avance, mis à part Santhaëra qui resta. Une fois dehors, Salrakaï conversa avec son congénère dans leur langue natale.

« Je sens que t’es méfiant, mais le gamin est avec moi, et le bridé bin ça va, même s’il est bizarre.
-Tant qu’il est pas dans nos pattes.
-En fait il est plus du genre à fuir. »

Gurlizek partit de son côté, il avait apparemment un message à envoyer. Le Tueur accompagna Heinrich à un relais de poste d’où celui-ci écrivit une lettre à sa famille, après quoi tout deux allèrent sur les quais, pour voir l’Abdallah. L’écrasante majorité des marins étaient basanés. Cette couleur de peau étaient un trait du peuple arabien. Bachir les aperçut et leur demanda d’être appelé par son titre, à savoir capitaine. Salrakaï regarda le bateau. Ainsi c’est lui qui le conduirait vers de nouveaux rivages… et de nouveaux dangers.

En route vers l’Arabie !

8 Enrôlement d'un biographe le Dim 17 Juin 2012 - 19:55

Bonoarpha

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Je suis le biographe borgne de Salrakaï.

A peine arrivé à Nuln, Salrakaï se rendit au temple de Shallya. L’accès lui fut d’abord refusé, car son allure féroce inquiétait les religieuses. Néanmoins, grâce à la jeune prêtresse Esmeralda Ildegueu qu’il avait rencontré lors de son précédent séjour dans la ville, il réussit à avoir des nouvelles d'Heinrich Heineken. Il était reparti auprès des siens il y a de ça à peu près trois mois. Malgré les efforts des shalléennes son œil gauche n'avait pas pu être sauvé. Mais grâce à la Déesse Miséricordieuse ses jours n’était plus en danger. Le Tueur prit alors la direction de Dotternbach.

Plusieurs mois après le nettoyage des mines, le nain état toujours accueilli en véritable héros. "Mais si je le reconnais! Il me semble que c'est lui qui a affronté seul une vingtaine de Gobelins fanatiques !!!" dit une jeune femme du village.

Il retrouva sans difficulté Heinrich qui portait à présent un cache œil et lui proposa d’aller boire un verre au Mineur Noirci. Le jeune homme accepta à une condition.

« C’est moi te paye ton verre, je te le dois bien »

Voir que le garçon s’était affirmé plaisait à Salrakaï, qui accepta l’offre. Il demanda comment s’était passé la convalescence.

« C’était très long. J’ai cru que j’allais y passer »

Il montra son orbite vide.

« Après en avoir discuté avec les shalléennes j’ai décidé de me faire retirer ce qui restait de mon œil. Elles ne pouvaient pas le rendre de nouveau opérationnel de toute façon, et il y avait un risque d’infection et de gangrène. Mais j’ai encore ma paupière »

Depuis son rétablissement, il s’était engagé dans la milice de la ville aux côtés du chef Varl Beyer et Fardak Larson, qui lui avait appris à combattre. Il avait fait le serment de défendre son village et de combattre le mal. Il avaient combattu des mutants dans les forêts et les gobelins qui restaient.

« A priori les parages sont plutôt calmes maintenant, depuis que les troupes venues de Nuln ont démantelé les mutants qui étaient réfugiés à l'extrémité des mines. D'après les traces retrouvées, c'est eux qui avaient volé des vivres dans l'auberge... Néanmoins, des rumeurs font toujours état de récents rassemblements de mutants dans les forêts alentours... Par contre rien n'a filtré sur les étranges statues retrouvées... Il semble que l'affaire ait été étouffée... Quant aux Gobelins, quelques-uns ont bien été aperçus et tués mais a priori nous voilà de nouveau tranquille. »

Ce fut au tour du Tueur de raconter ses aventures. Il parla de son voyage à Schonfeld, et notamment son duel contre le troll. Il passa sous silence ce qui concernait le Glublug. Il ne savait toujours pas quoi penser de la créature, aussi ne voulut-il pas troubler l’esprit d’Heinrich. Ce dernier l’écoutait avec attention, buvant chacune de ses paroles, l’œil brillant d’admiration. Il posa quelques questions, sur les crabes et le phare notamment, car il n’avait jamais vu la mer.

Il raconta son histoire personnelle, car il n’avait pas été en état la première fois. Il était le fils d’un tanneur assez prospère pour lui permettre d’apprendre à lire et écrire. Il tenait aussi les comptes de son père.

« Et toi pourquoi es-tu devenu Tueur ? »

Le nain se figea.

« Ecoute moi gamin, c’est la première et la dernière fois que je te le dis. Ne demande JAMAIS à un Tueur ce qui l’a poussé à choisir sa voie.»

Le tenancier paya aussi sa tournée en l’honneur du héros, ce qui permit de faire passer les quelques instants de malaise.

« Est-ce que tu connais Gotrek Gurnisson et Félix Jaeger ? » reprit Salrakaï.

Il raconta les quelques histoires qu’il connaissait sur le duo légendaire, depuis les combats de Nuln contre les Skavens jusqu’à leur mystérieuse disparition après un combat contre des hommes-bêtes, en passant par le sauvetage des derniers survivants de Karak Dum dans les Désolations Nordiques et la bataille de Praag contre le Seigneur du Chaos de Tzeentch Arek Griffe de Démon.

« C’est ce que je veux, combattre les pires ennemis jusqu’à ce que mort s’en suive et qu’il y ait quelqu’un qui me suive pour raconter mon histoire. »

Il se tut quelques secondes et croisa le regard d’Heinrich.

« Veux-tu venir avec moi et raconter ma saga ? Je ne te demande pas de serment. Tu viens si tu le veux et je t’empêcherai pas de repartir. En plus ça contredit pas ton serment de combattre les Forces du Mal. Par contre ça sera pas sans danger.
-Eh bien, je suis honoré que tu me le demande, et je serais heureux de voyager avec toi. Mais je dois d’abord en parler avec ma famille.
-Pas de problème. Je vais aller faire un tout pendant que tu leurs parle. »

Le Tueur quitta le milicien et partit voir Fardack et Varl Beyer. Il n’apprit pas grand-chose de plus que ce que lui avait dit le jeune homme. Le vieux mineur lui montra le repère où se terraient les mutants.

Quand il revint à la maison familiale d’Heinrich, celui-ci était près à partir. La décision n’avait pas était simple. Le nain vit le frère aîné Markus lui lançait un regard noir, le tenant pour responsable de cette folie. Le père avait les larmes aux yeux, mais il acquiesça. La mère n’était pas présente lors des adieux, mais le crêteux apprit plus tard qu’elle était restée à l’intérieur, pleurant toutes les larmes de son corps.

Le Tueur et son biographe fraîchement engagé partirent pour Nuln, première étape de leur voyage. Ils allèrent à la taverne du Gobelin Carbo. Plusieurs nains et quelques humains consommaient tranquillement. Krakdum Barbe d’or salua les nouveau arrivants. Il remit au nain l’armure de cuir clouté, l’épée et le bouclier qu’il avait gardé, qu’il la donna à Heinrich.

« Ah ! Salrakaï ? quelqu’un t’a mentionné et a dit que tes haches serait les bienvenues.
-Oh ? C’est quoi ?
-Une annonce pour un travail. "Recherchons jeunes aventuriers avides d'aventure et de richesse pour une mission d'escorte en terre lointaine. Si vous êtes intéressez rendez-vous à la taverne "Les héros de l'Amer" à Marienbourg le 1er Erntezeit. renseignez-vous auprès du tavernier, il saura vous guider" »

Le tout nouveau biographe, qui avait l’air si sûr de lui dans son village, fut intimidé. Il voyait que son compagnon était connu dans le milieu des aventuriers. Il avait côtoyé des nains, mais pas autant qu’il en voyait dans la taverne. Ajouté à l’annonce en elle-même, tout ça faisait beaucoup de nouveauté pour lui, il mettait les pieds dans un monde qu’il ne connaissait pas.

« A Marienbourg le premier Erntezeit. On a un mois d’ici là. En comptant deux semaines de voyage d’ici au bout du Reik ça nous laisse deux autres semaines à tuer. Krakdum tu sais où je peux trouver un maître d’arme ? J’aimerais apprendre à désarmer mes ennemis, ça peut être utile si je dois les prendre vivants. Et puis ça fera pas de mal à Heinrich non plus.
-Y a Lupold Hoch qui donne des leçons. Si t’en veux pour deux semaines tu en auras pour trois ou quatre couronne.
-Très bien. Allez gamin, on a un entraînement qui nous attend ! »

9 Nain Tueur et Troll Occis le Mer 30 Mai 2012 - 23:49

Bonoarpha

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Je suis la destinée manquée de Salrakaï.

Une fois Alentar et Zorckal repartis, Salrakaï se mit à la recherche d’un temple de Shallya. Il avait besoin que ses blessures soient soignées pour pouvoir mener son projet dans de bonnes conditions. Il demanda son chemin. On lui expliqua la route. Le temple de la Déesse de la Miséricorde se trouvait derrière de celui de Sigmar, près d’un hôtel privé. La prêtresse faisait une permanence de dix heures du matin à midi. Elle consacrait le reste de la journée à faire la tournée des malades et des nécessiteux en tout genre. Le Tueur était arrivé trop tard, il se reposa donc le reste de la journée à l’auberge et décida d’y aller le lendemain.

Il arriva à dix heures pétantes au temple, qui n’était en fait qu’une humble bâtisse en pierre de quelques mètres de côté, avec des meurtrières en guise de fenêtre. A l’intérieur, en hauteur dans l’un des coin, une petite statue de la déesse posait son regard compatissants sur le nouveau venu. Nouveau venu qui portait encore les séquelles de son récent combat.

« Bonjour, dit la prêtresse. Il s’agissait d’un femme d’une trentaine d’année au physique banal, aux cheveux long châtains passablement hirsutes et gras.
-Bonjour, je viens pour faire soigner mes blessures. » A savoir un hématome géant au ventre causé par le coup de point d’un troll furieux, plusieurs écorchures gagnées face à des skavens et un Rat-Ogre, et une brûlure due à l’éclair lancé par un Prophète Gris.

Le blessé se fit ausculter. La prêtresse lui dit qu’elle passerait dans l’après-midi à l’auberge des « Amis Ki s’Lèvent Vite». Avant de partir le nain déposa une couronne d’or dans la coupelle destinée aux dons, sous les yeux éberlués de la shalléenne, qui voyait rarement de telle somme dans une si petite officine. La femme le remercia du fond du cœur pour sa générosité.

Salrakaï ne perdit pas son temps. En attendant l’heure du rendez-vous il alla faire un tour au marché. Il reconstitua son stock de pigment orange qui avait coloré l’eau du marais en mélangeant des pigment jaune et du pourpre, qu’il remis dans son pot. Par précaution il fit l’acquisition d’un sac imperméable. Il racheta aussi des rations de voyages, les siennes ayant pris l’eau. Il demanda au marchant de pigment s’il y avait un alchimiste dans les parages, car il allait sans doute prochainement faire acquisition de quelque chose qui pourrait intéresser ce genre de profession. Le vendeur lui répondit qu’il n’en savait rien mais qu’il était toujours prêt à jouer les intermédiaires le cas échéant et qu’il serait le lendemain à Birkeweise si jamais le Tueur voulait le revoir.

Arriva l’heure du rendez-vous. La prêtresse vint avec son attirail. Elle demanda à son patient de se coucher sur le lit de sa chambre. Elle remplit ensuite une bassine d’eau, nettoya les plaies, passa des onguents sur les endroits meurtris et banda le tout. Une fois les soins finis, le nain requinqué demanda où il pouvait trouvait un apothicaire. Il lui manquait encore une dernière chose avant de mettre son plan à exécution.

« Prenez tout droit après le temple, c’est une rue avec des marchands. Vous y trouverez la boutique d’un halfling apothicaire. »

Il remercia la femme et partit de suite chez le Semi-Homme, qui l’accueillit chaleureusement, comme tout bon commerçant.

« Bien le bonjour, maître nain. Que puis-je faire pour vous ?
-B’jour. Z’auriez pas des trucs qui sentent bon ?
-Des trucs qui sentent bon ?
-Ouais, des potions, des parfums, des liquides quelconques, pourvu que ça sente bon.
-Très bien. C’est pour quelle usage ? Le petit bonhomme voyait bien, à la tête de son client, qu’il n’avait pas affaire à quelqu’un d’une grande coquetterie. Un nain torse nu avec des braies crasseuses, des bottes usées et une crête qui tenait debout avec de la graisse animale ne devait pas porter beaucoup d’attention à l’odeur qu’il dégageait.
-Pour mettre sur un foulard. Faut que l’odeur tienne.
-Très bien, je reviens de suite. »

Le halfling revint avec dix flacons contenant chacun une essence de fleur différent. Son client ne fit pas le nez fin et prit la moins chère, à savoir l’essence de pissenlit. Il devait y en avoir assez pour tenir environ six heures sur un linge propre. Il paya et repartit.

Salrakaï passa le reste de la journée à penser au lendemain.
Il se leva à l’aube, prit son peut-être dernier petit déjeuner et partit en direction du marais. Quand il arriva sur place le marécage était recouvert d’un brouillard puant. Il y pénétra sans hésiter.

Il rechercha en vain la chaumière de la jeune fille qu’il avait rencontré quelques jours auparavant, et erra sans but pendant deux ou trois heures. La mesure du temps était rendue difficile car le manteau de nuage masquait la course du soleil. Il croisa quelques animaux, quelques gros amphibiens, mais pas ce qu’il était venu cherché. Frustré, il se décida à attirer sa destinée à lui, au sens propre. Pour ce faire, il se mit à beugler.

« Putain de merde ! Ramenez-vous bande de gros tas puants ! »
Il continua les invectives du même calibre tout en continuant son exploration. Au bout de deux heures de mugissements aussi intensifs qu’infructueux il commençait à avoir la voix éraillée. La végétation était plus dense, et le ciel toujours gris. Il se tourna et marcha vers ce qu’il pensait être le nord-ouest, toujours en gueulant.

Sa gorge commençait à le brûler, quand il entendit enfin un grognement prometteur à une centaine de mètre de lui. La végétation se fit piétiner sur sa gauche par une imposante masse. Le Tueur se positionna sur une zone un peu boueuse mais émergée, pour ne pas avoir ses mouvements entravés par de l’eau jusqu’à la taille. Il sortit la fiole d’essence de pissenlit, en versa un quart sur une bandelette qu’il gardait depuis les mines de Mundrin et qu’il enroula autour de son nez. Il dégaina avec une certaine solennité. L’heure était grave, la légèreté n’était plus de mise. Il fit face au vacarme qui s’approchait de lui, à sa destinée qui approchait à toute jambe.

Un troll sortit des buissons, le tronc d’arbre de deux mètres de long qu’il avait à la main prêt à attendrir son prochain repas.

Le nain chargea. Le monstre aussi, qui leva son arme à deux mains au dessus de sa tête.

Cette vision pétrifiante instilla le doute dans l’esprit de Salrakaï, qui ralentit. Le tronc s’abattit sur lui. Trop abasourdi pour bondir de côté, il arrêta de ses deux haches le coup puissant avant qu’il n’écrase sa tête. Un guerrier moins robuste aurait cédé sous la force de l’impact, mais il tint bon. L’arbre était en partie en décomposition. Ainsi il fut découpé là où il heurta les lames d’acier, puis heurta le sol. Mais il en restait une longueur plus que suffisante pour venir à bout du nain. Le troll enchaina avec un coup horizontal qui envoya son adversaire au sol. Il tenta d’attraper les pieds de sa proie, mais la manqua quand elle roula de côté pour relever.

Le Tueur était un peu sonné, son flanc le lancinait, mais il se reprit bien vite. Le côté positif de ce premier échange était que l’essence de pissenlit fonctionnait comme prévu. Il n’était plus gêné par la puanteur et pouvait maintenant combattre au maximum de ses possibilités.

Le monstre hurla quand il vit son ennemi debout. En guise de réponse le barbu chargea et tailla dans sa jambe gauche, puis para si bien la riposte qu’une ouverture s’offrit à lui. Il manqua son attaque suivante mais profita quand même de l’occasion pour plaçait un coup rapide dans la jambe droite du troll, qui hurla de plus belle.

Poussant son avantage le court-sur-patte passant entre les jambes du troll et tenta de couper un tendon d’Achille dans la foulée. La manœuvre aurait fonctionné si le troll peu coopératif n’avait pas déjà commencé à se retourner. Salrakaï ne le laissa pas finir son mouvement sans coup férir. Il frappa la jambe droite une première fois, ce qui déséquilibra son adversaire, puis enchaina sur une autre attaque qui coupa le membre du monstre en dessous du genou.

Trop heureux de sa bonne fortune le Tueur ne vit pas venir le tronc d’arbre qui lui percuta la tête et le fit reculer. Cependant le coup manquait de puissance car son auteur n’était pas dans une bonne position et en plus venait de se faire amputé, ce qui n’améliorait pas son équilibre. Aussi le nain n’eut pas le crâne défoncé. Juste la tête en sang et l’impression d’être une cloche que l’on venait de sonner. Mais bon, il avait connu des gueules de bois pires que ça.

La blessure due à l’amputation était déjà refermée grâce à l’incroyable pouvoir de régénération du troll. Mais il avait perdu un pieds et ne tenait debout qu’avec de grandes difficultés, car il ne pouvait pas ne pas s’appuyer sur son moignon. Impitoyable, Salrakaï chargea. Il esquiva un coup avec un habile crochet et percuta de plein fouet le monstre, le faisant basculer sur le dos. Il profita de son élan et bondit sur le ventre de l’ennemi à terre en criant, ses deux haches au dessus de la tête, prêtes à s’abattre.

L’heure du troll n’était pas encore venue, car ses mouvements au sol empêchèrent le Tueur de se réceptionner correctement. Il tomba à droite de son adversaire, qui se retourna et essaya de l’attraper, mais qui échoua et exposa sa gorge à portée de hache. Le barbu ne se fit pas prier et frappa, entaillant le cou. Le monstre recula et se redressa, l’œil mauvais. Sa jambe commençait à repousser. Dans peu de temps il aurait retrouvé son pieds. A peine sur ses pieds, le nain attaqua la jambe gauche, bien décidé à amputer son ennemi à nouveau. Ce dernier ne se laissa pas faire, et riposta. Le tronc toucha le petit impertinent au bras gauche, qui sentit le choc dans tout son corps.

La situation était critique. Salrakaï était meurtri de partout, du sang coulait sur son visage, il devait se battre pour garder l’esprit clair. Mais il n’avait pas peur. C’était ça qu’il était revenu chercher dans le marais, un combat sans merci, un adversaire digne de lui, une destinée glorieuse. Cependant même s’il appelait la mort de tous ses vœux, il ne combattait que pour gagner. Et il était bien décidé à mettre fin au duel.

Il continua à s’acharner sur la jambe gauche. Le troll abattit son arme en direction de la tête du nain. Salrakaï oublia sa douleur et se concentra. Son monde devint calme et lent. Il n’y avait plus que lui, ses armes et son ennemi. Les haches du Tueur décrivirent un arc de cercle au dessus de sa crête. Le tronc d’arbre fut bloqué, mais la parade avait été faite avec tant de force que les lames mordirent le bois et coupèrent net la massue improvisée, ne laissant qu’un gros bâton d’une cinquantaine de centimètre. Le monstre stupide regarda le bout de bois, hébété. Salrakaï, dans la continuité tranquille de son mouvement, positionna ses deux bras à sa droite et avança son pieds gauche devant lui, se retrouvant juste devant le troll. A ce moment il sortit de sa bulle de sérénité, et laissa exploser toute sa brutalité. Il transféra son poids vers l’avant et se fendit. Puis, en hurlant comme le furieux qu’il était, il releva ses deux haches de toutes ses forces dans un mouvement ascendant et oblique qui trancha la jambe encore entière du monstre, mordit son bas-ventre et lui ouvrit tout l’abdomen. Les entrailles se déversèrent sur le sol, le troll poussa un râle d’agonie et s’écroula, mort.

Salrakaï resta quelques instants immobiles, haletant. Puis il réalisa ce qu’il venait de faire, et fut submergée par des émotions contradictoires. Il exultait car il avait occis un troll en duel. Peu de Tueurs avaient réussi pareil exploit. Un tel monstre n’avait pas réussi à venir à bout de lui. Il devait être destiné à une mort plus glorieuse encore. Cependant il était toujours en vie, il devait continuer à supporter la douleur de vivre. Et il lui faudrait plus qu’un troll pour en finir, ce qui ne serait pas facile à trouver et prendrait sans doute encore du temps. En conclusion, il donna un coup de pieds dépité au tout nouveau cadavre et se plaignit en grommelant de la piètre qualité des trolls.

Pour se changer les idées, il revint à des considérations plus terre à terre. Il explora les entrailles du monstre et trouva ce qu’il cherchait, à savoir l’estomac, et en parfait état. Il trancha les extrémités au niveau de l’œsophage et de l’intestin, en laissant une bonne longueur pour pouvoir faire un nœud de chaque côté, et se retrouva avec un sac d’une vingtaine de kilos, rempli de la substance la plus corrosive connue des alchimistes, les sucs digestifs de trolls.
Il estima que c’était le milieu de l’après midi. Il repartit dans la direction d’où venait le vent, espérant que ça le mènerait vers la mer, et donc vers le nord. Au bout de trois heures de marche il sortit enfin du marais. Il aperçut un village qu’il ne reconnut pas. Vingt minutes plus tard, quand il y a arriva, il apprit qu’il s’agissait de Lowitz, le bourg situé au sud de Birkeweise. Il suivit la route et atteignit Schonfeld. Cependant il poursuivit sur sa lancée et poussa jusqu’Erengrad. Il avait déjà visité Altdorf et Nuln, aussi ne fut-il pas impressionné devant la taille de la cité kislevite. Il entra dans la première taverne qu’il trouva.

« Bonjour maître nain, lui lança le tenancier. Que puis-je vous servir ?
-Vous avez la bière naine ? demanda le barbu.
-Ah, désolé, mais je n’en ai pas. Par contre j’ai une très bonne vodka, fabriquée à Pragg, vous m’en dirait des nouvelles !
-Ca vient de Pragg ? Et puis quoi encore ! J’ai pas envie de me choper une mutation ! »

Cette information lui passa l’envie d’étendre sa culture alcoolique. Il entra donc dans le vif du sujet demanda où il pourrait trouver un alchimiste. Il avait décidé de ne pas vendre l’estomac à un marchand pour limiter au maximum les intermédiaires et en tirer le meilleur prix. En venant à Erengrad, un port international de grande envergure, il était sûr d’en trouver un. Moyennant une petite commission payé au patron, un jeune garçon lui servit de guide et le mena à l’office d’un alchimiste.
L’échoppe était emplie de fumée à l’odeur bizarre, et ce malgré le courant d’air créé par une fenêtre ouverte. Un homme d’âge moyen vint se présenter.

« C’est pourquoi ?
-J’ai un estomac de troll à vendre, avec tout le liquide encore dedans. Ca vous intéresse ? »

L’alchimiste fut étonné. Il ne devait pas souvent voir de Tueur dans son laboratoire, encore moins un qui venait de lui-même vendre un organe des plus difficiles à obtenir.

« Ma foi oui. Quand l’avez-vous eu ?
-Y a pas plus frais. Je l’ai prélevé cet après-midi même sur un troll qui était encore vivant cinq minutes avant, expliqua Salrakaï avec un sourire féroce.
-Oh, je vois, dit-il en s’approcha.
-Tu le touche, je t’éclate ! grogna le nain en serrant son butin dans ses bras tel son propre enfant.
-Excusez-moi maître nain, dit l’érudit en reculant soudainement, mais avant de pouvoir fixer un prix je dois vérifier la qualité du produit. J’espère que vous comprenez.
-Hum… D’accord, mais je te regarde faire ! Et pas d’entourloupe !
-Comme vous voudrez»

Le professionnel prit la panse, se mit sur une paillasse, et sous le regard attentif du crêteux dénoua une extrémité et préleva un échantillon à l’aide d’une pipette en verre. Après quelques tests, que le Tueur observa d’un œil perplexe, et une pesée il parut satisfait.

« Combien en voulez-vous ?
-Dix couronnes d’or.
-Vendu ! »

Salrakaï grommela intérieurement. Il n’y connaissait rien aux prix des ingrédients d’alchimie et avait proposé cette somme un peu au hasard. Il aurait pu en obtenir plus au vu de l’empressement du scientifique à conclure l’affaire.

Une fois payé il repartit à Schonfeld. Il se faisait tard, aussi alla-t-il directement à l’auberge. Après avoir nettoyer le sang de son visage il prit son repas et une chope de bière bien méritée et alla se coucher.

Le lendemain il se rendit au temple de Shallya. La prêtresse y tenait sa permanence quotidienne. Elle ne fut pas surprise outre-mesure de l’état dans lequel il était revenu. Elle avait très vite compris qu’il ne menait pas une vie paisible et tranquille. Elle le soigna de suite.

En partant il laissa de nouveau une couronne d’or dans la coupelle.

« Vous êtes vraiment très généreux, messire nain. Je suis surpris qu’un membre de votre illustre race se sépare si facilement de son or. Le Tueur s’arrêta sur le pas de la porte.
-J’ai une faveur à demander à Shallya, dit-il sans se retourner. Ce que je donne c’est pas grand-chose comparé à la dette que je contracte avec elle.
-Vous êtes un habitué des services de notre culte, n’est-ce-pas ?
-C’est pas de moi qu’il s’agit, répondit-il en pensant à un jeune borgne quelque part à Nuln.
-Très bien. Je prierai pour vous. »

Il la remercia d’un signe de tête et s’en alla.

Salrakaï quitta Schonfeld et prit la route de Nuln, où l’attendait Heinrich, et une nouvelle étape dans son voyage vers sa destinée.

10 Le Glublug, partie 6 le Mar 22 Mai 2012 - 0:02

Bonoarpha

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Je suis le ventre meurtri de Salrakaï.

Il était fort, il était gros ! Il puait bon le fond de ruisseau ! Un troll, un vrai ! Qui se dirigeait vers Salrakaï qui plus est. Alentar sauta de l’épaule du monstre et atterrit sur l’îlot où était la fille. Zorckal de son côté alluma sa torche. La bête arriva sur la rive. Le jeune Tueur se recula un peu afin de laisser la place à son aîné, qui semblait étrangement ailleurs.

« Qu’est c’tu fous Grank ? beugla Salrakaï, alors que le bestiau puant avait décidé de s’en prendre au plus vieux des deux nains.
-Bin y a Alentar qui vient de tomber à l’eau, dit-il en regardant distraitement le Nippon tenter se remonter sur un rocher.

Le Semi-Ogre s’était rapproché , torche allumée. Le troll attaqua le crêteux distrait. Il l’attrapa par le bras droit. Celui-ci tenta une riposte mais échoua.

« Balancez-lui de l’huile ! cria Zorckal au nain encore libre.
-Non ! Je bouge pas ! C’est son combat ! Sa destinée ! »

Voyant qu’il devrait agir seul dans l’immédiat, le colosse pyromane contourna le colosse puant par derrière, mettant ainsi les pieds dans l’eau.

La tête deGrank approchait dangereusement de la gueule du troll.

« Mais qu’est ce que t’attends pour m’aider ? » hurla-t-il à son jeune collègue. Celui-ci , voyant la lâcheté de son aîné, comprit qu’il n’était pas digne de s’en prendre à un ennemi aussi puissant. Il chargea en criant :
« Pute borgne ! T’es qu’une lavette ! »

Arrivé au contact, il se rendit compte de l’incroyable puanteur du monstre, qui lui piquait le nez et les yeux, l’empêchant de combattre avec tous ses moyens. Sa taille ne lui permit d’atteindre que les jambes et l’aine. Ses coups portèrent, mais la bête ne sembla pas s’en soucier, trop concernée par son repas imminent. Repas qui réussit à dégager son bras et à bloquer la gueule béante qui s’apprêtait à le décapiter.

« Mais coupe le bras abruti ! » beugla-t-il.
Salrakaï grogna, peu content de recevoir des ordres d’un pleutre. Il ne les suivit pas, déjà parce qu’il n’en avait aucune envie, et ensuite parce que les bras de l’ennemi était hors de portée de sa petite taille. Alentar s’était approché sautant de rocher en rocher, pendant que Zorckal avait versé de l’huile sur le dos du troll et y avait mis le feu puis s’était écarté. La bête stupide ne s’en était pas rendu compte. Le Tueur qui avait peur de la mort réussit à se dégager de l’étreinte mortelle de son agresseur et tomba au sol. Le monstre enfin libre, le jeune nain put enfin passer aux choses sérieuses.

« Dégagez ! Il est à moi ! »

Marquant son annonce, il frappa de toutes ses forces dans la jambe de son énorme vis-à-vis et réussit à la trancher. Le tout nouvel unijambiste hurla et porta enfin son attention vers le petit impertinent. Déséquilibré, il commença à tomber vers lui et en profita pour frapper. Son énorme poing fondit sur le nain, qui tenta une esquive. Malheureusement il avait mal anticipé le coup et se mut dans la mauvaise direction, se prenant l’attaque de plein fouet, dans le ventre. Il vola et atterrit presque dix mètres plus loin. Le troll, enfin à terre, rampa furieusement vers Salrakaï. Le Semi-Ogre le rattrapa avec ses longues foulées et tenta de le décapiter de sa hallebarde. La lourde lame mordit le cou mais ne le trancha pas. Le monstre tenta de repousser sans succès son assaillant. Le Tueur eut le temps de se relever et chargea afin d’achever son ennemi. Hélas, à son plus grand déplaisir, Zorckal porta un nouveau coup dans le cou qui du coup fut tranché sans à-coups. La bête décapitée emporta dans la tombe la destinée du crêteux dépité. Ce dernier poursuivit sa charge et la dirigea vers son grand compagnon qu’il voulut remercier d’un coup de poing, qui fût esquivé.

« Putain qu’est-c’tu fous ? protesta le colosse. Mais t’es vivant !
-Oui ! Et lui il est mort ! dit le jeune nain en désignant la carcasse puante. Il aperçut du coin de l’œil Alentar tomber dans l’eau alors qu’il essayait de rejoindre la petite fille sur l’îlot (« Oh merde encore ! » dit le Nippon). Bordel j’avais dit qu’il était à moi merde ! Pourquoi t’es intervenu ?
-Il est à toi .... Je croyais que t'étais mort moi !!! Puisque j't'ai vu volé, après un coup pareil je pensais que tu ne te relèverais pas !!!
-C’est pas avec cette pichenette qu'il allait me tuer! Tu m'as volé ma destinée! »

La dispute continua quelques instants et fut interrompue par le bridé, qui les héla depuis son îlot.

« Il y a d’autres trolls qui se baladent dans le marais !
-Quoi ?! s’interrompit de suite Salrakaï. Ils sont où ?
-Venez me rejoindre ! »

Le Tueur ne se fit pas prier. Il bondit sur le premier rocher, mais tomba à l’eau. Il grommela et atteignit tant bien que mal la petite butte de terre. Zorckal quant à lui alla rejoindre Grank. Le nain était au bord de l’eau et y plongeait son bras. De la vapeur s’élevait au contact de son membre dont le grand gant était enlevé, ce qui dévoilait sa nature mécanique . Il était en effet constitué de métal, de rouage, de vis et de verrou. Cependant Salrakaï n’en avait cure. Qui porterait la moindre parcelle d’attention à un Tueur qui avait peur de la mort ?

Il sortit de l’eau et demanda derechef à la jeune fille « Où sont les trolls ? ». Il n’eut qu’un haussement d’épaule en guise de réponse.
« N’ai pas peur du petit truc, il est impressionnant mais en fait il est gentil, rassura le Nippon.
-C’est qui qu’t’appelles petit truc, foie jaune ? grogna le crêteux en décochant un coup de poing, qui rata sa cible.
-Tu as vu d’autres gens dans le marais ? continua l’homme jaune.
La fille hocha la tête.
-Vivants ?
-Morts, tués par des trolls, d’autres bêtes ou parGlublug.
-Glublug ? releva le nain. Les skavens qu’on a buté hier parlaient d’un «glousssblougsss ».
-C’est quoi le Glublug petite ?
-Glublug c’est mon ami.
-C’est ton ami ? demanda Alentar.
-Oui, il est gentil avec moi, il me protège des trolls et des autres bêtes.
La perplexité et l’incompréhension se lurent sur le visage des deux compagnons.
-Et est-ce qu’il y a des skavens dans le marais ? Des gros rats qui marchent sur deux pattes, renchérit le nain.
-Oui il y en a. Ils sont méchants et mauvais, ils veulent prendre Glublug avec eux.
-Et est-ce qu’il y a des crabes ? Des trucs avec des pinces, continua Salrakaï.
-Oui, c’est des parties de Glublug. Ils viennent nombreux, ils se rassemblent et ils font Glublug.

Le Tueur commençait à comprendre. Il était très probable que la bête qu’il venait chasser était en fait ce Glublug. Mais il s’attendait à un monstre sanguinaire, pas une entité bienveillante qui faisait la nounou pour une gamine paumée dans un marais puant.

-Dis petite, tu veux bien nous montrer le Glublug ?
Elle marqua une pause, puis se décida.
-D’accord, mais vous promettez de défendre leGlublug contre le méchants skavens et de pas lui faire de mal !

Salrakaï réfléchit quelques instants. Un nain, même le plus déshonoré des Tueurs, ne faisait jamais un serment à la légère. Casser de l’homme-rat ne le gênait pas le moins du monde, mais il avait été engagé pour chasser le monstre. Cependant il rechignait à occire quelque chose de bon, et le protecteur de la jeune fille n’avait pas l’air d’avoir un mauvais fond. Il choisit ses termes avec soin.

-Je jure de tuer les skavens et de pas faire de mal au Glublug tant qu’il ne m’attaque pas. » Alentar prononça un serment du même acabit.

Satisfaite, la demoiselle repartit sur la berge en bondissant de rocher en rocher comme un cabri, suivie par le Nippon. Le nain tenta la même performance, mais tomba à l’eau. Trempé et grommelant, il finit la traversée à pieds avec de l’eau jusqu’au torse. Zorckal posa quelques questions a l’enfant perdue, qui les guida ensuite vers la chaumière, qui était belle et bien sa demeure.

« Dans deux heures on ira là où les skavens vont voir le Glublug .
-Dis petite, pourquoi tu vis pas au village, à Schonfeld ? demanda le Semi-Ogre
-Les villageois sont mauvais, ils veulent tuer Glublug ! »
Sur ces paroles péremptoires, la jeune hôtesse proposa des fruits à ses invites. Peu avant le départ, elle s’équipa de plusieurs dagues.
Grank décida de ne pas venir, son bras mécanique étant hors service.
« Espèce de couard, l’insulta Salrakaï.
-Je reviendrai plus tard m’occuper des autres trolls, tu peux te joindre à moi si tu veux, répondit le vieux nain, désireux de rattraper l’accès de faiblesse qu’il avait eu face au troll.
-Non, je viendrai pas avec toi, pourriture de lâche ! Va crever, bouffé par les rats ! »

L’honneur au fond des chaussettes, Grank s’en alla sans mot dire.
La gamine les mena à travers les marais jusqu’à une grande cuvette au centre de laquelle il y avait un cercle de cinq poteaux de pierre recouverts de mousse. Chaque poteau mesurait un mètre et deux d’entre eux avait sur leurs côtés un symbole gravé ressemblant à un Pi. Un cercle de cinq bosquets d’arbres entourait les poteaux, formant un hexagone avec un sommet vacant. Il y avait également quelques rochers. Cependant ce qui frappait le plus était la multitude de crabe qui se rassemblait petit a petit.

« Dans la nuit, les crabes viennent dans le centre des poteaux et Glublug apparait.
-D’où viennent les skavens ? questionna Alentar.
-De par là » répondit la jeune fille en designant le somment non boise de l’hexagone sylvestre.
C’était la fin de l’apres-midi, il y avait donc encore un peu de temps avant le « rendez-vous ».

« Zorckal, essaie de voir ce que tu peux faire pour le coup que j’ai reçu, demanda le Tueur. Je voudrais être au meilleur de ma forme pour recevoir nos « invités » de ce soir » conclut-il avec un sourire terrible.

Après que le colosse eut fini de jouer au docteur avec son collègue court-sur-patte, chacun se mit en position. Si les skavens arrivaient bien de la direction prévue, il y aurait donc un Tueur sanguinaire caché dans le premier bosquet sur leur gauche, un Nippon adepte de la mort silencieuse dans le premier bosquet sur leur droite, un Semi-Ogre affamé dans celui du fond, et une jeune fille apparemment sans défense dans le deuxième à droite.

La nuit tomba. Les crabes se regroupèrent au centre des poteaux, s’amoncellant en un tas informe d’où émergea une immense créature humanoïde de six mètres de haut constituée de crustacés géants accrochés les uns aux autres. Sa protégée s’approcha. Le golem de crabe la mit sur une épaule. Peu après cinq skavens arrivèrent de la direction attendue. Ils marchèrent vers le Glublug, s’arrêtèrent puis causèrent entre eux, pendant que le monstre composite émettait des bruits de pinces de crabes. Un des hommes-rats sortit d’un sac les têtes tranchées d’un homme et d’une femme qu’il jeta au monstre. Celui-ci les ramassa et les examina. La jeune fille s’agita et parla dans ce qui devait être le creux de l’oreille de sa baby-sitter. Puis elle adressa un regard dans les directions ou se trouvaient les trois aventuriers cachés. Il n’en fallut pas plus.

Salrakai chargea avec toute la non-discrétion dont il était capable. Il attira l’attention de la vermine, ce qui permit à Alentar de charger discrètement dans leur dos et d’éliminer un ennemi d’une unique attaque sournoise. Le nain arriva au contact. Son adversaire avait deux armes et s’en servit. Aucune ne toucha le barbu qui contre-attaqua d’un coup léger de chacune de ses haches avant d’achever son premier rat de la soirée d’un puissant revers de sa hache gauche. Le Nippon en avait trucidé un autre entre-temps, il en restait donc un chacun.
Le plat de résistance ne tarda pas à arriver. Trois autres skavens accompagnés d’un rat-ogre vociférant apparurent. Ne voulant pas laisser passer l’occasion d’affronter une telle bête, le Tueur de débarrassa rapidement de son vis-a-vis et chargea le monstre toutes haches dehors, l’interceptant alors qu’il se dirigeait vers Zorckal qui courait avec toute la puissance de ses longues quilles pour rejoindre la bataille. Ce fut une initiative heureuse, car un dernier protagoniste fit son apparition. Un Prophète Gris pointa en effet le bout de son museau et de ses cornes.

« Zorckal ! T’as des grandes jambes ! Va buter le mage ! » beugla Salrakaï.

Le Glublug brillait par son inactivité. Le nain para un coup de patte monstrueux tandis qu’un skaven maniant deux épées s’était positionné dans son dos. Celui-ci réussit à peine à lui entailler le cuir. Le Semi-Ogre, qui passait par là, tenta en pleine course de tuer le sournois homme-rat. Il se loupa mais continua son sprint vers le sorcier qui gesticulait et incantait dans une langue stridente. Le barbu contre-attaqua la bête, tandis qu’Alentar s’était occupé d’un ennemi et taillait maintenant le monstre dans son dos. Une énorme griffe entailla le cuir chevelu du crêteux, qui riposta. Un flamboiement vert illumina le champ de bataille quand le Prophète Gris invoqua un mur de flamme couleur malepierre pour le protéger du buffle qui le chargeait. Un deuxième skaven se mit sur le Tueur, qui n’était pas perturbé pour si peu. Son colossal opposant réussit à le frapper dans le bras droit, ce qui le déstabilisa et fit rater son contre. Zorckal sauta à travers le mur de flamme. Son pantalon prit feu, mais sa détermination était loin d’être éteinte, surtout maintenant qu’il était arrivé au contact. Salrakaï planta une hache dans le rat-ogre qui ne réussit pas à lui rendre la pareille. Le sorcier, malgré son duel avec le colosse, réussit à lancer un éclair vert sur le nain, qui avait déjà survécu à bien pire par le passé.

« C’est tout ce que t’as ? » mugit il à la vermine cornue.

Pour bien montrer la non-efficacité du sort, il acheva le rat-ogre d’un double coup de hache rageur. Le monstre s’écroula, révélant dans son dos les multiples blessures qui attestaient qu’Alentar n’avait pas été oisif. Le Nippon sauta sur le cadavre et attaqua une des deux vermines restantes. Le Tueur fit décrire un arc de cercle vers la gauche à son arme gauche pour tailler l’autre, qui esquiva, et riposta pour n’infliger qu’une éraflure. Salrakaï encaissa le coup et en profita pour passer sous la garde de son vis-à-vis et lui trancher le crâne. Le coup fut si violent qu’il en fut déséquilibré et tomba à terre, comme sa hache gauche. Ca n’avait plus d’importance désormais, car le combat était fini. Alentar et Zorckal avait occis leur adversaire.

Le Glublug, maintenant que tout était redevenu calme, se décida enfin à bouger. Le nain prit la tête du rat-ogre comme trophée. La jeune fille rayonnait. Elle remercia les trois aventuriers pour avoir tenu leur engagement.

« Hé petite, mène-nous là où on a laissé le troll. » demanda Salrakaï, l’esprit toujours pratique.

Elle s’exécuta avec enthousiasme, toujours perchée sur l’épaule de son grand ami. En chemin Zorckal lui demanda si le Glublug pouvait influencer les crabes et les faire prendre un chemin unique jusqu’au marais, afin de minimiser la gêne faite aux villages voisins. Elle promit de lui en parler mais ne garantit pas de succès. Il demanda ensuite à voir les têtes que les skavens avaient apporté. Le Glublug lui montra. Il d’agissait de deux paysans que l’équipe avait croisé à Birkeweise.

« Peut-on récupérer les têtes ? tenta le Semi-Ogre, qui malgré son imposante carrure était sans doute le plus diplomate du trio.
-Non ! répondit la fille, catégorique. C’est des gens qui voulaient faire du mal à Glublug ! Elle continua d’un air plus sombre. Les hommes-rats les ont utiliser pour convaincre Glublug de venir avec eux… » La discussion était close.

Le cadavre du troll était déjà infesté de vers, ce qui n’améliora pas son odeur d’origine. Le barbu ramassa la tête pourrissante. Il posa une question à la jeune guide.

« Ils sont où tes parents ?
-J’avais des parents », répondit-elle d’un ton neutre.

Pour passer l’envie aux autres de continuer une conversation, elle se posait là.
Elle les mena vers la chaumière, où se firent les adieux. Après quelques centaines de mètres sur le chemin du retour, Zorckal fit part d’une idée à ses compagnons. Il proposa de retourner dans la cuvette et d’essayer de détruire les poteaux. En soi ils ne se parjuraient pas, puisqu’ils ne faisaient pas directement de mal au Glublug. Salrakaï trouva le tour de passe-passe moral quelque peu foireux. De plus ça ne lui plaisait pas de nuire à l’ami de la gamine, même si la nature dudit ami était pour le moins douteuse. Il marcha dans la combine, mais avec un enthousiasme des plus modérés.

Revenue dans la cuvette, ils tentèrent de briser les poteaux, de les pousser et de les déterrer, mais ceux-ci bougèrent pas d’un iota. A peine le trio avait-il réussi à enlever un peu de mousse.

« J’avais vu dans la besace du sorcier skaven une fiole remplie d’un liquide vert fluo. J’essaierais bien de le verser sur les poteaux, proposa le Semi-Ogre.
-Pas une bonne idée, coupa le nain. Du vert fluo porté par un sorcier rat, il doit y avoir de la malepierre dans ta fiole. Si là le Glublug était plutôt sympa, balancer de la malepierre ici serait le meilleur moyen de le corrompre par le Chaos. Et là on risque de pas aimer la suite. »

Ils repartirent donc pour de bon vers Schonfeld. En chemin ils ramassèrent des carcasses de crabes, dix-huit au total, qu’ils décidèrent de se partager. Sans doute des dommages collatéraux causés par l’agglutinement de tant de crustacés pour former le Glublug. De retour au village au beau milieu de la nuit, ils retournèrent à l’auberge des « Amis Kis’Lèvent Vite » et profitèrent dans leur lit des dernières heures précédant l’aube.

Leur petit déjeuner fini, ils allèrent voir Alexander Molnar.
« Vous voilà déjà de retour messieurs ! Alors ? Avez-vous trouvé la bête ? »
Le trio s’était mis d’accord pour ne pas parler du Glublug. Salrakaï, n’aimant pas mentir, garda le silence pendant que ses compagnons relataient leurs péripéties en en omettant une partie. Ce qui faisait tout de même un beau tableau de chasse : une plante carnivore géante, une troll des marais, et une équipe skaven dont un sorcier. Pour les hommes-rats Zorckal et Alentar montrèrent les queues. Quant au nain il exhiba fièrement la tête troll. Molnar paraissait ennuyé de ne pas avoir ce qu’il voulait le plus, mais il remercia tout de même les nettoyeurs du ménage qu’ils avaient fait. La question du dédommagement fut cependant sujette à polémique.

« Cinquante couronnes d’or pour notre travail, commença le Semi-Ogre.
-Dix couronnes d’or, répondit le propriétaire terrien.
-Comment ça dix ? Après tout ce qu’on a fait ? Après avoir risqué nos vies ? Mais c’est du vol !
-Dix, répéta laconiquement Molnar, inébranlable.
-On est trois, reprit Salrakaï, vous pouvez bien arrondir à douze, ce sera plus simple pour partager.
-Je peux aussi arrondir à six, si c’est vraiment ce qui vous gêne. »

Cet argument eut raison de la ténacité des aventuriers.

« Aller, on prend les dix couronnes et on se casse ! Tiens ! Elle est à toi cette tête maintenant ! » lança le Tueur alors qu’il laissa tomber la tête nauséabonde du troll en décomposition aux pieds du notable.

Ils eurent droit à un traitement plus équitable de la part du capitaine Spenlihauer, qui les rétribua au tarif prévu pour les carcasses de crabes.
L’équipe repartit vers le phare pour prendre des nouvelles. Ils ne furent pas déçus. Enfin Salrakaï l’était évidement, car la garnison avait été attaquée durant la nuit par des skavens. Beaucoup de blessés se faisaient soignés. Beaucoup d’elfes étaient présents sur les lieux, plus que durant leur dernier séjour sur leur campement. Les compagnons rapportèrent au capitaine Jurg qu’ils avaient trucidé un sorcier skaven et sa suite dans le marais, sans compter les quelques hommes-rats de l’avant-veille. Le Tueur essaya en vain -ça devenait décidemment une habitude- de refourguer la tête du rat-ogre contre monnaie sonnante et trébuchante. Le capitaine, tout comme son collègue de Schonfeld quelques jours avant, fût au regret de lui dire qu’il n’y avait pas de récompense pour un tel trophée, mais qu’il le remerciait pour le service rendu. Dépité, le nain en fit quand même un don gracieux.

« Plantez-la sur une pique devant la muraille, ça fera flipper ces lâches s’ils ont l’idée de revenir.
-Je vous remercie, maître nain. L’arme psychologique est en effet efficace contre cette vermine. »

Le trio revint à Schonfeld, pour s’y restaurer et s’y reposer. Les trois aventuriers se séparèrent le lendemain matin. Alentar et Zorckal reprirent la route, mais leur compagnon décida de rester encore un peu.

Salrakaï n’en avait pas fini avec le marais.

11 Le Glublug, partie 5 le Mer 16 Mai 2012 - 0:37

Bonoarpha

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Je suis le crâne ouvert de Salrakaï.

Pour redescendre du toit de chaume sur lequel il était juché, Salrakaï décida de descendre en trombe en faisant une bombe dans l’eau en contrebas. Mais la turbidité de l’eau l’avait empêché de discerner un banc en pierre placé le long du mur. Il se cogna violement la tête dessus. Il se releva, sonné, l’arcade sourcilière et le cuir chevelu ouverts, la tête en sang. Sa performance provoqua l’hilarité générale. Zorckal, entre deux gloussements, descendit du chaume et rentra dans la chaumière.

« Viens je vais essayer de te soigner ».

Le blessé grommelant le suivit à l’intérieur. Il y avait dans l’habitation les meubles à moitié immergés qu’ils avaient vu du toit, plus une grosse planche qui formait un radeau de fortune. Dessus était étalé des vêtements. Ils appartenaient à un humanoïde de petite taille, moins charpenté qu’un nain cependant. « Qui pourrait vivre ici ? » se demanda le Semi-Ogre qui profita de l’occasion pour effectuer une fouille rapide et infructueuse. Il tenta de s’occuper de son compagnon, mais avec de l’eau jusqu’au torse pour le nain et jusqu’aux cuisses pour son grand pote… « On va le faire au sec, là ce ne sont pas de bonnes conditions ». Ils sortirent et montèrent sur le talus. Alentar semblait revenir de quelque part. L’infirmier de service nettoya la plaie et banda la blessure. Salrakaï regarda dans son sac. Sa boîte de pigment avait pris l’eau et répandait son contenu sur les autres affaires. Les rations de voyages étaient complètement gorgées d’eau, et les torches étaient inutilisables à présent. Le Nippon extirpa le Tueur de sa séance de grommellement.

« J’ai vu des trucs, annonça-t-il. Une personne nous observait.
-Il était comment le gars ? s’enquit Zorckal.
-Pas bien vu. J’ai voulu me rapprocher mais il s’est carapaté. Je dirais qu’il était de taille moyenne. Et l’intérieur ça a donné quoi ?
-Des meubles, de l’eau, quelques fringues, de la bouffe à peu près fraîche. Il y a un habitant, c’est sûr, mais à part ça on a pas appris grand-chose.
-Ca pourrait être un troll ? demanda Grank.
-Nan… » répondit l’autre nain, un tant soit peu dépité.

L’équipe partit sur les traces de l’homme mystérieux et essaya de suivre sa piste à travers une végétation toujours plus dense, avec des arbres bas et des buissons épineux qui rendaient difficile la progression. Alentar menait la marche, suivi de Salrakaï , Zorckal, qui taillait un passage à coups de hallebarde pour laisser passer sa grande carcasse, et Grank, qui boudait, sans doute parce qu’il n’y avait pas assez de troll dans les environs. Le Nippon vit à quelques mètres sur sa droite une étendue d’eau avec quelques rochers qui formaient de petits îlots. Une forme se déplaça soudain dans les branches des arbres au dessus des aventuriers en direction de l’étang, puis apparut en atterrissant sur l’un des îlots. Il s’agissait d’une jeune fille humaine, d’environ treize ou quatorze ans.

« Hé toi là-bas ! Tu sais s’il y a des trolls par ici ? cria Salrakaï. La demoiselle le regarda sans rien dire. Le Semi-Ogre lui adressa un signa amical de la main. L’homme jaune, après avoir rengainé ses épées, se dirigea vers elle en sautant de rocher en rocher. L’autre Tueur, voyant qu’il ne s’agissait pas d’un troll, poursuivit sur sa lancée et bouda de plus belle.

-C’est pas un troll ? M’intéresse pas !
-Tu comprends ce que j’te dis ? relança l’autre nain. Il eut pour réponse un timide hochement de tête.
-Jeune fille, on te veut pas de mal ! On est là pour tuer des bêtes ici! continua Zorckal.
-Je vous crois pas ! répondit enfin la gamine. Qu’est-ce-que vous voulez ?
-Tu survis dans les marais, tu sais où sont les trolls et le monstre ? On a été payé par Alexander Molnar pour faire le ménage ici. »

Sur ces mots, le rocher sur lequel était Alentar bougea. Le Nippon était tombé-littéralement- sur un troll des marais. Le monstre se releva et se gratta la tête, se demandant ce qui avait bien pu déranger son repos. La cause de son réveil s’accrochait de son mieux à son épaule gauche. L’heure était venue pour les Tueurs d’entrer en action.

« Grank ! Un troll ! A Toi ! beugla le plus jeune à son aîné, avant de se retourner vers sa destinée en devenir. Gros tas qui pue ! Ramène ta tronche par là !!! »

Zorckal rangea sa hallebarde et tenta d’allumer une torche.

Les choses sérieuses commencent enfin ! pensa Salrakaï.

12 Le Glublug, partie 4 le Lun 14 Mai 2012 - 0:20

Bonoarpha

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Je suis le pierre-papier-ciseaux perdu de Salrakaï.

Après le retour des trois compères à l’auberge des « Amis Ki s’Lèvent Vite », Grank expliqua la mission à Zorckal. Ensuite les Tueurs décidèrent à pierre-papier-ciseaux qui aurait le la priorité sur les trolls qu’ils croiseraient. Le destin ne choisit pas Salrakaï, hélas pour lui. Malgré sa déception il gardait l’esprit pratique.

« Hé les mecs, faudrait que vous preniez des trucs pour cramer les trolls. Ca a tendance à se régénérer ces bestioles ». L’équipe dina puis alla se coucher.

Le réveil était fixé à sept heures. Le jeune nain, rendu impatient par son envie de trucider du monstre, réveilla Alentar à coup de baffe, car celui-ci dormait encore à poings fermés. Un petit déjeuner plus tard, les quatre compagnons partirent chez Molnar. Ils trouvèrent devant le manoir un jeune d’une vingtaine d’année qui les attendait.

« Bonjour ! C’est vous qui voulez aller dans le marais ?
-Ouep.
-C’est moi votre guide. Je m’appelle Roland Stroedel. Je vous mènerai au marais, mais je n’y rentrerai pas.
-Notre jeune ami barbu nous a conseillé d’utiliser le feu contre les trolls, dit Zorckal. Est-il possible d’avoir des torches et de l’huile ?
-Oui, pas de problème, mais je vous déconseille d’utiliser le feu dans le marais. Du gaz inflammable s’échappe parfois de l’eau.
-Comment on sait qu’il y a un troll ? s’enquit Salrakaï.
-Et bien je ne sais pas. C’est pas votre boulot les trolls normalement ?
-Si, mais j’ai pas encore eu l’occasion d’en croiser…» grommela le Tueur.

Deux torches et une fiole d’huile furent fournies à chacun. Salrakaï donna les siennes aux autres, il n’avait aucunement l’intention de recourir au feu face aux trolls. S’il devait vaincre, ce serait uniquement grâce à ses haches et son habileté. Il acheta une semaine de ration au marché. Puis ils partirent.
Le jeune homme s’avéra être du genre bavard. Il dit être le petit-fils d’un bretonien immigré. Plusieurs carcasses de crabe gisaient çà et là le long de la route, fruit du travail de nettoyage de soldats. D’autres petits crabes cette fois-ci bien vivants croisèrent le chemin des aventuriers. Les nains, trop concentrés sur la perspective d’un monstre à occire, ne firent pas attention à ce menu fretin et poursuivirent leur chemin accompagnés de Stroedel, laissant Alentar et Zorckal .à leur pèche aux crustacés.

« Y’a souvent des raids de Nordiques par ici ? demanda Grank.
-Non, c’est calme. On voit parfois des Norses, mais ils viennent pour commercer. On a été touché durant la Tempête du Chaos, mais les guerriers du Nord passent et s’en vont. Il y a parfois des hommes-bêtes qui passent par le marais. La défense des environs dépend d’Erengrad. En cas de problème on se réfugie là-bas. Mais je n’ai jamais vu d’invasion de mon vivant. » Il continua à causer, présentant les champs, les gens du cru, les familles vivant dans les environs. Beaucoup de terrains avaient été rachetés par Alexander Molnar.

Ils aperçurent un bois au loin. Le sol devint de plus en plus humide, des flaques apparurent, des ruisseaux coulaient, des roseaux poussaient par endroits. Il n’y avait pas d’arbre mais quelques arbustes. Zorckal ramassa une longue branche pour s’en servir comme d’une sonde pour vérifier la profondeur des étendues d’eau et la fermeté du terrain, qui devenait vraiment spongieux. Une épaisseur de mousse gorgée d’eau constituait le sol. Trois heures de marche après leur départ, les aventuriers étaient arrivés au marais. Le jeune guide les laissa là, et repartit vers le village.

Salrakaï prit lui aussi une sonde. L’équipe adopta une formation carrée, avec bien sûr les Tueurs devant, puis se dirigea au Sud. Le sol devint herbeux, avec de grandes nappes d’eau et des talus qui formaient le seul chemin à peu près sec. Les Tueurs étaient l’affût d’un troll. Le nez de Zorckal fut soudain titillé par une odeur nauséabonde.

« Arrêtez-vous les mecs ! Ca sent le pourri ! »

Il indiqua la droite, direction vers laquelle se trouvait un gros buisson, de deux ou trois mètres de haut sur quatre ou cinq de large sur un talus. Il s’y dirigea, suivi des trois autres. Grank sortit de son sac un gros morceau de charbon. Le Semi-Ogre désigna le buisson et dégaina sa hallebarde tout en montant doucement sur le talus, avant de se positionner de l’autre côté. Le Tueur avec son charbon se tourna vers Alentar pour l’allumer. Pendant ce temps Salrakaï dégaina ses haches. Il perçut du mouvement dans les branches.

« Bouge ton cul ! Le buisson a bougé ! » chuchota-t-il à Grank.

C’est là qu’il vit un spectacle singulier. En effet son aîné dans la profession tenait son charbon ardent de sa main gantée, sans laisser transparaître la moindre once de douleur. Le jeune nain fut encore plus surpris quand le vieux barbu versa de l’huile sur le charbon, qui pris feu, avant de courir vers le buisson.

De la végétation sortit subitement du sol derrière Zorckal, au moment où Grank pénétra dans le buisson, son bout (de charbon) enflammé en avant. Les branches et les feuilles réagirent à son contact et l’entourèrent, formant une sorte de mâchoire verte et rouge. Le Semi-Ogre réagit assez prestement pour ne pas être pris au piège également. Le Tueur malchanceux quand à lui était resté collé par une sécrétion gluant, et également corrosive, car le buisson était en fait une plante carnivore géante. Le nain n’en demeurait pas moins plein d’énergie, car il asséna à son agresseur végétal une série de coups de poing ainsi qu’une bordée de juron. Le feu de son charbon commença à se propageait, à lui-même et à la plante.
Les trois autres équipiers chargèrent l’ennemi enraciné. Sa gueule était relié au sol par une grosse tige. Alentar et Zorckal s’y attaquèrent tandis que Salrakaï tentait de libérer son compagnon. Il réussit à le dégager un peu, quand le pantalon du captif s’enflamma.

« Putain je suis en feu ! » beugla le barbu.

Le Nippon et le colosse vinrent à bout de la tige. La plante morte, Grank n’était pas pour autant sorti d’affaire. Ses trois compagnons s’acharnèrent sur la gueule, parvenant finalement à libérer le nain, qui se roula à terre pour étouffer le feu. Ton compatriote vida son outre d’eau sur la brûlure pour la calmer. De grosses cloques étaient apparu sur le pieds et le tibia du Tueur, mais les dégâts étaient minimes. Zorckal, l’infirmier de service, effectua quelques soins tandis que le brûlé grommelait dans sa barbe contre les plantes, les arbres, et ces saloperies d’elfes.

Le groupe reprit ensuite sa route. La végétation se fit plus dense, moins verte, la au sol brillait par sa pauvreté. Salrakaï réussit à orienter la progression vers le sud. Le sol devient plus humide, les « digues » entre les étendues d’eau étaient de moins en moins larges, voire passaient carrément sous l’eau, obligeant les explorateurs à avoir les pieds sous l’eau. Le nain se servait de sa sonde pour assurer son chemin. Il voyait par moment des choses qui rampaient, et en sentaient d’autres qui le frôlait. Grank donna un coup de pieds exacerbé à l’eau, pour calmer son agacement autant que pour faire fuir les bestioles. Alentar repéra sur sa droite un espace plus éclairé. L’équipe s’y dirigea.

Et arriva dans une sorte de clairière marécageuse. Le ciel bleu était visible. Un talus rectangulaire émergeait des eaux, avec de la végétation au milieu. Cela rappelait au Nippon les rizières de sa lointaine contrée. Une chaumière à moitié immergée se trouvait au bout. Le bridé et le vieux crêteux restèrent sur le talus, tandis que le jeune s’approcha du bâtiment. Il eut vite de l’eau jusqu’au cou, et monta sur les épaules du Semi-Ogre. Les deux compères réussirent, après quelques tentatives qui faillirent se solder par un gros plouf, à monter sur le toit. Le chaume était percé à un endroit, dévoilant l’intérieur de l’habitation. Tous les meubles étaient rassemblés du même côté. Sur une table dont le plateau dépassait du niveau de l’eau il y avait de la nourriture fraîche.

Quelqu’un habitait donc ici. Peut-être pourrait-il aider à débusquer un troll, songea Salrakaï.

13 Le Glublug, partie 3 le Dim 22 Jan 2012 - 9:13

Bonoarpha

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Je suis les haches impatientes de Salrakaï .

Grank et Salrakaï étaient reparti en direction du phare. Il leur fallut pas loin de quatre heures pour l’atteindre. C’était une tour carrée érigée en haut d’une colline sur la cote. Un escalier en faisait le tour et permettait d’en atteindre le sommet. L’édifice était visiblement abîmé. Du lierre courait sur ses flancs. Un mur d’enceinte ébréché en un endroit le défendait. Des gardes patrouillait dessus, d’autres étaient à l’intérieur, autour de feu de camp. Le mesurait une douzaine de mètre et était couronné d’un dôme dans lequel brûlait le feu destiné à être vu par les bateaux. Une rambarde était installé le long de l’escalier, sauf sur les trois premiers mètres où elle semblait avoir été arrachée.
Les deux Tueurs furent interpellés par une sentinelle sur le mur.

« Oh ! Qui va là ?
-Des Tueurs.
-Qu’est-ce-que vous foutez ici ? »
C’est vrai que se pointer comme une fleur aux environs de minuit dans un lieu fréquemment attaqué pouvait au mieux surprendre, au pire provoquer une volet de carreaux d’arbalètes.
« On visite, répondit Salrakaï , pas perturbé pour un sou.
-Y a des bestioles dans le coin à ce qu’il parait, renchérit Grank .
-Bougez pas, j’en réfère au capitaine. »
La sentinelle revint cinq minutes plus tard.
« Vous pouvez rester pour la nuit, mais vous devrez partir demain.
-D’accord. »

Les deux nains pénétrèrent dans l’enceinte. La garde comptait une cinquantaine de soldats, des épéistes pour la plupart, avec quelques arbalétriers pour garnir le rempart, prêts à tirer sur un éventuelle assaillant. Un vieux soldat balafré vint à leur rencontre. Il s’agissait du capitaine Hermann Jurg , en charge du cinquième régiment d’épéiste de l’Ostland. Après s’être présenté, il énuméra les consignes.

« Interdiction de monter sur le phare. Mes hommes ont l’ordre de vous tirer dessus à vue si vous enfreignez cette règle. En cas d’attaque je vous conseille de ne pas rentrer dans la mêlée, vous risqueriez de prendre ne flèche perdue. » Pour ce qui est de la deuxième consigne, il aurait aussi bien pu parler à un mur que l’effet aurait pas était différent.

Le plus jeune des nains remercia le capitaine pour son hospitalité et ajouta.
« Nous avons vu huit formes au loin dans la plaine en venant ici. Nous les avons poursuivi mais en vain.
-Intéressant.
-Vous avez une idée de ce que ça peut être ?
-Peut-être… Mes espions m’en diront plus. » Sur quoi il prit congé.

Un quart d’heure après, Alentar et Zorckal se pointèrent. Après une rapide entrevue avec Hermann Jurg ils rejoignirent les deux autres qui s’étaient assis autour d’un feu.
« Putain vous foutiez quoi ? demanda Salrakaï . »
Les deux arrivants relatèrent leurs péripéties. Ils avaient palabré avec des paysans du coin et n’avaient pas vu que les deux barbus avaient continué sur leur lancée. Ils avaient ensuite repris la route et étaient tombés sur des crabes. Le Semi-Ogre s’était fait manucuré les orteils à coups de pince et était tombé dans les vaps. Il a fallu l’intervention du bridé pour pas qu’il se fasse déchiqueter par les bestioles.

« Au fait, demanda le colosse au Nippon, depuis quand tu combats avec des armes ?
-Depuis notre escapade dans les mines de Dotternbach. »

Les gardes s’étaient bien écartés à l’arrivée de Zorckal . Celui-ci leur adressa un bonsoir collectif, et eut quelques réponses timides. Un homme effrayé courut chercher un gigot et un tonnelet de bière pour le géant, de peur sans doute de se faire dévoré si l’appétit de la bête n’étaient pas calmé. Grank profita du repas pour poser quelques questions aux soldats.

« Parait qu’y a eu des attaques dans le coin.
-Ouep.
-De skavens.
-Ouep.
-C’était quand la dernière attaque ?
-Il y a quatre jours.
-C’est pas con ces bestioles, mais qu’est-ce que c’est couard ! commenta Salrakaï .
-Toujours moins con qu’un orque, ou un ogre, rajouta Grank .
-Ou qu’un nain, compléta Alentar qui avait envie de taquiner son monde. Le regard de tueur que lui adressèrent les Tueurs le dissuada de continuer.
-Bon moi je suis crevé, je vais me pieuter, conclut le plus jeune des barbus. Bonne nuit. »

Il s’installa près de la brèche dans le mur d’enceinte, pour être aux premières loges en cas d’attaques nocturnes.
Il fut réveillé par quelque qui le frôla. Il ne vit rien au premier abord, puis il remarqua que l’herbe se faisait écrasée à intervalles réguliers comme écrasée par des pas. Le nain se leva en silence et suivit l’entité invisible qui se dirigeait vers un garde. Une forme vaporeuse apparut puis devint tangible. C’était une cape à capuchon bleu nuit, portée par un homme d’environ un mètre soixante-dix. Le garde le salua. Voyant qu’il ne s’agissait pas d’un ennemi, le détendit . L’ombre demanda à voir Jurg. Elle avait une voix qui semblait âgée. Le barbu s’approcha.

« C’est toi l’espion que le capitaine a envoyé ? L’individu encapuchonné se retourna.
-Qui es-tu ? demanda t-il, l’air passablement agacé de se faire importuné par un civil indiscret au plus haut degré.
-Moi c’est Salrakaï, le capitaine a accepté de nous héberger cette nuit mes compagnons et moi.
Il obtint pour toute réponse un léger hochement de tête. Son interlocuteur avait visiblement l’envie de se débarrasser au plus vite de ce boulet barbu.
-C’est quoi cette cape ? poursuivit le court-sur-patte.
-Une cape. Maintenant si tu veux bien me laisser, je dois parler au capitaine.
-D’accord. Bonne nuit. »

Salrakaï alla se recoucher. Il laissa malgré tout traîner ses oreilles. Il perçut des brides de conversation qui le convainquirent qu’il s’agissait bien d’un espion envoyé par le capitaine et non pas d’un ennemi. Il s’endormit.

Et se réveilla vers 9h30, en même temps que ses petits camarades. Zorckal aperçut à l’autre bout de l’enceinte le capitaine palabrer avec cinq personnes de grandes taille et à la silhouette fine. Il décida de les rejoindre et fut accompagné par Alentar . Les deux nains préférèrent rester au lit encore un peu. Quelques instants plus tard ils remarquèrent une étrange machine entourée de quatre manœuvres. Un Feu d’Enfer, une machine de guerre impériale, de conception humaine donc peu fiable, quoique potentiellement destructrice. Ils s’aperçurent également que les cinq hautes silhouettes n’étaient autre que des elfes. Ils se regardèrent. Grank lança, de manière peu discrète :

« Tu te rappelles comment on a gagné la Guerre de la Vengeance ?
-Ouais. Dans les duels Haut-Roi/Roi Phénix ça fait toujours 1-0.
-On lui a pris sa couronne à l’autre.
-Elle est toujours dans la salle du trône du Haut-Roi d’ailleurs. »
Un des Oreilles pointues adressa un regard sévère aux deux nains. Les autres prirent le parti de les ignorer. Ils montèrent les en hauts du phare.
« Charognard pour charognard, autant chercher la compagnie de ceux qui parlent pas, commenta Salrakaï .
-Et qui rasent pas », renchérit son collègue.

Les barbus se levèrent et rejoignirent le capitaine.
« Ainsi ce sont les elfes vos espions, déclara Grank . Son cadet tiqua en se rappelant l’espion qu’il avait vu cette nuit. Aurait-il causer à un elfe sans s’en rendre compte ?
-En effet, répondit Hermann Jurg . Salrakaï manqua s’étrangler.
-Des rumeurs d’attaque skavens ?
-Non.
-Et qu’en est-il des huit formes que nous avons vu hier en venant ici ? s’enquit le jeune Tueur qui s’était remis de son choc dès qu’il avait entendu parler de la potentialité d’un combat.
-Il s’agissait bien de skavens.
-Des skavens qui vont vers Birkeweise et pas de signe d’attaque sur le phare… Grank , tu penses à ce que je pense ?
-Ouais ! C’est parti pour Birkeweise ! »

Les quatre compagnons réunis saluèrent le capitaine et repartirent vers le sud-ouest, direction Birkeweise. A mi-chemin de leur parcours, Alentar vit de ses yeux bridés six formes velues à 500m sur leur droite. Il n’en fallait pas plus pour que les deux barbus s’élancent. Pendant leur course ils déterminèrent à pierre-papier-ciseau qui aurait le privilège d’être en première ligne. Privilège qui revint à Salrakaï .

Les skavens (car il s’agissait bien d’hommes-rats) semblaient en pleine conversation. Le jeune nain, à la faveur d’un coup de vent dans sa direction entendit « gloubsssblougsss» dans le langue strident de cette engeance. Alentar et Zorckal rattrapèrent sans difficultés les deux courts-sur-pattes et se mirent derrière en file indienne et recourbés, afin de passer inaperçus. Peine perdu car à 400 mètres cinq des six skavens s’en allèrent, le seul restant afficha un sourire dévoilant ses dents de rongeur jaunâtres et sortit ses dagues. Quand les quatre aventuriers arrivèrent à 200 mètres celui-ci brailla un ordre d’une voix suraigüe. Aussitôt ses congénères se scindèrent en deux groupes pour attaquer leurs ennemis par les flancs. Trois par la droite, deux par la gauche. Salrakaï vira de suite à droite, tandis que Grank fonça vers le chef resté seul et que le Nippon et le Semi-Ogre s’avancèrent vers ceux de gauche. Le chef se mit dans le dos du poil-au-menton, et se retrouva avec l’autre barbu dans le sien.

Le choc eut enfin lieu, et il fut violent et sanglant. Les haches de Salrakaï étaient impatientes d’en découdre. Les quatre vermines ratèrent leur coup, n’arrivant pas à atteindre le crêteux plein de vivacité qui lui ne les rata pas. Il fit décrire à ses armes un arc de cercle de gauche à droite qui coupa le bras et la patte de son vis-à-vis le plus à gauche, lequel chût à terre et mourût vidé de son sang en quelques secondes. Le Tueur enchaîna sur le suivant et l’entailla au niveau du tronc. Le skaven blessé riposta et visa la tête. Le nain para son coup tout en esquivant celui de l’autre. Un rapide coup d’œil dans son dos lui apprit que Grank trucidait joyeusement le chef à coup de hache à deux mains. Il reporta son attention vers son propre combat et vint se placer entre ses deux adversaires, chacune de ses haches visant un ennemi. Celui encore indemne mourut sur le coup, mais celui déjà amoché para avec l’énergie du désespoir… avant d’avoir son bras gauche tranché. Le tout nouveau manchot tourna les talons sans demander son reste et se carapata en tenant son moignon ensanglanté de sa patte restante. Grank tenta de l’atteindre en lançant sa hache mais le manqua. Salrakaï ainsi qu’ Alentar et Zorckal , qui avaient également remporté leur combat, s’élancèrent à la poursuite du rat bientôt crevé. Le Semi-Ogre distança rapidement de ses grandes foulées ses deux concurrents qui s’arrêtèrent. Le colosse ne retrouva pas sa proie, aussi le crêteux suivit le chemin que formait les gouttes de sang, en vain. Il fut imité par son grand pote qui eut plus de réussite et trouva le cadavre exsangue une centaine de mètres plus loin. Il était si dépité de ne plus pouvoir combattre qu’il défonça le crâne de l’homme-rat à coup de marteau. Il fut rejoint sur le lieu du carnage par Salrakaï .

« Tu l’as fini ?
-Nan, il était déjà mort quand je suis arrivé.
-Chouette ! Donc il est à moi ! Je prends sa queue ! »

Le nain fit de même avec ses deux autres victimes.

Les quatre dératiseurs reprirent la route. Une heure plus tard il arrivèrent à Birkweise. Ils passèrent devant des fermes autour desquelles s’échinaient des paysans. Les deux barbus s’avancèrent vers eux. Zorckal , coutumier de l’effet qu’il avait sur le commun des mortels, décida de rester en arrière. Grank fit preuve de sa subtilité habituelle.

« Hé toi là !
-Tiens, un nain, répondit un des pécores.
-Bonjour, continua Salrakaï .
-Bonjour ti monsieur, répondit le péquenot qui était visiblement simplet.
-Z’avez vu des skavens ? reprit le vieux Tueur.
-Ah, ces saloperies !
-Ouais, dit le jeune Tueur en exhibant les trois queues fraîchement coupées. Vous en avez croisé récemment ?
-Ah non, pas récemment.
-Et des crabes ? questionna le Longue-Barbe crêteux.
-Y viennent pas par ici. Y vont vers le marais qu’est à Alexander Molnar .
Mais il laisse pas le droit d’y entrer . D’ailleurs presque toutes les terres ici sont à lui. Nous on fait que travailler dessus. Il vit à Schonfeld.
Le poil-au-menton le remercia et posa une dernière question.
-Il est où le poste de garde dans ce patelin ?
-Au centre-ville. Demandez aux gardes que vous croiserez.

Les deux nains quittèrent le paysan et se dirigèrent vers le centre du bourg. Ils croisèrent effectivement un garde qui leur indiqua le chemin. Ils arrivèrent devant une bâtisse qui ressemblait à une écurie. Il apparut bien vite que le poste de garde ETAIT une écurie. Deux gardes étaient présents. Salrakaï s’avança.

« B’jour ! Il est où votre chef ?
-C’est moi.
-Bien. On a croisé des skavens en venant ici. Y aurait pas une petite prime par homme-rat trucidé par hasard ? dit-il en faisant tourner nonchalamment les trois queues.
-Non.
-Ah. Et ailleurs ? A Schonfeld par exemple ?
-C’est possible. Par ici c’est plus les crabes que les skavens qui sont mis à prix. Mais vous pouvez toujours essayer.

Frustré, Salrakaï se dirigea avec son collègue vers la taverne, pour noyer sa déception. Taverne qui était évidemment fermée, ce qui déclencha un concert de grommellement de la part des barbus qui dura jusqu’au retour à Schonfeld, en fin d’après-midi. L’équipe au complet se rendit au poste de garde.

Le capitaine Spenlihauer les accueillit.
« Alors, vous avez eu des crabes ?
-Ouais ! répondirent en chœur Alentar et Zorckal . Ils avaient abattu plus d’une quinzaine de bestioles à eux deux et reçurent donc un beau pactole. Le jeune Tueur tenta sa chance.
« Vous donnez une rémunération pour des queues de skavens ?
-Non.
-Grrrrrr… on en a vu ce matin. Vous êtes prévenus.
-Merci de l’info, et merci de les avoir tués. »

Les compagnons demandèrent où vivait Alexander Molnar. Le propriétaire terrien logeait dans un manoir en face de l’église. L’appel de l’estomac le retenant, Zorckal partit à l’auberge. Les trois autres se rendirent au manoir de Molnar. Salrakaï balança rageusement les queues de rats sur le chemin. Ils sonnèrent la clochette pendues devant la porte d’entrée. Une jeune femme leur ouvrit.

« Oui ?
-Nous voudrions voir Herr Molnar .
-C’est à quel sujet ?
-Ses propriétés. »
La demoiselle se demanda ce que pouvaient bien vouloir un aventurier Nippon et deux Tueurs torses nus aux propriétés de son employé, mais elle resta professionnelle.
« Très bien. Entrez je vous prie. »
Elle les fit patienter en salle d’attente.
« Monsieur va arriver. Désirez vous quelque chose à boire ?
-Une bière ! s’exclamèrent les nains à l’unisson. »

Molnar arriva. C’était un petit bourgeois d’un mètre soixante à la bedaine rebondie.
« Je dois avouer que je suis impressionné de voir deux Tueurs et un Nippon ».
Grank alla droit au but.
« Des paysans nous ont dit que vous interdisiez l’accès au marais situé au sud d’ici.
-Eh bien oui. Ces marais sont infestés de créature maléfique.
-Quelle sorte de créature ?
-Il y a des trolls qui y rôdent. De plus une immonde bête y a élu domicile et empêche qu’on l’assèche et qu’on exploite ces terres. J’ai pourtant mis une prime de cent couronnes d’or à quiconque m’en débarrasserait, mais personne n’est jamais revenu ne serait-ce que pour dire à quoi elle ressemblait. Apparemment elle sort la nuit.
-Comment vous savez qu’il y a une bête là-bas alors ?
-C’est l’explication la plus plausible.
-Y’a un moyen d’avoir un guide pour nous mener au marais ? continua le jeune nain.
-Sans problème. Je mets aussi une prime de dix couronnes d’or par troll »

Les trois compères quittèrent Molnar après avoir conclus d’un rendez-vous le lendemain matin devant le manoir. Ils repartirent à l’auberge des « Amis Ki s’Lèvent Vite »

« Des trolls le jour, la créature la nuit, beau programme ! » conclut Salrakaï , impatient d’en découdre.



Dernière édition par Bonoarpha le Lun 21 Mai 2012 - 23:17, édité 1 fois

14 Le Glublug, partie 2 le Mer 14 Déc 2011 - 7:09

Bonoarpha

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Je suis la piste refroidie de Salrakaï.

Alors que Zorckal et Salrakaï sortaient de la caserne, le Semi-Ogre aperçut une silhouette qu’il reconnut.

« Ah ! Alentar !
-Zorckal ! Ah ! Mon crêteux ! répondit l’homme jaune
-Tu sais Alentar, on est deux crêteux là », dit le Tueur avec un sourire mauvais.

Le Nippon expliqua qu’il était également venu pour la pêche au crustacé.
« Et t’as fait quoi de la hache qu’on a trouvé dans les mines de Dotternbach ? s’enquit la nain.
-Je l’ai toujours, je n’ai pas eu l’occasion de la rendre comme je suis parti un peu… précipitamment.
-Dis plutôt que t’a fait dans ton froc et que tu t’es barré plus vite qu’un esclave skaven ! »

Une peu désabusé par des retrouvailles si remplies d’émotions, Zorckal préféra changer de sujet et expliqua la mission au bridé pendant que tous les trois se dirigeaient vers l’auberge du village, « Les Amis Ki s’Lèvent Vite ». Ils y trouvèrent Grank en pleine activité de descente de pinte.

« Grank, faut que t’aille voir le maire pour la mission, dit Salrakaï à son collègue.
-D’accord, mais c’est qui le mec avec vous ? répondit-il en désignant Alentar.
-C’est Alentar le lacheur.
-Il est malade ? demanda le vieux nain, visiblement intrigué par le teint du Nippon.
-Ouais, il a le foie jaune, ironisa le jeune Tueur.

Grank ne saisit pas le sarcasme et adressa un signe pour souhaiter un bon rétablissement au malheureux « malade ». Il raconta ensuite ce qu’il avait appris à la taverne. Il avait entendu parler d’une chose étrange qu’on appelait « phare ». C’était une sorte de tour en haut de laquelle brûlait un feu et qui permettait aux bateau se repérer la nuit. « C’est bizarre ce truc. Pourquoi les bateaux peuvent pas porter leur feu eux-mêmes ? Ca me dépasse… Un truc d’humain… voire d’elfe ! » Salrakaï écoutait d’une oreille distraite. Il remarqua Alentar qui se tenait la tête, comme s’il venait de se lever après une soirée trop arrosée. Son attention se reporta vers son aîné quand celui-ci expliqua que le phare se faisait attaquer régulièrement par des skavens, qui ramenaient leur ménagerie monstrueuse avec eux pour l’occasion. Le crêteux poil-au-menton fut satisfait d’entendre cette confirmation des paroles du capitaine de la garde. Il expliqua la mission à son compagnon alcoolique (enfin , plus alcoolique que lui).

L’équipe réunie repartit à la mairie. Zorckal resta dehors, il n’avait pas envie de devoir de nouveau se plier pour rentrer et traverser le couloir. Le bourgmestre accueillit le reste du groupe d’aventuriers.

« Ah ! Vous revoilà ! dit il à Salrakaï. C’est donc lui l’ami Tueur dont vous m’avez parlé.
-Ouais, et je vous ai ramené un autre aussi, répondit le jeune nain en désignant Alentar d’un mouvement de tête.
-Oh ! Un oriental. »

Frémont salua les nouveaux venus. Grank fut victime de son propre humour de Tueur, car il voulut faire une démonstration de sa poigne quand il serra la main du bourgmestre, sauf que c’est lui qui se fit broyer la main.

« Je leur ai expliqué la mission sur la route, précisa Salrakaï.
-Vous leur avez spécifié les modalités financières ?
-Ah non. »
Le dirigeant local exposa donc les prix des carcasses et la prise en charge de la moitié des frais de bouche et de logement.

« On pourrait avoir une remise ? demanda le Tueur à la hache à deux mains.
-La moitié de l’hébergement c’est déjà bien.
-Bière comprise ?
-Dans les limites du raisonnable.
-Mouais… conclut Grank qui signa malgré tout.

Zorckal, qui devait s’ennuyer tout seul dehors, rejoignit l’équipe. Toujours l’esprit pratique, il demanda « On peut ramener que les pinces droites des bestioles ? Ce serait plus pratique à transporter.
-Non il faut que vous rameniez les carapaces, car là on sera sûr que la bête sera morte. »

Les quatre guerriers repartirent ensuite au poste de garde. Ils virent qu’il était vide en dehors du capitaine qui s’en allait.

« Oh, capitaine ! l’interpela Salrakaï. Pourquoi vous partez là ? Y a une attaque ?
-Non, nous partons juste en patrouille. La garde va être relevée.
-Dites capitaine, coupa le Semi-Ogre, vous auriez pas une charrette à nous prêter pour mettre les carapaces dedans ?
-Ou simplement un sac ou une bâche, compléta Grank.
-Tout est réquisitionné. Désolé meinen Herren, il faudra vous débrouiller par vos propres moyens.
- Et sinon où doit-on chasser le crabe exactement ? questionna le colosse.
-Je vous conseille d’aller voir les bergers qui font paître leur cheptel près de la mer. Maintenant, si vous voulez bien m’excuser… Il les salua et alla où ses obligations le demandaient.

Le vieux nain montra une grande envie de partir de suite pour aller voir le phare. Zorckal parut sceptique. On était en fin d’après-midi, et connaissant la vitesse de marche des nains, il doutait qu’ils seraient revenus avant la nuit.

« Eh, le jeunot, tu veux voir le phare ? demanda le vénérable Tueur à son cadet.
-Ouais. Quitte à mourir vite, autant pas mourir con. Et puis on croisera peut-être des bestioles à crever, ajouta t il pour convaincre son grand pote d’aller faire un tour.

A la sortie de Schonfeld, Alentar devina la forme du phare au loin sur une petite colline, vers le nord. Il le désigna à ses camarades, et tous se mirent en marche dans la direction de l’édifice. Au bout d’une heure de marche dans la plaine, Zorckal aperçut sous l’un des rares arbres de la région des bergers qui discutaient. Il bifurqua dans leur direction, accompagné d’Alentar. Les Tueurs ne se rendirent pas compte de l’absence de leurs compagnons, car, fidèles à leurs habitudes, ils ouvraient la marche, et étaient trop obnubilés par leur objectif. Une heure et demi après leur séparation impromptue, Salrakaï vit à plusieurs centaines de mètres de leur position une petite dizaine de formes étranges. Elles faisaient un peu plus de deux pieds de haut pour cinq de long. Il prévint son collègue et tous deux partirent à la poursuite des créatures, espérant tomber sur des rats géants skavens, ou au moins sur des crabes. Durant leur course, ils remarquèrent enfin qu’ils avaient perdu leurs deux acolytes. Cela ne les perturba pas plus que cela. Après tout le Nippon et le Semi-Ogre étaient des guerriers, certes moins doués que les nains, mais quand même capables de se débrouiller seuls dans la plaine. Ils continuèrent donc.
Une demi-heure plus tard leur traque avait échoué, la piste était refroidie. Un brin dépité, le duo de barbus repartit en direction du phare a la lumière du soleil couchant. Quelques minutes plus tard Salrakaï entendit une bordée de juron. Il s’arrêta et regarda autour de lui. Aucune trace de Grank.

« Putain Grank t’es où ?
-Là.
-C’est où là ?
-Ici.
-Mais c’est où ici boulet ?!
- Dans le trou dans lequel je suis tombé !
-Ok, continue de gueuler, j’arrive. »

La recherche fut plus difficile que prévue, car la plaine était recouverte de hautes herbes. Bien qu’entendant son aîné, le jeune Tueur n’arrivait pas à le retrouver.

« Qu’est-ce que tu fous ? pesta le vieux nain. Bon sang c’est ça qu’on apprend aux jeunes de nos jours ? Un gob ivrogne et aveugle m’aurait trouvé !
-Un gob ivrogne et aveugle serait pas tombé dans le trou.
- Aller sale petit semi-imberbe, trouve ce trou pour que je puisse te botter les fesses ! C'est à peine sortit de l'adolescence et ca part à l'aventure !
- Continue comme ça vieux con et je te laisse pourrir dans ton trou ! Tu l'auras ta mort glorieuse ! Mort de faim et bouffé par les vers !
-Vieux con ?! Petit Tueur en couches ! Ramène ta fraise ici que je puisse te montrer que l'âge améliore les coups !
-Et bien si t'es un grand et sage vieillard, t'as qu'a te sortir tout seul de là! Tu t'y es mis tout seul, tu t'en sortira tout seul!
-J'veux pas sortir, j'veux qu'tu vienne !
-Pourquoi ?
-Pasque y'a un tunnel mal foutu, et parce qu’un jeune semi-imberbe m'emmerdait ! Tu ramènes tes fesses ou t'attends qu'y fasse nuit ?
-Ouais j'arrive, j'arrive.
-Ouais c'est ça.

Le poil-au-menton réussit enfin à trouver le trou. Il était masqué par d’épaisses touffes d’herbes. C’était en fait une sorte de fente peu profonde, pas plus de deux mètres de profondeur, une fissure entre deux roches prête à accueillir le premier imprudent qui passerait par là. Le fond du trou où se trouver le vieux nain à crête semblait humide.

« Putain vieux con t'aurais pu remonter et me montrer où elle était cette merde de trou!
-Peux pas…
- T'es trop sénile ou impotent pour le faire?
-J'ai mal à la main.
-Dis pas de conneries vu ton âge ça marche plus tout ça, alors fais moi pas le coup du j'ai mal a la main!
-D'abord j'ai que 147 ans ! Et j'ai vraiment mal !
- Et tu t'es fait ça comment?
- Sais pas... Surement en tombant.
- Ouais ouais.
-Tu ferais mieux de venir voir ça, petit rebus de société ! »

Ledit rebus descendit rejoindre le vieux con. Ils explorèrent la galerie, qui n’était en fait qu’un petit tunnel qui rejoignait la mer d’un côté et s’arrêtait en cul-de-sac de l’autre, et par où la marée montait. Les Tueurs revinrent à leur point de départ. Grank eut du mal à ressortir du trou.

« Besoin d’aide, vieillard ?
-Nan. » Sur quoi le vieux nain se hissa dehors.

La nuit commençait à tomber, ils reprirent leur route vers le phare.

15 Le Glublug, partie 1 le Mer 7 Déc 2011 - 8:27

Bonoarpha

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Je suis l’orgueil restauré de Salrakaï .

Salrakaï et Zorckal restèrent un mois à Altdorf. Le Semi-Ogre montra à son oncle magister des parchemins trouvés dans les mines de Dotternbach et en profita pour apprendre à lire et à écrire. Le Tueur trouva un forgeron pour réparer sa hache cassée et lui fabriquer des chaînes qui relieraient ses armes à ses poignées. Il chercha à se faire engager mais l’artisan ne semblait pas intéressé par ses talents. Il occupa donc un travail de manutentionnaire pendant son séjour.

Quand le colosse acheva son apprentissage, son oncle lui parla d’une annonce pour un travail à la frontière avec le Kislev « Recherchons guerriers pour mission de routine. Fortes récompenses. Veuillez vous adresser aux gardes de la cité de Schönfeld pour de plus amples informations » Les deux compagnons maintenant inséparables partirent donc en direction du Nord. L’idée de traverser la Drakwald séduisait le nain, car on disait la forêt remplie d’homme-bêtes et autres bestioles, mais Zorckal , arguant qu’un voyage par les bois ralentirait leur avance et risquait de les perdre plus qu’autre chose, réussit à le convaincre de prendre la grand-route reliant la capitale impériale à Middenheim, puis de rejoindre la côte Nord de l’Empire et de la longer jusque Schönfeld, situé non loin d’Erengrad.

Le trajet jusque la Cité du Loup Blanc fut calme. Mais à la sortie nord de la ville, les deux voyageurs rencontrèrent à un croisement un individu curieux qui marchait devant eux dans la même direction. Un être de petite taille à crête orange vif. Salrakaï reconnut de suite un collègue Tueur. Il allongea le pas, rattrapa le nain et lui tapa sur l’épaule.

« Salut. Moi c’est Salrakaï . T’es qui ? dit il au barbu qui le reconnut comme un pair.
-Moi c’est Grank . Ca fait combien de temps que t’as fait ton serment ?
-Quelques mois.
-Ah. Un nouveau donc. Et un ptit jeune si j’en juge par la longueur de ta barbe. »

En effet Grank avait une pilosité faciale bien plus fournie que son cadet, ce qui montrait son âge plus important. Il avait une grosse balafre à l’œil gauche, des sourcils épais et des petits yeux noirs. Son bras gauche était tout entier enveloppé dans un gant de cuir. Il portait une hache à deux mains dans son dos. Le Semi-Ogre les rejoignit.

« Bonjour maître nain. » Le vieux Tueur le regarda, surpris. Assurément, même quand son passe temps favori était de rechercher les monstres les plus gigantesques à occire, voir un pareil colosse se présentait ainsi avait de quoi choquer.

« T’inquiète, c’est un pote, rassura Salrakaï . Il s’appelle Zorckal .
-Et où allez-vous ? continua le géant.
-Vers le Kislev, à Schönfeld.
-Quelle coïncidence ! Nous aussi !
-Et qu’est ce que vous comptez y faire ? questionna le vieux nain.
-Trouver une mort glorieuse, répondit sans hésiter le poil-au-menton.
Son aîné le dévisagea.
-Il y a d’autres possibilités pour trouver sa destinée.
-Sans doute, coupa le Semi-Ogre, mais là il n’y en a pas d’autres dans l’immédiat.

Après une journée de marche, le trio bigarré s’arrêta dans une auberge pour la nuit. Ils virent qu’un convoi y était également arrêté. Après quelques questions, ils surent qu’il allait fort opportunément vers le nord. Zorckal et Salrakaï démarchèrent le chef du convoi pour se faire transporter en échange de la protection qu’offraient les trois brutes épaisses. Hélas ces pauvres humains semblaient bien intimidé par le Semi-Ogre, qui attira toute l’attention. Voyant qu’on ne faisait pas attention à lui, le Tueur crut qu’on ne prenait pas au sérieux ses capacités à assurer la sécurité par la force. Il s’énerva et finit tout vociférant et le visage grenat. L’aubergiste, craignant pour son auberge, prévint tout dérapage en faisant signe au chef qu’il le paierait pour qu’il le débarrasse de ces trois énergumènes avant qu’elles ne saccagent son établissement. C’est ainsi que les trois compagnons se virent offrir le voyage en diligence jusque Schuten, un bled de l’Est du Nordland situé non loin de la Mer des Griffes et presque à la moitié du trajet entre Middenheim et Schonfeld. Comme quoi pousser une gueulante ça peut résoudre bien des problèmes.

Ils finirent le trajet à pieds. Pour fêter leur arrivée prochaine, il s’arrêtèrent dans le village nommé Birkeweise, juste avant leur destination, et allèrent prendre un verre à la taverne du coin. Un nain rentra juste avant eux. Il commanda une bière, et fit la moue en buvant sa première gorgée.

« C’est pas par chez nous que ça arriverait » commenta Grank avec un regard entendu vers Salrakaï , qui acquiesca.

Cette remarque leur attira les regards des autres clients, qui étaient tous humains hormis les nouveaux venus.

Zorckal alla prendre place sur un banc pendant que ces compagnons court sur patte prirent commande. Il y avait un ivrogne qui roupillait dessus. Le Semi-Ogre voulut le réveiller, mais en vain. L’absence de réaction l’inquiéta, il secoua donc de nouveau l’homme pour le sortir de son inconscience, sans résultat.

« C’est un poivrot, pas un bébé, railla le vieux Tueur qui arrivait les main pleines de chopines pleines
-Laisse tomber, Grank , c’est une vrai maman ce mec, continua son jeune confrère qui était tout aussi chargé.»

Voyant qu’il n’obtiendrait pas d’aide, le colosse prit le sac à vinasse et l’adossa contre un mur. Ne contrôlant pas sa force, il le fit un peu trop brutalement. L’épaule de l’homme émit un craquement sinistre, mais celui-ci était trop imbibé pour se réveiller. Zorckal essaya de l’ausculter sans trop savoir quoi faire.

Pendant que leur grand pote jouait au docteur, les deux nains avaient entamé un Pintathlon. Au bout de 10 pintes l’affaire était entendue : Salrakaï eut pour la première fois le dessus à cette épreuve. Son honneur était enfin lavé des défaites passées. Bien éméché, il chambra son aîné.
« Alors le vieux, il est où ton vécu ? » Il eut pour réponse des grommellements de vieux nain ivre, et eut toutes les difficultés du monde à discerner un « C’était mieux avant… »

Ils repartirent en direction de Schonfeld, Zorckal riant sous cape de l’état de Grank , Grank cuvant son alcool, et Salrakaï se félicitant de sa victoire écrasante.
Ils arrivèrent enfin à destination. La ville était fortifiée. Ils virent de nombreux gardes, et beaucoup de soldats blessés. Un intérêt tout professionnel gagna les Tueurs devant tant de signes de trouble. Le Semi-Ogre demanda le chemin du poste de garde à un paysan de passage. Comme cela arrivait souvent quand le colosse s’adressait à quelqu’un, le pauvre faillit souiller ses braies. « P.p.p.p par là ! » bredouilla-t il avant de tourner les talons. C’est le moment que choisit Grank pour aller soigner le mal par le mal à la taverne du coin. Son collègue ne manqua pas de faire une remarque.

« Ca préfère aller picoler plutôt que d’aller chercher une mort glorieuse.
-Tu sais pas tout ce qu’on peut trouver dans une taverne, t’as pas assez d’expérience, commenta le Tueur barbouillé. » Et il partit vers à la rencontre de sa prochaine pinte.

Zorckal et Salrakaï arrivèrent au poste de garde. Deux gardes qui étaient de garde mais pas vraiment sur leurs garde se mirent en garde quand ils aperçurent le Semi-Ogre. Ils furent bien surpris quand ils découvrirent que celui-ci venait pour la mission, et qu’il était accompagné d’un Tueur. Ils leur conseillèrent d’aller faire un tour à la mairie de Schonfeld pour en apprendre plus.

La mairie était sur une petite place. C’était un petit bâtiment peint en rouge, il était brûlé en partie, et était dans un état délabré. Les deux compères toquèrent à la porte. Une femme d’âge mûr leur ouvrit. Ses habits étaient de bonne qualité, sans être luxueux.

« Vous venez pour l’annonce ? demanda-t-elle.
-Ouais, répondit Salrakaï
-Moi aussi, renchérit Zorckal .

La femme resta bouche bée en voyant le colosse. Elle garda cependant la maîtrise d’elle-même. Elle les mena à une salle d’attente. Les couloirs étant bas et étroits, le Semi-Ogre raclait les murs. Le Tueur précisa « Y a un autre Tueur qui est venu pour l’annonce. Mais bon là il est parti picolé… »

Le bourgmestre arriva rapidement. Il s’appelait Frédéric Frémont , c’était un homme d’une quarantaine d’année.
-Bonjour meinen Herren. Vous venez pour l’annonce n’est-ce pas ? Avez-vous fait bon voyage ? Vous n’avez pas rencontré de bandits, au moins ?
-On aurait bien aimé… maugréa le nain.
-Pour ma part j’ai dû supporter les facéties de deux Tueurs… soupira le Semi-Ogre.
-Tu vas pas te plaindre ! protesta le crêteux. J’tai sauvé j’te rappelle !
-Hahaha ! Je comprends, j’ai moi-même connu la compagnie de nains dans ma jeunesse, expliqua le bourgmestre.

Il entra ensuite dans le vif du sujet. La mission consistait à chasser des sortes de crabe, des gros crustacés, qui faisaient entre un demi mètre et un mètre de long, trente centimètres de large et autant d’épaisseur. Ils avaient des pinces et une carapace épaisse. Ils venaient avec la marée haute et migraient vers l’intérieur des terres, massacrant les troupeaux de mouton sur leur passage. Chaque bête tuée rapportait entre sept et dix pistoles d’argent, suivant la taille. La nouvelle assomma Salrakaï. « J’ai traversé tout l’Empire pour aller à la pêche… » Frémont était intrigué par Zorckal .

« Vous êtes un Ogre ?
-Oh, juste un demi. Sinon ils sont bons ces crabes ?
-Ceux qui ont voulu y goûter ne sont plus de ce monde.
-Ah, d’accord. Mais sinon pourquoi est-ce-que la garnison d’Erengrad ne s’occupe pas de ce problème ? En plus on a vu plein de blessé en ville.
-Disons qu’elle est… occupée.
-Oh ? Et occupée à quoi ? demanda le Tueur, intéressé.
-C’est compliqué. En tant qu’étranger je vous demande de ne pas interférer.

Voyant le peu d’entrain que manifestait leur interlocuteur à leur donner une réponse, le Semi-Ogre changea de sujet.
« Et bien j’accepte la mission mais à condition que le gîte et le couvert soit payé. » Le bourgmestre concéda une prise en charge à 50% des frais de logement et de nourriture. Il leur dit de rester sur leurs gardes, car les bestioles venaient en masse, il ne fallait surtout pas s’endormir dans les champs.
« Bon faute d’être une mission intéressante, au moins on gagnera de l’argent » conclut Salrakaï , un brin dépité. Il fallait désormais qu’ils contactent Yan Spenlihauer , le capitaine de la garde. Avant de repartir le Tueur se rappela son collègue. « Je peux pas parler en son nom, mais nous avons un compagnon Tueur qui est également venu pour la mission.
-Il faudra qu’il vienne lui-même pour me voir » Sur ce ils se saluèrent et s’en allèrent.

De retour au poste de garde, il demandèrent à voir le capitaine. C’était un homme d’une cinquantaine d’années, barbu, dont la longue carrière lui avait valu une médaille et une belle cicatrice. Il leur expliqua plus en détail la mission.
Les crabes sévissaient entre la mer, d’où ils venaient , Schonfeld, Birkeweise, et les marais qui s’étendaient plus au sud entre Lowitz et Miklavala, là où ils semblaient être attirés.

Zorckal posa la question qui était restée sans réponse lors de l’entretien avec le maire.
« Par quoi sont occupées les garnissons d’Erengrad ? Pourquoi ne viennent-elles pas nettoyer les environs ? » Spenlihauer leur expliqua qu’elles avaient des problèmes avec des Skavens, qui avaient entre autres attaqué plusieurs fois le phare situé à l’ouest d’Erengrad, non loin de Schonfeld. Salrakaï , toujours très professionnel, et bien qu'il n'avait aucune idée de ce que pouvait être un phare, demanda s’il y avait eu des grosses bêtes de guerre avec eux, et fut très satisfait d’apprendre que les hommes-rats emmenaient parfois des Rats-Ogre. Il demanda aussi à voir une carcasse de crabe. Un garde en ramena une.

« Posez le par terre, je veux voir à quel point c’est dur. » D’un coup de hache, il réussit à fêler la carapace. « C’est costaud, mais pas autant que la pierre » dit-il en repensant aux statues animées des mines de Dotternbach.

Finalement, le Tueur pensa qu’il avait bien fait de venir.



Dernière édition par Bonoarpha le Mar 17 Jan 2012 - 3:49, édité 1 fois

16 Ca mine! Ca mine! HS le Lun 7 Nov 2011 - 6:09

Bonoarpha

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Je suis la bouche pâteuse de Salrakaï .

Salrakaï se réveilla allongé dans son vomi, sur le sol de l’auberge du Mineur Noirci. C’était comme si tous les forgerons de Karak Azul s’étaient servis de son crâne comme d’une enclume. Il se leva et alla chercher Zorckal . Le Semi-Ogre éclaircit certains épisodes de la veille que le Tueur avait « oublié », et raconta ce qu’il avait appris sur la santé d’ Heinrich Heineken . Le jeune homme était entre la vie et la mort.

"Faut que je me tire d'ici pronto, je veux vraiment pas la revoir cette rouquine... Mais j'ai quelque chose à faire avant de partir. J'me sens responsable de c'gamin, il a rien demandé à personne et voulait juste aider les siens. C'est dégueulasse ce qui lui est arrivé! J'ai l'impression qu'il y a un lien entre lui et moi... Y a une crasse qui nous est tombé dessus trop tôt dans la vie à tout les deux, ça devait pas arriver... Pour moi il est trop tard, mais pas pour lui! J'ai commencé à l'aider dans la mine et je dois continuer! Et je jure devant Grungni, Grimnir et Valaya et sur mon honneur, que je laisserai rien, pas même cette fille, m'en empêcher!"

Après s’être débarbouiller, il parti voir la jeune recrue blessée là où il était alité, chez l’herboriste Helmut Steiner. Il rejoignit Zorckal qui l’attendait avec Varl Beyer . Heinrich , bien que très faible, était réveillé.

« Salut gamin. J’ai juré devant les dieux que j’allais t’aider, alors voilà. Je te propose de t’emmener à Nuln pour trouver un sorcier ou un prêtre capable de te régénérer l’œil. » A cette déclaration s’est ajouté le mea culpa du Semi-Ogre qui tenait à réparer la bévue qu’il avait commise, ce qui finit de convaincre le garçon. Cependant il fallut attendre quelques jours le temps que l’état du blessé soit assez bon pour qu’il soit transporté. Fardack accepta de prêter une charrette. « Le frère ainé d' Heinrich vous accompagnera. Il se nomme Markus » ajouta le vieux mineur.

Logazgrondella , voyant qu’il n’y avait plus de grobi à trucider, décida de repartir à la recherche d’un peu d’action « Bien le bonjour courte-barbe et à un de ces jours mon gros Zorckal !!! ». Salrakaï mit à profit ces quelques jours de flottement pour s’entraîner au maniement du boulet de fanatique, mais l’absence d’un maître d’arme pour le former l’empêcha de maîtriser efficacement son trophée de guerre. Il jeta un coup d’œil à l’épée et au bouclier récupéré dans la mine mais ne pu identifier leur provenance. Le Semi-Ogre joua le rôle d’infirmier et soigna ses blessures. Le nain en profita pour discuter avec son compagnon.

« Pour l’équipement qu’on a trouvé dans les galeries j’ai une idée, mais pour ça faut que tu me laisses l’épée et le bouclier » Zorckal acquiesça mais voulut en savoir plus. « En fait je voudrais faire d’ Heinrich Heineken mon Félix Jaeger , un biographe qui raconterait ma saga après ma mort glorieuse ».

Le voyage se déroula sans encombres. Arrivée à Nuln l’équipe passa par la taverne du Gobelin Carbo de Krakdum Barbe d’Or , qui se révéla être absent. Heinrich étant très fatigué par le voyage, il resta à la taverne avec son frère pour se reposer pendant que les deux autres compagnons allèrent faire un tour à l’Enclume acharnée. Une fois à l'armurerie, ils furent accueillis par un jeune courte barbe... Il y avait du monde dans l'armurerie. Le jeune Nain ne sachant comment renseigner ses visiteurs, il leur demanda de bien vouloir patienter un peu. Après vingt bonnes minutes, Niflurak Rafftesson les salua enfin.

"Salut Rafftesson , dit Salrakaï . Tu peux me réparer mes haches s'il te plaît? J'ai eu quelques problèmes avec... Et rajoute z'y des chaînes, que je puisse me les attacher aux bras, marre de les pommer en plein combat! J'travaillerai pour toi le temps que tu fasse tout ça, mais d'abord j'ai des trucs à faire."

La forge de Nifflurak croulait apparemment sous les commandes et ses forgerons et apprentis étaient débordés "Je n'sais pas c'qui s'passe mais c'est bon pour les affaire ce bordel! A la rigueur, passe donc le soir bosser toi-même sur la remise en état de tes lames... T'auras qu'à me payer le minerai ou faire quelques heures sup!
-J’aimerais bien mais je ne suis qu’un simple apprenti forgeron, et pas très doué en plus. Combien de temps je dois attendre pour que tu t'occupes de ma commande ? J'ai pas envie que les haches forgées avec amour par mon maître soient foutues en l'air par mes grosses pattes! Un travail de maître ne peut être réparé que par un maître.
Voyant les écorches qu'ont subies les haches, Niflurak s’accorda à dire qu’il fallait bien le travail d'un grand forgeron. "J'vais essayer d'te faire la plus abîmée assez rapidement. Par contre la deuxième va m'falloir plus de temps... Au moins deux bonnes semaines... Par contre j'm'en vais t'embaucher pour nous faire avancer s'tu veux bien.

Après un peu de marchandage Zorckal récupéra les commandes qu’il avait passé avant la virée à Dotternbach. Il montra ensuite le bouclier et l’épée à Nifflurak . Selon le vieux nain ce n’était pas son peuple qui avait créé ces armes, même s’il s’agissait d’un boulot pas trop mauvais, pour quelque chose de fabriqué par les « races moins avancées ». Peut être du boulot d’elfe, au vue du bosquet sur le bouclier.

Les deux compagnons allèrent récupérer Heinrich et cherchèrent le Temple de Shallya. Ils demandèrent la route à un passant qui se dit trop pressé pour répondre. Un grognement peu amène ainsi qu’un regard noir de la part de Salraka ï le transformèrent en un guide zélé. Il se nommait Dirk Briswalter et les mena au Temple.

Dès leur arrivée sur place, le Tueur et le Semi-Ogre aidèrent l’estropié à se lever et le soutinrent jusqu’à l’intérieur. Le nain s’adressa à une charmante religieuse à la longue chevelure blonde.

« B'jour mad'moiselle Dites vous pouvez nous dire s'il y a quelqu'un dans votre temple qui est capable de regonfler son oeil à c'te pov garçon là s'il vous plaît? (dis-il en désignant l'infortuné jeune borgne) Une malheureuse histoire... Il s'est fait ça alors qu'il participait courageusement à la dégobelinisation d'une mine de son village natal. C'était à Dotternbach, à deux jours d'ici. Z'en avez ptêt entendu parler, y z'ont envoyé des gars de Nuln après ça pour finir de nettoyer les galeries. Son premier combat, pour aider les siens... Une triste histoire... Ah oui vla 10 couronnes d'or pour aider vos malades et vos nécessiteux
Et Zorckal de renchérir
-J’ai malheureusement aggraver son cas en voulant l’soigner … mais si je n’avais pas tenté de guérir ses blessures, il s’rait probablement mort à l’heure qu’il est ! … Je souhaite vivement racheter mes fautes ! J’suis donc v’nu avec quelques amis histoire d’lui régénérer son œil grâce à vos dons exceptionnels de guérisseurs !!! … Bien entendu, si je peux faire quoi que ce soit pour l’aider à me racheter … n’hésitez pas !

La religieuse avait en effet entendu parler du convoi parti vers Nuln car une prêtresse du temple avait été appelée... Elle accepta de recevoir le pauvre malheureux afin de voir ce qui peut être fait pour lui... "Néanmoins je ne peux vous certifier qu'il retrouvera l'usage de son oeil... Faisons déjà en sorte que son état général ne s'aggrave pas par une infection généralisée... Par contre vous ne pouvez entrer messieurs , pardonnez-moi..." Elle proposa néanmoins à son frère Markus de l'accompagner.
Salrakaï parut satisfait, et pour être bien certain d’attirer les faveurs de la Déesse il demanda sa contribution à Dirk.
"Eh Dirk ! Donne aussi une tite pièce pour les malades et les nécessiteux" Ce dernier remit précipitamment l'intégralité de sa bourse, qui n’était pas bien pleine. "Les affaires ne marchent pas très bien en ce moment, désolé maître..."

La jeune prêtresse les prévint qu’ Heinrich ne serait pas ausculté de suite "Il va falloir au moins attendre une petite semaine pour que la Grande prêtresse puisse se pencher sur son cas... En essayant quelque chose, nous aurions bien peur d'aggraver les choses comme a pu le faire votre ami tout barraque..."
Le Tueur et le Semi-Ogre dirent au revoir à leur compagnon et sortir du temple.

Sur le parvis le nain s’informa auprès de son guide improvisé
"Dis tu crèches où Dirk ? Que je sache où te trouver au cas où j'ai besoin de toi. Ah et puis au fait tu fais quoi dans la vie? On a pas vraiment eu le temps de faire connaissance depuis tout à l'heure. Moi je suis un Tueur nain, t'as sans doute remarqué. Spécialiste en extermination d'ennemi en tout genre"
Dirk lui apprit qu'il vivait à l'Ouest de la ville, dans une sorte de maison commune de scribes. Il les mena à l’auberge du Voyageur Clandestin, puis voyant qu’aucune tâche ne lui était confiée, il partit sans demander son reste.

Salrakaï et Zorckal prirent chacun une chambre. Le nain entreposa l’armure de cuir clouté dans la chambre de son grand pote car, faute de place, il devait se contenter d’un lit dans un dortoir de six personnes. En se couchant ce soir là il se demanda ce qui était arrivé à Gabrielle, la fille qu’il avait sauvé lors de sa première visite à Nuln.

Le Tueur passa donc sa semaine à travailler pour Nifflurak Rafftesson . Le Semi-Ogre quant à lui servit de videur dans l’auberge et participa aux tournois de beigne. Il désirait également apprendre à lire et à écrire. Son compagnon court sur patte lui rappela un détail qui pourrait l’aider. « Hé Zorckal ! Tu veux apprendre à lire et écrire c'est ça? Dirk il avait pas dit qu'il habitait dans une maison commune de scribes? Tu devrais faire un tour chez lui, il pourra sans doute t'aider. En passant demande-lui où a séjourné Gotrek Gurnisson quand il était ici. Je sais qu'il est passé par Nuln avec Félix Jaeger et j'aimerais aller là où il est allé. Je marcherais sur les traces d'une légende. Oublie pas de dire que tu viens de ma part, ça va le motiver héhé. » C’est à ce moment que le nain se rendit compte qu’il ne savait pas exactement où habitait son « serviteur ». Il ne put retrouver l’endroit. Zorckal , en demandant son chemin à des passants à moitié terrorisés, réussit à s’y rendre. Hélas Dirk n’était pas là, c’est du moins ce que dirent les scribes apeurés par la présence du géant, et qui s’étaient retranchés derrière leur porte soigneusement fermée.

Chaque jour les deux compères voulurent rendre visite à leur ami convalescent, mais ce n’est qu’au bout du quatrième que la jeune prêtresse, qui s’appelait Esmeralda Ildegueu , consentit à les laisser entrer. Il découvrirent le jeune homme bien rabougri mais à l'oeil (unique!) bien plus vif que quand ils l'avaient laissé. "Il semble sauvé: ses jours ne sont plus en danger. Nous pourrons donc commencer à voir s'il est possible de faire quelque chose pour son oeil dès qu'il sera bien rétabli, dans une petite semaine environ... N'hésitez pas à honorer notre déesse pour faire grandir ses chances!" Heinrich quant à lui les remercia vivement de suivre son état de santé.

Tout allait donc bien jusqu’à la fin de semaine, quand vint le moment terrible de la paye de Salrakaï . Nifflurak avait l’air satisfait du travail du jeune Tueur. En échange de son travail, le maître forgeron lui proposa de t'offrir la réfection d'une de tes haches plus 3 Co. Mais le crêteux, hélas pour lui, savait compter.

"Mais c'est du vol! La dernière fois tu m'a payé 8 Co pour une journée même pas complète! Là ça fait 7 jours entiers que je bosse! Donc en étant pas trop gourmand ça fait du 56 Co, ça veut dire que pour la hache la plus abîmée c'est 53 Co la réparation? C'est plus que le prix de deux haches neuves! Mais t'es parti où? T'as fait les 2 gantelets de Zorckal et son fourreau d'hallebarde pour 10 couronnes! Là on parle pas de forger des haches, mais de les réparer! Tu essayes d'entuber les membres de ta race et tu fais des cadeaux au autres? Mais il est passé où ton honneur de nain Nifflurak ? Pour le boulot que j'ai fait tu devrais m'offrir la réparation des deux haches, les 2 chaînes avec pour me les accrocher aux bras et 7 Co en prime! Et je suis même pas gourmand!

Le vieux nain sentit la colère montait
-Tu crois que j'suis là pour faire du social ou quoi Tueur? Ta place n'est-elle pas sur la route à la recherche d'une mort honorable? Alors dans ce cas explique-moi ce que tu fais là dans ma forge? Si tu n'es pas content de c'que j'te propose, barre toi donc, je n'te r'tiens pas! C'est pas parce que j'ai été sympa une fois qu'il faut me prendre pour un gentil donateur! Les 8 Co c'était aussi pour te mettre un peu de baume au coeur après t'être ridiculisé devant ta jolie rousse alors estime-toi heureux d'avoir glané ces quelques sous car ton travail ne les méritait certainement pas! Demande donc aux apprentis ce qu'ils gagnent... Et ils ne rechignent pas eux! Surtout que j'avais pas dit que j'f'rais pas la deuxième hache quand j'aurai plus de temps mais ton attitude me déçoit fortement! Sur ce, reprend tes haches et à la prochaine, j'ai à faire!"

Le regard de Salrakaï luisait de rage. Il regarda alentour pour évaluer sa situation. Sa hache la moins abîmée était à portée, celle remise à neuf étant encore dans les mains du vieux forgeron. Six autres nains, trois apprentis et trois compagnons, étaient présents. Tous s’étaient arrêtés pour observer l’altercation. Le Tueur se moquait de provoquer un combat où il était clairement en infériorité, mais celui-ci n’en valait pas la peine. Il risquait d’avoir du sang de nain honnête sur les mains (et celui de Rafftesson accesoirement) et dans l’hypothèse où il sortait en vie de la forge il aurait sans doute la garde à ses trousses. Il devrait fuir pour échapper à la justice, ce qui n’était pas l’idéal pour quelqu’un qui attendait qu’un compagnon sorte de convalescence. Et dans le cas où il se ferait prendre par les forces de l’ordre il risquait de tuer des hommes qui ne faisaient que leur travail. Il serait probablement tué ou arrêté puis jugé et exécuté comme un vil meurtrier. Trop de risque d’avoir une fin honteuse et des morts non méritées sur la conscience.

Il choisit donc la voie de la diplomatie (enfin de son point de vue).

"T'inquiètes j'avais pas l'intention de rester avec un mec qu'exploite ses travailleurs. Pour ta gouverne si j'suis pas sur les routes à chercher la mort c'est parce que j'ai fait un serment devant les Dieux et que ça m'oblige de rester dans cette foutue ville. Mais ça, les serments et l'honneur qui va avec, c'est pas forcément quelque chose que peut comprendre quelqu'un qui vaut à peine mieux que les esclavagistes de Zharr-Naggrund. Ta soit-disante générosité tu peux te la carrer où j'pense. Maintenant rend moi ma hache et crois moi quand j'te dis qu'après je remettrai plus jamais les pieds dans ta forge. J'ai déjà assez perdu assez de temps avec toi."

L'armurier rouge de colère s'approcha de lui, presque front contre front.

-T'as bien de la chance que j'ne sois qu'un vieux Nain pas capable de combattre sinon j't'aurais d'jà foutu dehors espèce de sale gamin irrespectueux... C'est moi qui t'interdis purement et simplement de remettre les pieds dans mon établissement cher Tueur! Et sache qu'tu pourras compter sur moi pour parfaire ta réputation! Reprend donc cette hache et garde donc les 3 couronnes pour t'offrir un joli tatouage reprenant tes pseudo-serments faits aux Humains... A quand un serment envers les Elfes? Allez, je n't'indique pas la sortie, tu la connais. Tcho.

Salrakaï prit sa hache et son « salaire ».

-Pseudo-serment fait aux Humains? Dixit un nain qui s'engraisse sur l'or des hommes dans une cité humaine, et qu'est même pas foutu de comprendre et d'avoir du respect pour un serment fait devant ses propres Dieux. Quand t'auras compris à quel point t'es tombé bas vas faire un tour à Karak Kadrin et fait toi une crête. Adieu vieillard sans honneur."

Et il sortit les oreilles pleines des noms d’oiseaux que lui lançait Niflurak . De nombreux badauds restèrent bouche-bée en le voyant sortir.

Il rentra à l’auberge d’humeur massacrante et rejoignit Zorckal . Ils se rendirent au Temple de Shallya. Esmeralda Ildegueu leur apprit que la grande prétresse devrait pouvoir étudier le cas d’ Heinrich , mais pas dans l'immédiat. Elle était pour le moment trop occupée par des affaires bien sombres. On racontait ici et là qu'une antre nécromancienne aurait été mise à jour à Dotternbach. Il y aurait même eu des traces de Gobelins et de mutants. Mais grâce au pécule que les deux compères lui avaient fourni, Heinrich pouvait rester au temple en attendant, accompagné de son frère Markus .

Après une séance d’au revoir et de remerciement du jeune borgne, Zorckal et Salrakaï , n’ayant plus rien à faire à Nuln, décidèrent de partir pour Altdorf, ville où résidait l’éminent sorcier et oncle adoptif du Semi-Ogre. Ce dernier confia l’armure de cuir clouté ainsi que l’épée et le bouclier trouvés dans les galeries de Dotternbach aux bon soins de la taverne du Gobelin Carbo avant de quitter la ville.



Dernière édition par Bonoarpha le Mer 7 Déc 2011 - 8:28, édité 1 fois

17 Ca mine, ça mine! Final le Mar 7 Juin 2011 - 11:03

Bonoarpha

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Je suis l’esprit drogué de Salrakaï.

Alentar s’enfuit en courant quand il entendit le rire mauvais qui venait de l’ouverture d’en face. C’en était apparemment trop pour l’humain à la peau et au foie jaune. Une silhouette encapuchonnée de taille moyenne apparut dans le couloir d’où venait le rire.

« Vous voici donc arrivés jusqu’ici, dit la personne dissimulée, avec une voix d’homme familière. Vous n’auriez pas dû. Il est trop tard de toute façon, c’est la fin pour vous. Laissez-moi finir ce que j’ai à faire. De toute façon il sera bientôt réveillé, et mon but sera atteint. Vous n’avez aucune chance de m’arrêter. Vous… » Il fût interrompu dans son laïus par le rire tonitruant de Salrakaï, qui avait reconnu Mabel.

« Ne ris pas ainsi, Tueur. Tu auras enfin ta mort glorieuse. Si tu veux je marquerai quelques mots pour toi, afin que tous sachent que tu es mort avec honneur.
-Tu seras mort avant, pouffa le nain, visiblement pas convaincu qu’il trouverait sa destinée aujourd’hui malgré les belles paroles du félon.
-On t’a reconnu Mabel ! beugla Zorckal. Viens tâter de ma hallebarde ! » sur quoi le Semi-Ogre et son collègue barbu chargèrent.

Le traître leva un parchemin qu’il avait dans sa main. Aussitôt la fumée qui entourait la statue fondit sur lui et l’enveloppa jusqu’à ne plus rien laisser voir de lui. Quand les deux compères abattirent leurs armes, la fumée s’envola, ne laissant rien derrière elle. Le nuage noir partit vers la sculpture et s’insinua dedans. Les yeux de la mutante minérale s’illuminèrent de rouge, et son corps de pierre commença à trembler.

« Faut finir la cheville, Zorckal ! » hurla Salrakaï. Sur quoi il courut avec toute la vitesse que pouvaient lui offrir ses courtes jambes afin de finir son travail de sculpteur. Fardack alla là d’où était venu Mabel, tandis que Logazgrondella portait quelque chose à sa bouche.

La pierre craquela au niveau du haut du corps de la statue. En dessous apparut une sorte de peau. Le Semi-Ogre frappa un bras, le Tueur s’acharnait sur la cheville entamée, la naine tailla dans l’autre. Si grand était son enthousiasme que le crêteux fissura légèrement ses haches. La créature avait désormais la tête, le haut du torse et les ailes libérés de leur cocon minéral. Voyant l’urgence de la situation, le jeune nain prit une feuille tonifiante d’Helmut Steiner. L’effet fut plus violent que la première fois, car Salrakaï fut pris d’une envie furieuse et incontrôlable de détruire ses ennemis avec la plus grande violence possible. Zorckal profita du changement de texture pour porter un coup violent de sa hallebarde sur l’épaule gauche désormais « vivante » de la bête, qui hurla de douleur . Le Tueur sous stupéfiants pulvérisa la cheville. La statue, déséquilibrée, tomba sur sa droite, se cassant le bras droite au niveau du coude encore de pierre et l’aile droite qui n’était pas totalement dégagée. Elle était furieuse, mais loin d’être en position de faire du mal à qui que ce soit. Le Semi-Ogre s’avança et voulut décapiter la créature, mais c’était sans compter sur le nain à crête, à présent privé de ses capacités de raisonnement par la drogue, qui fonça comme un damné vers la tête hurlante. Salrakaï se prit le coup destiné à l’ennemi, coup heureusement partiellement retenu par le colosse, ce qui lui permit de ne pas offrir sa destinée de manière si pathétique à son petit compagnon qui fut emporté par son élan et continua à avancer. Ce léger répit permit à Zorckal d’en finir en soulageant la créature du poids de sa tête.

Le Tueur, toujours dans un état second, s’acharna sur la dépouille inanimée et décapitée. Il ne vit donc pas la fumée noire sortir de la statue, se matérialiser un peu plus loin sous la forme d’un Mabel apeuré qui prit ses jambes à son coup, aussitôt poursuivi par un Semi-Ogre visiblement pas de bonne humeur. Logazgrondella quant à elle repris ses esprits, avec les yeux rouges d'une junky. Le colosse revint quelques minutes plus tard, traînant le traître qui pleurnichait. Dès qu’il le vit, le crêteux fonça sur lui.

« Arrête Salrakaï ! Faut le faire parler ! cria sans résultat le grand bonhomme au front étoilé. Voyant le Tueur avancer la bave aux lèvres, il tenta de lancer Mabel par-dessus le crêteux. Le félon cependant se tortilla pendant le mouvement, il ne prit pas assez d’élan et tomba donc entre le Semi-Ogre et le nain écumant. L’exécution fut rapide et sommaire, deux coups de hache et le nécromant était en enfer. Salrakaï s’immobilisa au-dessus du cadavre ensanglanté, l’esprit visiblement égaré. Il regarda l’air ahuri ce qu’il y avait autour de lui. Quand ses yeux se posèrent sur Zorckal, la réflexion qu’il développa en son for intérieur fut assez… primale « Grosse bébête. Grosse bébête donc danger, danger donc mort glorieuse, mort glorieuse donc taper ! Taper ! Taper ! Taper ! Aaaaaargh !!! » Il chargea haches levées son ami sidéré. Et bientôt scié si à réagir le Semi-Ogre tardait.

Une fois de plus le colosse prit le problème à bras le corps et réussit à maîtriser le nain au prix de quelques efforts. Quelques instant dans les bras de son ami et le Tueur revint enfin à lui. Il se dégagea de l’étreinte et dit :

« Putain mais je suis encore dans tes bras ! Mais faut te calmer mon gros ! T’es pas mon genre !
- Mais et toi pauvre con ! T’as bouffé ta merde de truc stupidogène et regarde ce que t’as fait !!! T’as pourris Mabel ! dit-il en désignant le cadavre. Je l’avais ramené pour qu’on puisse le faire parler ! Il sera nettement moins bavard maintenant ! Et après tu m’as foncé dessus avec l’intention de me tuer ! » Il regarda les deux nains à tour de rôle. « Non mais sans déc’ faut arrêter de prendre vos trucs vous deux ! Et toi Salrakaï c’est pas une mort honorable que de clamser complètement fou !» L’intéressé répondit par un grommellement inintelligible.

Fardack et Engel revinrent. Le rôdeur avait des parchemins et des livres plein les bras. L’exploration de la salle sur la droite montra qu’il s’agissait de geôles, où un nain fatigué et hagard était retenu prisonnier. Le pauvre barbu ne répondit à aucune des questions qui lui furent posées. Il semblait incapable de parler, trop choqué sans doute parce qu’il avait pu vivre durant sa détention.

Engel leva enfin le mystère sur ses motivations.

«Je fais partie d’un réseau d’elfes, d’hommes et de nains dont l’objectif est la lutte contre les Puissances Obscures. La raison de ma présence ici est que j’ai été mandaté par l’elfe Teedlit pour enquêter sur Tallonne, un loup-garou. Il y a eu également ces derniers temps des actions de Nains du Chaos, d’Elfes Noirs et de disciples de Khorne. Nous craignons que tout ceci soit lié.
-Eh bin ! Voilà qu’est intéressant ! Si y a des grosses bestioles à buter t’as qu’à m’appeler, intervint le Tueur, visiblement intéressé par l’opportunité de trouver des ennemis de valeurs.
-Qui peut-on contacter pour en savoir plus ? demanda Zorckal.
-Il n’y a pas de chef, c’est un réseau récent et dont le commandement n’est pas centralisé. Mais en cas de besoin vous pouvez vous adressez à Krakdum « Barbe d’Or », il fait partie du réseau des tavernes des barbus et il est notre principal lien avec le Peuple de la Barbe, et sa taverne du « Gobelin Carbo » sert souvent de lieu de réunion et de décision. C’est pour ça que c’est l’une des rares tavernes naines à avoir autant de « clients » elfes.
-Et qu’est c’tu peux nous dire sur ce qu’il s’est passé ici ? s’enquit Salrakaï.
-J’aurais voulu en savoir plus mais malheureusement Mabel n’est plus en état de parler… Ce qu’il se tramait ici avait apparemment un lien avec Tallone. J’espère que l’étude de ses écrits nous en apprendra plus.
-Tu connais Gurlizek Hache de Sang ? demanda le crêteux.
-Non, qui est-ce ?
-C’est un pote nain, bien marrant, même s’il est un peu étrange. Il est parti aider les elfes en Athel Loren.
-Ah tiens, intéressant.
-Il tient une taverne à Wolfenbourg. Tu sais si elle fait parti des « tavernes des barbus » ?
-Je ne saurais le dire. J’ai surtout œuvré dans les environs de Nuln, je ne connais pas tout le réseau, loin de là.
-Au cas où sa taverne c’est le Fadakon, conclut le nain.

Fardack avait écouté la conversation d’une oreille circonspecte. Tout ça lui passait loin au-dessus de la tête.

Salrakaï examina ses haches et grogna. L’atelier sculpture improvisé n’avait pas eu le meilleur effet sur ses armes. Les deux présentaient des fissures sur quelques centimètres. Même si l’une était moins amochée que l’autre, un détour par une forge s’imposait pour les deux.

Une fouille permit des découvertes intéressantes. La bourse de Fardack et la boîte à amadou et la pierre à aiguiser de Zorckal furent retrouvées. Le Semi-Ogre mit également la main sur une bourse contenant deux couronnes, qu’il partagea avec le Tueur, ainsi qu’une épée dans son fourreau et un écu, tous deux estampillés d’un emblème représentant un bosquet d’arbre, et une armure de cuir clouté. Le grand prit l’épée et le bouclier, le petit prit l’armure, et ce pour une raison qu’il était le seul à connaître, car en plus du fait de refuser le port de quelque protection que ce soit, l’armure était adaptée à une morphologie humaine, et non à celle d’un nain. Le colosse demanda au rôdeur la permission de prendre quelques parchemins. « Mon oncle adoptif est peut-être susceptible de savoir quelque chose. C’est un grand sorcier après tout »

Avant de partir, Engel demanda une dernière chose. « Il serait préférable de ne pas ébruiter toute cette affaire. J’ai pu vous observer, j’ai vu votre valeur et j’ai confiance en vous. Même en Alentar, même s’il semble avoir perdu son sang-froid sur la fin. Et ne parlez pas des squelettes. » Tous acquiescèrent.

A la sortie de la mine Salrakaï reprit sa corde laissée accrochée au niveau du puits. Le rôdeur prit avec lui le nain toujours hagard. Les autres repartirent au village où ils furent accueillis en héros. Varl Beyer avait un peu grossis le trait sur ce qui s’était passé sous terre, ce qui expliquait en partie la liesse. Un grand banquet fut organisé en l’honneur des sauveurs. Fardack, la rancune enfin vengée et l’esprit apaisé, se lâcha complètement. Pour être allé au bout de l’aventure il fut mis en avant, ce qui provoqua la mauvaise humeur du chef de la milice, toujours honteux de s’être dérobé. Les aventuriers apprirent que des renforts allaient être dépêchés de Nuln pour finir le nettoyage, maintenant que le gros du travail avait été fait. Le Tueur quant à lui voulut finir ce qui avait été commencé la veille et provoqua Logazgrondella en duel au Pintathlon.

Et ce fut le trou noir quelques pintes plus tard.



Dernière édition par Bonoarpha le Lun 7 Nov 2011 - 6:11, édité 1 fois

18 Ca mine, ça mine! Partie 6 le Lun 23 Mai 2011 - 1:09

Bonoarpha

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Je suis les cernes sous les yeux de Salrakaï.

Le Tueur était en première ligne dans la galerie, comme à son habitude. Alentar marchait sur les talons de Logazgrondella. Un peu trop près sans doute car la naine, sentant une présence derrière elle, se retourna et décocha un coup de poing réflexe là où le Nippon avait reçu une tape amicale du crêteux deux jours plus tôt.

L’équipe arriva dans le deuxième dortoir, là d’où provenaient les bruits perçus par le jeune nain et là également où une galerie « ennemie » débouchait sur la mine, ouvrant le passage à l’invasion gobeline.

« On avait rebouché la galerie, avant que les grobis débarquent, expliqua Fardack. Y avait plus de minerai par là et on avait peur que des saloperies passent par là. J’aurais aimé qu’on se trompe… » Des gros blocs de roche étaient présents autour de l’ouverture «C’est pas des gobelins qu’ont bougé ça, continua le vieux nain. Doit y avoir des trucs plus gros par là. Comme c’était pas prévu dans le contrat que vous exploriez plus loin que la mine, je passe le salaire journalier à deux couronnes d’or si vous acceptez d’explorer c’te galerie. » Les mercenaires acceptèrent, contents de voir leur revenu augmenter mais également désireux de connaître le fin mot de cette histoire.

« Eh bien c’est toi qui doit être content Salrakaï ! enchaîna Zorckal. Y a sûrement des grosses bébêtes !
-Héhéhé t’as pas tort , répondit l’intéressé.

La galerie montait en pente raide, ce qui obligeait souvent à escalader. Le Tueur engagea une course avec Logazgrondella, et réussit à prendre l’avantage. Tous réussirent sans peine à monter, sauf Fardack. Son âge commençait à peser sur ses épaules, et le poids des souvenirs douloureux n’aidait sans doute pas. Il jura en khâzalid « C’est pas faux » commenta le jeune nain à crête, un brin amusé.

Une fois le tunnel redevenu plan, les deux jeunes nain prirent les devants. Chose inhabituelle Engel insista pour se placer en deuxième ligne, la présence des deux courts sur pattes devant lui ne l’empêchant nullement de décocher ses flèches. Pour une raison que lui seul semblait connaître il avait l’air plus intéressé que la veille de la suite des événements. Alentar prit place à ses côtés. Heinrich et Beyer vinrent ensuite, suivis de Fardack. Le Semi-Ogre fermait la marche.

Le couloir continua en ligne droite pendant quarante minutes de marche avant de déboucher sur un croisement en Y. L’équipe prit la voix de gauche. Deux minutes plus tard elle choisit d’aller tout droit à l’intersection suivante. Zorckal remarqua que des moisissures étaient enlevés à intervalles réguliers sur les murs. Fardack constata que l’humidité ambiante était plus intense que d’ordinaire dans des souterrains. Les choses devinrent intéressante quand la recrue Heineken entendit un bruit de crissement et aperçut des traces de terre sur le sol. C’est un peu plus loin sur la gauche que brillait une faible lueur. Les explorateurs pressèrent le pas, et entendirent un lourd claquement de porte, avant de se retrouver face à l’huis clos…

La porte semblait solide et de bonne facture. Quelque chose était écrit sur le loquet. Engel affirma qu’il ne s’agissait pas d’elfique (comment avait-il appris cette langue ? Le mystère restait entier). Fardack déclara qu’il ne s’agissait ni de khâzalid ni de reikspeil. Fidèle à lui-même, Salrakaï tenta d’enfoncer la porte… et ne réussit qu’à se faire mal à l’épaule. Il rechercha les gonds afin de les briser à coups de hache et ainsi tranquillement faire tomber la porte, mais ils étaient de toute évidence de l’autre côté et hors d’atteinte de ses coups rageurs. Alentar tenta un peu naïvement d’ouvrir la porte en actionnant le loquet. Il le tira, le poussa, mais rien ne se passa. Le Tueur entendit Fardack ricaner dans sa barbe puis déclarer:

« Là, t’actionnes pas le loquet, bonhomme.
-Bin si tu sais si bien comment ça marche t’as qu’à te ramener ! gronda le crêteux, peu satisfait de perdre du temps alors qu’un ennemi était de toute évidence proche d’eux et de l’autre côté de la porte.
-Haha! Des muscles mais pas de cerveaux ! railla le plus vieux des barbus tout en se dirigeant vers la porte.
-Bin moi je vais seul contre quatorze grobis, et vous vous êtes pas foutus d’enrayer un invasion de gobs à plusieurs mineurs, rétorqua le jeune nain.

Fardack s’arrêta et fixa l’insolent, le visage exprimant un mélange de douleur et de colère.

-Tu cherches la mort, eux ne la cherchaient pas. Sait tu ce que ça fait d’être le seul de ses compagnons à avoir survécu ? As-tu une idée de la douleur de vivre loin des siens qui sont partis après la fermeture de la mine ?

Le Tueur visiblement mal à l’aise était pourtant trop fier pour s’avouer vaincu.

-Si t’en as si marre de vivre, t’as qu’à te faire une crête.
Son aîné préféra ignorer la pique et se concentra sur la porte.
« En tout cas ce n’est pas une porte de facture naine »
Il actionna le loquet.
« La porte est fermée à clef»

Salrakaï
renifla dédaigneusement et se remit en position pour charger. Sauf que cette fois-ci Zockal, Logazgrondella et Alentar se joignirent à lui. Les deux nains devant, le gros ensuite et le bridé à l’arrière, la porte bougea sous le choc. Varl Beyer et Heinrich s’y mirent également. Deux tentatives plus tard un gond lâcha et la paroi trembla sous la puissance de l’assaut. « Allez les gars on y est presque ! » La suivante fut la bonne. La porte céda, s’abattant avec fracas. Le groupe se remit dans sa formation précédente, les jeunes nains devant, le Semi-Ogre derrière.

« Fais gaffe à ton cul Zorckal ! lança le Tueur. On risque de se faire prendre par derrière !
-Ca aurait été mieux si on avait pu fermer la porte derrière nous ! protesta le colosse. Comme ça pas de problème !
-Bin ça te fera de l’exercice mon gros ! »

Le couloir dans lequel ils avançaient été moins humide. Tous le deux ou trois mètres, à hauteur d’épaule d’homme, des chandeliers étaient accrochés aux murs. D’étranges gravures étaient également visibles sur le sol et les parois. Des ossements gisaient çà et là. Alentar entendit des bruits, de choses que l’on bouge , de grognement. Mais il fallait réellement tendre l’oreille, car en dehors de ça un silence pesant régnait.
« Soyez discrets, faîtes attention devant et derrière ! » chuchota Engel

L’ambiance était tendue, chacun pouvait entendre le battement de son cœur. Fardack avait ouvertement l’air paniqué. Les autres gérait assez bien leur stress, mais Salrakaï était franchement mal à l’aise. Il appelait la mort de tous ses vœux, mais le fait de ne pas savoir où et quel était le danger jouait sérieusement avec ses nerfs. Voyant son mal-être , Logazgrondella lui lança un encouragement bourru (le mieux qu’elle pouvait faire en matière de réconfort, en fait).

Zorckal chuchota quelque chose. Les gravures rappelait vaguement quelque chose au Semi-Ogre. Il leur trouva une ressemblance avec des têtes de loup. Peut-être l’endroit était il un lieu de sorcellerie en rapport avec des loups-garous ? La perspective de tomber sur de telles créatures remonta quelque peu le moral du Tueur.

L’équipe arriva dans une petite salle rectangulaire, de trois mètres sur dix. Le couloir débouchait par un des grands côtés. En son centre il y avait un autel, orienté perpendiculairement par rapport au sens de la longueur de la pièce. Une autre ouverture donnait sur un autre tunnel en face. Une statue représentant un humanoïde armé trônait dans chacun des quatre coins. Directement à gauche il s’agissait d’un nain, en face à gauche un halfling, tout de suite à droite un humain, et en face à droite… un elfe! Le nain à crête, désireux de se libérer de sa tension, chargea la statue à oreilles pointues, et lui coupa le bras tenant une flèche d’une coup de hache furieux. « Ah ! Ca va mieux ! » sourit le nain.

Un crâne étrange était posé sur l’autel. Zorckal se servit du bout de la hampe de sa hallebarde pour le faire tourner. Salrakaï, observant la manipulation, regarda dans les orbites de l’ossement et vit une fumée noire en sortir, et se diriger vers la statue de l’elfe. Alors qu’elle s’approchait, le Tueur sentit un froid intense lui parcourir l’échine, et la douleur de ses blessures récentes se réveilla. Voulant remettre le crâne en place pour rattraper son erreur, le Semi-Ogre ne réussit qu’à le faire basculer davantage. La fumée noire lui passant au-dessus de la crête, le jeune nain tenta de la frapper de son arme. Il fut malchanceux, car il ne réussit qu’à se planter la hache dans le pieds droit. La douleur du coup fut accentuée par l’influence de la fumée. Le colosse remit finalement la boîte crânienne en place, sans effet notable.

Zorckal chargea la statue de l’elfe qui s’en prenait à Fardack. Fort heureusement celle-ci avait perdu son bras qui tenait une flèche sous l’assaut du crêteux, et n’avait pas tout son potentiel offensif. La statue de l’humain s’était entre temps éveillée et avait pris Alentar pour cible. Celui-ci esquivait de ses cabrioles de ninja les coups lents de son adversaire minéral. Le Tueur décida d’intervenir et fut rejoint dans son effort par Logazgrondella. Les coups pleuvèrent sur leur adversaire qui ne semblait ni les ressentir ni en tenir compte. Sa cible nippone était tout ce qui l’intéressait. Le Nippon justement décocha un formidable coup de pied qui envoya le crâne maudit s’exploser contre le mur. Des vestiges de celui-là s’éleva encore une fois une noire purée de poix, qui alla tout droit vers les statues encore de marbre.

Le jaune en resta vert de déception. Il tenta une autre approche.

« Engel, passe-moi le médaillon !
-Les autres statues s’animent ! prévint Zorckal

Le rôdeur lança le pendentif au bridé, qui manqua la réception et dut aller le chercher. Varl Beyer, complètement terrorisé par cette manifestation surnaturelle, tremblait comme une feuille recroquevillé sur lui-même contre un mur.

« Débrouillez-vous pour que les statues se touchent entre elles ! avisa le Semi-Ogre.

Salrakaï, toujours dans le dos de l’humain de pierre et passablement irrité par le manque d’attention que la sculpture lui portait, porta un coup particulièrement violent qui réussit à l’ébrécher au niveau du tronc. Toujours insensible, la créature minérale se dirigeait inlassablement vers Alentar, qui esquiva son attaque, ramassa le médaillon et le replaça là où se trouvait originellement le crâne. Une tentative de plus sans effet aucun…

Le Tueur aperçut le « cadavre » décapité du halfling. La statue était creuse, et la fumée qu’elle contenait planait désormais au-dessus de l’autel. Le jeune barbu s’acharnait en vain à agrandir la fissure qu’il avait formé.

« Par les orbes de Valaya ! Mais ça veut pas se casser ce truc ! » Il eût alors une idée. « Logaz ! Croche-pieds ! cria t il à sa camarade
-Ok ! confirma-t-elle tout en avalant quelque chose.

Le crêteux s’avança et mit une de ses courtes jambes en travers du chemin de son adversaire. Dépourvue de conscience et fort peu agile, la statue se prit les pieds dans le membre court mais vigoureux de son ennemi et tomba face contre terre, se brisant nette au niveau de la fissure. Le nuage noir qui l’animait s’extirpa de la carcasse creuse et rejoint son collègue sous le plafond.

« Faut les faire tomber ! » hurla Salrakaï à la cantonade.

Joignant la parole aux actes, il fonça droit sur la statue du nain dans l’intention de la plaquer. La sculpture barbue était aux prises avec Zorckal qui devait également gérer la statue de l’oreille pointue. Le colosse était donc bien dans l’embarras. Le Tueur cependant marcha malencontreusement durant sa charge sur un morceau de pierre qui le déséquilibra. En lieu et place du nain minéral, c’est le Semi-Ogre qu’il plaqua, le propulsant violemment la tête la première contre le mur et l’étourdissant sous le choc. Le nain de pierre se dirigea vers lui. Pour le stopper Alentar voulut lui placer un coup de pieds derrière les genoux, mais le crêteux fut plus rapide et, toujours allongé sur le sol, il réussit une balayette qui fit basculer la statue… en plein sur le géant malheureux. Le temps que Salrakaï se relève, la tête en sang, la sculpture commençait déjà à étrangler Zorckal. Voyant qu’il était temps d’arrêter de faire dans la demi-mesure, il décida qu’il était l’heure de tester l’herbe tonifiante de l’herboriste. Il en prit une feuille. Aussitôt il se sentit envahi d’une grande force et oublia la douleur de ses blessures. Il sauta vers la statue pour la fendre de ses deux haches. Mais il ne contrôlait pas encore sa nouvelle force. Il mit trop d’entrain sans son saut et chut sur la statue, lui donnant par la même occasion un coup de boule bien involontaire. Sa manoeuvre infructueuse eût cependant le mérite de faire lâcher prise au nain de pierre et de l’éloigner sans ménagement du Semi-Ogre. Le Nippon tenta un saut acrobatique pour faire manger sa semelle à la statue mais se rata. Trop concentré sur son action le Tueur n’avait pas remarquer les cris de furie que lancer la naine qui ferraillait avec la statue manchot de l’elfe. Elle était sans doute une fois de plus sous l’effet de champignons de Fanatiques, car elle trancha sans effort apparent la tête de pierre de l’oreille pointue qui vola à travers la pièce… et atterrit sur le crâne du crêteux. De la fumée noire s’extraya de la sculpture et grossit le nuage déjà présent au-dessus de l’autel. C’est ce moment que choisit Zorckal pour reprendre ses esprits. Réalisant la situation alentour, il saisit sa hallebarde. C’est avec un bel ensemble que le Semi-Ogre, Logazgrondella, Alentar et Salrakaï portèrent leur coup sur le nain minéral. Le colosse frappa les jambes, la naine le dos, le Nippon décocha un coup de pieds sauté dans la nuque et le Tueur fit une balayette. La dernière statue debout fut jetée à bas et s’éclata au sol. Encore une fois une fumée noire sortit et monta au plafond. Là, le nuage entier prit la poudre d’escampette par le couloir que l’équipe n’avait pas encore exploré.

La tension du combat retombée, le bridé lança à Zorckal « Alors bien dormi mon petit ? »

La recrue Heineken n’était pas en forme. Il était assis contre le mur et saignait au niveau du crâne et avait une dent de cassée. Le Semi-Ogre, dont la générosité n’avait d’égale que son appétit, tenta de lui prodiguer les premiers soins. Hélas il commit une mauvaise manipulation et ses gros doigts écrabouillèrent comme une tomate cerise trop mûre un des yeux du pauvre jeune homme. Ses cris emplirent la salle alors qu’il se tenait l’orbite dégoulinante, tremblant comme une feuille.

Salrakaï eut le cœur brisé. Il se reconnut dans ce garçon. Un âge peu avancé, l’avenir devant soi, et la vie soudainement brisée par un grand malheur… Il trouvait d’autant plus injuste la tournure des événements qu’Heinrich, dans la naïveté et la fougue de la jeunesse, avait agit pour aider les siens. Il s’approcha et lui fit boire la potion qu’il avait acheté la veille à l’herboriste. Les tremblements du jeune homme se calmèrent et ses cris se turent, mais le mal était fait. Il était borgne désormais.

« Tiens petit, voilà dix couronnes pour que t’ailles trouver un sorcier ou un prêtre pour te faire regonfler l’œil.
-Merci. J’espère ne pas vous gêner. Vous pouvez me laisser ici si vous voulez, je ne serez qu’un poids de toute façon désormais…
-Arrête tes conneries, c’est moi qui suis venu pour crever.
-Ce serait plus qu’honorable pour moi de mourir. Je suis venu pour protéger mon village, et désormais je ne suis plus en état d’accomplir ma mission…
-Mais tais-toi un peu, rabroua le Tueur d’un air faussement en colère. Quelqu’un va te ramener au village.

Logazgrondella, sous l’effet des champignons, avait réduit à l’état de sable toutes les statues. Varl Beyer quant à lui venait juste de reprendre ses esprits.

« Je pars, j’en ai assez vu, dit le chef de la milice, le visage livide. Je double la solde journalière si vous continuez. Et gardez sous silence mon… passage à vide »

Tous acquiescèrent. Beyer partit donc en reprenant Heinrich. « J’enverrai un messager à Nuln pour que des renforts soient envoyés» conclut avant de sortir.

« Bon. Et maintenant ? commença Salrakaï. Personnellement je serais d’avis qu’on reparte en arrière. Marre des trucs en pierre, ça se casse pas bien. C’est plus sympa de taper dans des ennemis de chair et d’os, ça se tranche mieux. »

Après une discussion assez longue, les autres réussirent à convaincre le Tueur.

« Il faut suivre la fumée, c’est sans doute par là qu’est la source de ce pouvoir. Et que l’on déterminera le pourquoi du comment de cette histoire » conclut Engel, de toute évidence décidé à tirer cette affaire au clair.

La naine, enfin sortit de sa transe, fit part de sa pensée.
« Tout ça m’interpelle, quand même. Mais c’est marrant, on voit des trucs qu’on voit pas tous les jours. J’vous suis »

La compagnie désormais réduite à six membres s’engagea dans le couloir encore inexploré. Mise à part l’absence de Varl et Heinrich, la formation restait la même. Ils arrivèrent dans une salle beaucoup plus grande que la précédente.

Rectangulaire, elle abritait dans chaque coin un tas d’ossements et des armes, en plus des mêmes statues que dans la salle précédente. Une porte était visible en face, une autre sur la droite. Mais l’élément le plus impressionnant était la statue qui trônait au centre. Mesurant environ trois mètres, elle représentait une étrange créature humanoïde, avec le buste dénudé et la tête d’une très belle femme, des pattes d’oiseaux, des cornes et deux ailes de chauve-souris qui sortaient de ses omoplates. De chaque côté il y avait un autel où était étendu un squelette.

L’équipe rentra prudemment. Aussitôt et dans chaque coin, un squelette s’anima à partir du tas d’ossement, se leva et s’arma, avant de se tourner vers les aventuriers. Devant cette vision surnaturelle Alentar fut figé d’effroi. Salrakaï, pas impressionné pour si peu, courut vers le squelette de gauche.

« Fardack ! Aide le à reprendre ses esprits ! » éructa le crêteux.

Zorckal lui emboita le pas, son imposante stature et le sang d’ogre qui coulait dans ses veines le rendant insensible à la peur provoquée par ces morts-vivants qui n’avaient même pas la peau sur les os. Le Semi-Ogre rattrapa sans peine son coéquipier court sur patte. Ils arrivèrent en même temps sur le squelette et frappèrent de concert. Les sens rompus au combat du Tueur lui apprirent que son grand compagnon avait été le plus rapide et que c’est lui qui renvoya le mort dans sa tombe. Il grogna de mécontentement à l’idée qu’on lui avait « volé » un ennemi.

« Bon maintenant il faut casser les ossements avant qu’ils ne s’animent » dit le nain au colosse.

Le grand bonhomme n’accorda pas d’importance à ce conseil, préférant charger le squelette d’en face. Le jeune barbu grommela, maudissant tous ces « grands cons sans cervelle », et s’attela au brisage d’os.

La bataille tournait à l’avantage des vivants. Alentar reprit ses esprits et brisa un squelette sur la droite, Zorckal s’occupa de son ennemi avec l’aide de Logazgrondella, Engel d’un autre.

La fumée noire apparut depuis le couloir d’en face, se mettant à tournoyer autour de la statue centrale. Le rôdeur partit par la sortie de droite.

Les squelettes sur les autels s’animèrent. Salrakaï voulut saisir sa chance et détruire celui de gauche, mais ses courtes jambes ne lui permirent pas d’arriver avant le bridé et le colosse à la hallebarde qui firent un massacre. Faute de pouvoir attaquer les ennemis présents, il se sentit soudainement une âme d’artiste et décida de poursuivre dans la prévention en « sculptant » à sa manière la grande statue, sentant par intuition qu’elle n’allait plus rester de marbre très longtemps. Il commença à tailler à coup de hache la cheville de pierre de la créature hybride. Durant son travail de sculpture improvisé il entendit le cri de triomphe de Fardack, bien content d’avoir vaincu son squelette.

Alors que l’articulation minérale allait presque disparaître complètement, la fumée noire enveloppa la statue telle une seconde peau. Le Tueur ressentit une grande sensation de froid, à cause de laquelle il dut reculer. Son expression changea, devant étrangement vide. Il s’avança le bras ballant vers le couloir d’en face.

« Salrakaï ? Ohoh ! Salrakaï ! Ca va ? » interrogea Zorckal.

Voyant le manque de réaction et le regard vide de son compagnon, le Semi-Ogre choisit de prendre le problème à bras le corps… au sens premier du terme. Il attrapa le nain et le souleva alors qu’il était à mi-chemin entre la statue et la sortie. Au bout de quelques secondes, le Tueur reprit ses esprits.

« Hein ? Quoi ? Mais ! Par la barbe de Grimnir, qu’est c’tu fous Zorckal ? » cria-t-il quand il réalisa où il était. Il se dégagea prestement de l’étreinte du colosse.
« Tu avançais comme un zombie vers la porte, j’ai dû t’arrêter. Je suis sûr que c’est à cause de cette foutue fumée sur la statue. Je vais régler ça ! »

Le Semi-Ogre se recula, puis chargea. Son objectif était de renverser la statue avec l’inertie de sa grande carcasse lancée à pleine vitesse. Arrivé à quelques pieds, il se pétrifia, puis dut reculer.

A ce moment précis, un rire malsain, aigu et grinçant se fit entendre dans le couloir d’où était sortie la fumée.

L’épilogue de cette histoire approchait.



Dernière édition par Bonoarpha le Lun 7 Nov 2011 - 6:11, édité 1 fois

19 Ca mine, ça mine! Partie 5 le Jeu 12 Mai 2011 - 3:56

Bonoarpha

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Salrakaï écoutait les autres raconter ce qui leur était arrivé pendant son absence.

Mabel et Alentar qui s’était réveillé avaient rejoint Engel à l’intersection où le Tueur et lui s’était séparé, puis étaient partis explorer la galerie sur la gauche. Quand Zorckal et Logazgrondella eurent fini de nettoyer la salle de droite qui semblait être une écurie à squigs, ils s’étaient dirigés avec Fardak et Varl Beyer vers l’endroit où était situé le rôdeur. Une fois rejoint par ses compagnons celui-ci était parti avec le Semi-Ogre et le vieux nain vers le couloir de devant. Le Nippon avait déboulé peu de temps après et rejoint Zorckal et les autres, profitant de l’occasion pour donner de drôle de champignons à la naine. Entendant le tumulte créé par le jeune nain à crête, celle-ci avait foncé vers le lieu du combat, suivie du chef de la milice. Fardack et les trois autres avaient du combattre quelques gobelins et surtout un chaman orque qui étaient apparemment à la tête des peaux-vertes.

« J’ai pensé que ça pouvait déstabiliser les gobelins de leur montrer la tête de leur chef, commenta le Semi-Ogre
- Pas bête, dit Salrakaï, mais au final je pense pas que ça a été utile. Au début les grobis semblaient avoir un peu plus de discipline et d’organisation que d’habitude, mais à un moment ils sont complètement partis en vrille. D’vaient être contrôlés par le chaman à coup de magie. »

« En tout cas ça explique le gobage d’œil que nous a fait la furie rousse, pensa le Tueur. Elle a du bouffé une de ces saloperies de champis que prennent les fanatiques. Ca rend complètement barge ces trucs. »

Mabel brillait par son absence. Il avait apparemment pris la poudre d’escampette après avoir dérobé quelques objets à ses compagnons.

Une carte de la mine avait été trouvée dans les affaires du chaman. L’équipe se trouvait actuellement dans la salle commune. Une pépite d’or ainsi qu’une hache figuraient également dans le butin des dégobeliniseurs. Fardack avait pris la pépite car elle provenait de la mine et donc appartenait à la ville, mais il assura que les mercenaires allaient également en profiter indirectement, par paiement en nature. Ne sachant trop que faire de la hache, elle fut confiée à Alentar pour être remise plus tard à Krakdum Barbe d’or.

Fardack finit par le récit de l’invasion de la mine par les gobelins, la larme à l’œil au souvenirs de ces moments douloureux. Alors que lui et ses collègues mineurs travaillaient dans les galeries, ils furent surpris par les peaux-vertes. Il fut le seul survivant. La mine fut alors abandonnée et scellée.

Il fallut décider de la suite des événements. Tout les combattants étant plus ou moins amochés, le mieux était de reprendre des forces au village avant de repartir explorer la mine le lendemain. Zorckal proposa de boucher l’entrée de la salle commune afin de ne pas avoir à recommencer le nettoyage depuis le début. L’idée fut acceptée. Ayant des bonnes idées mais pas le courage pour les mettre en application le Semi-Ogre partit explorer les environs avec Alentar et Engel pendant que les trois nains se mettaient au travail. L’idée était de faire s’effondrer la paroi.

Fardack étant le seul à disposer d’une pioche, ce fut lui qui extrayait les pierre que les deux autres mettait en position. Logazgrondella était de toute évidence encore sous l’influence des champignons stupidogènes, car bien qu’elle faisait preuve d’une grande force son manque de coordination rendait ses efforts proprement improductifs. Varl Beyer quant à lui partit à l’entrée de la mine pour recruter d’autres paires de bras et envoyer quelqu’un porter les bonnes nouvelles de l’avancée de la dégobelinisation à Dotternbach.

Zorckal allait de plus en plus mal. Son bras blessé s’infectait et le faisait souffrir autant qu’il amenuisait ses forces. Salrakaï lui tendit une bouteille.

« Euh… Merci, mais c’est quoi ?
-Une bouteille de liqueur désinfectante, répondit le Tueur. On me l’a filée quand je dégobelinisais une autre mine, sur les versants des Montagnes du Bord du Monde. Mais ça sur ton bras et t’iras mieux. Par contre je préfère te prévenir, ça pique un peu. »

Le colosse prit la bouteille et partit vers l’entrée, persuadé qu’un peu d’air frais lui ferait du bien.

Logazgrondella –après avoir vidé le contenu de son estomac- reprenait peu à peu ses esprits , et Varl revint avec deux de ses hommes pour aider les nains dans leur besogne. Le travail de rebouchage de la galerie connut donc une accélération notable.

Un cri affreux et inhumain venant de l’entrée retentit dans toute la mine. Reconnaissant la voix, Salrakaï ria de bon cœur « Ah bin ça ! Je l’avais prévenu que ça piquait un peu ! » pouffa-t-il devant ses équipiers médusés et incrédules.

En moins de deux heures l’ouverture donnant sur la salle commune était bouchée. L’équipe prit le chemin du retour. Zorckal était assis dehors, le teint pâle et se tenant le bras. « Alors ça pique ? » lui demanda le Tueur, un brin moqueur. Le nain lui prit la bouteille et la secoua. Il devait en restait l’équivalent d’une gorgée.

« Me demande quel goût ça a.
-Tu devrais pas boire ça, avisa le Semi-Ogre.
-Y a aucun alcool qu’un Tueur puisse pas boire, rétorqua Salrakaï.

Sur quoi il descendit le contenu de la bouteille cul sec… avant de virer au grenat et de tousser. Logazgrondella en profita pour chambrer le crêteux. Le traitement, bien que douloureux, avait dû être efficace, car Zorckal vint à la rescousse de son bienfaiteur.

« En tout cas ça doit avoir meilleur goût que l’œil d’un chaman orque bourré aux champis ! »

La pique mit la naine mal à l’aise et lui ferma le clapet. Le Tueur, qui venait d’éprouver lui-même l’ « efficacité » de la liqueur, cessa de se moquer de son grand compagnon.

Les dégoliniseurs arrivèrent en fin d’après-midi et furent accueillis en héros. Varl Beyer marchait en tête avec la tête du chamane orque planté au bout d’une pique. Cependant la liesse était un peu refroidie, car une dizaines de gobelin était apparue au puit d’aération et avait tué les gardes présents.

Zorckal et Salrakaï allèrent chez l’herboriste Helmut Steiner, où il furent soignés presque totalement aux frais du village. Le Tueur, blessé un peu partout, fut recouvert de pommades diverses par l’humain et but différentes concoctions. Il s’en trouva vite ragaillardi. Très satisfait du service, il acheta une potion de soin et offrit un pourboire d’une couronne d’or à l’herboriste. Fort content, celui-ci donna discrètement une blague à tabac à son généreux client « Ce sont des herbes tonifiantes. Si t’as un coup de mou, mâche ça et tu déborderas de vitalité et de force ! »

Les deux compères repartirent ensuite vers l’auberge. Sur la route Salrakaï entendit violemment gargouiller le ventre du Semi-Ogre qui partit en courant la bave aux lèvres. Incapable de le suivre avec ses petites jambes, le Tueur le rejoignit ainsi que le reste de la compagnie à l’auberge.

Zorckal avait fait péter son tonnelet de bière. Bien que bien entamé, il en restait encore quand le crêteux arriva. Celui-ci vit son grand pote accoudé au comptoir, dévorant un jambon tout en questionnant l’aubergiste sur Mabel avec Alentar. Le brouhaha des conversations alentour apprit au nain que la garde avait été renforcée, particulièrement au niveau du puit d’aération. C’est alors que Logazgrondella le défia au Pintathlon.

Et l’emporta par forfait. A la septième malheureuse pinte, Salrakaï ne se sentit pas bien. L’alcool et le face à face avec la naine à la crinière de feu fit remontait à la surface des souvenirs douloureux. Son coeur se serra, ses entrailles se remplirent de plomb. Désireux de ne pas plonger davantage dans la déprime, le Tueur décida d’aller prendre l’air et d’aller là où une mort glorieuse était le plus susceptible d’aller le prendre durant la nuit. Il sortit de l’auberge sous le regard incrédule et un peu dépité de Logazgrondella qui était visiblement déçue d’avoir perdu son compagnon de jeu d’alcool.

Le crêteux demanda à un villageois où se trouvait le puits d’aération. Content de voir un mercenaire engagé avec l’argent du village si consciencieux dans son travail, le passant ravi lui indiqua le chemin, qui passait derrière une colline proche. Au bout d’un vingtaine de minute le nain arriva à destination alors que le soleil disparaissait à l’horizon. Alors qu’il approchait du puits il vit deux silhouettes.

« Qui va là ? héla un des gardes.
-Le Tueur mercenaire, grommela l’intéressé.
-Ah, d’accord.

Salrakaï se posa à côté de l’ouverture, broyant toujours du noir.

« Vous buvez un coup, maître nain ?
-Nan merci, répondit le barbu. Je déprime bien assez comme ça, rajouta-t-il pour lui-même.

Un bruit sourd au niveau de son ventre lui rappela une dure réalité « Et merde ! Avec toutes ces conneries j’ai oublié de béqueter ! Quel con ! »

« Dites les mecs, vous auriez pas un truc à grailler par hasard ?
-Non, désolé.

La faim tenaillante le déprimait encore plus. Il fallait qu’il trouve à manger. Il réfléchit aux options qui s’offraient à lui «Je sais pas chasser. Je peux pas retourner à l’auberge, y l’aut’fille… Bon bin il me reste la mine. Puisque les grobis ont volé de la nourriture à l’aubergiste il en reste peut-être dans les galeries. Et puis je trouverai sans doute des ennemis à castagner. Et au moins ça m’éloignera d’elle… » Sur ce et sous les yeux perplexes des deux gardes il attacha l’extrémité de sa corde en haut du puit et descendit. « J’vais me chercher à bouffer les mecs. Z’inquiétez-vous pas pour moi. A toute.»

Une fois au sol il alluma sa lanterne. Il était descendu dans une salle comportant des couchettes, des armes, des coffres, des vestes noires à capuchons, bref tout l’attirail des grobis de la nuit. Il se rapprocha du puits et cria « Eh là haut ! Faut que l’un de vous aille au village dire que le puits d’aération débouche sur un des dortoirs des gobelins ! Celui qui reste y faut pas qu’il s’inquiète. Avant d’arriver à lui les grobis devront me passer dessus héhéhé ! »

Salrakaï avança dans le dortoir et entra dans une galerie. Il avait bien regardé la carte que Zorckal avait montré le matin mais il ne s’en souvenait pas clairement, ce qui l’empêcha de déterminer dans quelle partie de la mine il se trouvait. Mais la faim justifiant les moyens, il continua dans l’espoir de trouver le garde-manger des peaux-vertes. Il déboucha sur une grande salle jonché de cadavres de gobelins décapités. Sa mémoire lui revint, c’était là qu’il avait livré son combat seul contre quatorze –enfin avant que les renforts n’arrivent et lui volent sa destinée. Il était donc dans la salle commune. Il voyait l’entrée qu’il avait obstruée
« Bonne nouvelle, c’est toujours bouché »

Il eut l’intuition certaine qu’il lui fallait aller dans la première galerie à gauche en venant du dortoir (sans doute son inconscient qui avait détecté une odeur de nourriture ou s’était souvenu de l’emplacement de la réserve sans en avertir directement le nain). Il marcha donc, et déboucha effectivement sur la réserve. La pièce contenait diverses caisses, des bouts de viandes et des oiseaux pendaient au bout de crochet. Le Tueur s’attaqua aux oiseaux, peu désireux qu’il était d’ingurgiter par inadvertance de la chair naine, humaine, voire pire encore. Il trouva également du pain rassis. Ce repas au goût douteux l’aurait sûrement rebuté en temps normal, mais son estomac criait famine et se montra par conséquent beaucoup plus tolérant qu’à l’accoutumé. Sa faim apaisée, il regarda un peu autour de lui. Des traces d’activité récentes étaient visibles. Il repartit sur ses pas.

Dans la galerie entre la réserve et la salle commune il aperçut la lumière vacillante d’une lanterne qui oscillait au bout d’un bras… vert. Trois grobis étaient en approche. Salrakaï chargea. Le porte lanterne tint deux secondes. Le nain sauta, furieux, frappant chaque gobelin restant d’une de ses armes. La hache gauche frappa et tua, mais celle de droite manqua sa cible. Le dernier survivant vert planta son arme dans le Tueur, mais parvint à peine à égratigner son adversaire, ce qui fit exploser de rire le barbu. Celui-ci se retourna vers son dernier ennemi debout et attaqua des deux bras. Il ne parvint qu’à le blesser, mais décida qu’il était l’heure de s’amuser un peu. Il tenta une première fois d’agripper son vis-à-vis mais se rata. La contre-attaque du petit peau-verte fut aussi peu concluante. Le crêteux agrippa finalement le grobis, le saisit par la tête et lui écrasa le crâne contre la paroi. Un bruit sinistre de craquement lui appris que le combat était fini. Salrakaï coupa la tête de ses ennemis vaincus et repartit.

De passage dans la salle commune il inspecta de plus près le travail qu’il avait fait le matin avec les deux autres nains. L’ouverture était toujours proprement bouchée. De retour dans le dortoir il tenta de remonter le puits avec sa corde mais tomba les fesses sur le sol. La deuxième tentative s’avéra être la bonne.

Une fois dehors il parla aux gardes :
« Alors comment ça s’est passé pendant mon absence ?
-Le village a été attaqué, commença le garde qui était allé au village. Une fillette a disparu. On a retrouvé son pieds, avec des traces de dents dessus… Il n’y a plus beaucoup d’espoir pour elle…
-Fichtre et foutre ! C’est quand je suis pas là qu’il y a le plus d’action ! jura le nain
-Doit-on rester, maître nain ? demanda l’autre garde, l’air préoccupé
-J’pense pas que ce soit nécessaire. J’ai vu personne en dessous à part trois gobs et v’la ce qu’il en reste, dit le Tueur en montrant distraitement les trois têtes fraîchement moissonnées. C’est mieux que tout le monde reste au village cette nuit. Allez en route, dit-il au moment où il fut pris d’un violent mal de ventre. Il dût aller se soulager derrière des fourrés. La gastronomie peau-verte ne lui réussissait apparemment pas.

Après un retour ponctué de gargouillements inquiétants au niveau du ventre, le barbu au teint nauséeux arriva à l’auberge. Son état précaire lui fit faire beaucoup de bruits, car son mal mettait à mal son équilibre et il renversa plusieurs chaises et tabourets. Ceci réveilla la moitié de l’auberge qui, rendue nerveuse par l’attaque précédente, déboula dans la salle. Dans l’assemblée était présent Fardack, Alentar et Zorckal.

« Ah ! Fardack ! Tu tombes bien ! Je suis allé faire un tour dans la mine et regarde un peu ce que j’y ai trouvé ! » dit-il en posant les têtes de gobelins sur une table. Il embraya sur le récit de son périple souterrain « En fait j’avais faim et j’avais la flemme de repartir au village, donc je suis descendu dans la mine. Le puits d’aération débouche sur un dortoir de grobis. Je suis allé dans la salle commune et la galerie est toujours bouchée. Demain matin on a qu’à passer par le puits, ça nous fera gagner du temps, on sera pas obligé d’enlever les cailloux qu’on a mis hier. Bon et j’pourrais avoir de la soupe et une bière s’iouplaît ? J’ai mangé dans la réserve des grobis et ça m’est resté sur l’estomac … » Après quoi les clients de l’auberge repartirent se coucher, encore éberlués du récit du Tueur. Salrakaï prit à part Alentar et Zorckal pour leur raconter ses exploits.

« Z’auriez dû voir ça les gars, dit-il tout en se restaurant. Comment je lui ai pris la tête au grobis ! Quand j’lui ai claqué la tronche contre le mur ça a fait un gros crak ! » C’est ce moment précis que le ventre du nain choisit pour protester en gargouillant bruyamment, forçant le reste du corps à se précipiter vers les lieux d’aisance. Après cela tout le monde pris un repos bien mérité, car tous avaient été éprouvés, que ce soit par une ballade souterraine ou par une attaque nocturne.

Et le lendemain matin ils étaient loin d’être frais. Au petit déjeuner, l’équipe fut rejointe par un jeune milicien nommé Heinrich Heineken, un combattant sans grande expérience mais qui compensait cette lacune par une grande motivation à l’idée d’aider son village. Une question se posa : Zorckal réussirait-il à passer par le puits ? Une fois les dégobeliniseurs arrivés devant le puits, Alentar descendit en premier et sans problème. Vint le tour du Semi-Ogre. Comme on pouvait s’y attendre, il bloqua. Le Nippon dût le tirer par en dessous pour qu’il arrive en bas. Le Tueur eût la bonne idée de descendre juste après, car il ne maîtrisa pas sa descente et tomba… sur Zorckal. Une fois que tous furent descendus, il se posta à l’entrée de la galerie menant à la salle commune. Les autres décidèrent de fouiller le dortoir sauf Logazgrondella, qui à la place vint parler à son jeune et suicidaire congénère.

« Mais qu’est-ce t’as foutu hier soir ? Les autres m’ont que t’es descendu dans la mine et que t’as cassé du grobis » Salrakaï raconta son aventure « Pourquoi t’y es allé seul ? renchérit la nain. T’aurais pu appelé tes potes !
-Ah bin ça ! Dormir ou pourrir, il faut choisir ! » rétorqua le nain.
La furie rousse continua à bougonner. Evidemment le crêteux n’aurait pas avouer sous la torture que c’était pour l’éviter qu’il était descendu dans la mine. Ce fouillis d’émotions s’ajouta au fouillis qui régnait toujours dans on ventre. Aussi le Tueur eût juste le temps de se tourner pour vomir. La nouvelle recrue Heineken eût donc droit à des éclaboussures de vomis sur ses chaussures comme cadeau de bienvenue.

Arrivés dans la salle commune, Zorckal et Alentar allèrent fouiller la réserve. Ce fut quand ils revinrent auprès des autres que Salrakaï entendit un bruit qui venait du dortoir d’en face, celui qui menait aux galeries encore inexplorées…



Dernière édition par Bonoarpha le Mar 22 Mai 2012 - 22:00, édité 2 fois

20 Ca mine, ça mine! Partie 4 le Mar 19 Avr 2011 - 4:31

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Salrakaï était content de lui.

A peine Alentar avait il entendu des bruits de dialogues tenus dans un langage guttural par des voix aigrelettes que Logazgrondella était déjà partie vers la galerie de droite. Zorckal l'avait suivi. Salrakaï, qui trouvait que donner un bon gros coup de poing dans le ventre n'était pas assez pour se venger d'une moquerie, avait profité de ce moment de flottement pour hacher menu le squig sur lequel le Nippon était monté. Ce dernier se retrouva au sol les quatre fers en l'air. Satisfait, le Tueur pouvait passer à la suite.

Quoi qu'avaient pu faire le Semi-Ogre et la naine ça avait été efficace, car deux squigs ne tardèrent pas à arriver tout bondissant de la galerie où étaient partis les deux coéquipiers. Alentar tenta de nouveau de sauter sur une des bestioles rondes pour la monter et la maîtriser. Il échoua si bien qu'il tomba violemment par terre et perdit connaissance sous la force du choc. La créatures orangées commença aussitôt à lui mâchouiller un pieds. Fardak s'avança et blessa le monstre, qui fut achevé par Salrakaï.

-Réveille-le, lança le crêteux au vieux nain, et à coups de baffes s'il le faut!

Puis il se tourna et se dirigea vers le squig restant et lui porta un coup. Celui-ci rebondit sur la paroi et se jeta la gueule grande ouverte vers le Tueur, qui bloqua la créature d'une hache et abattit l'autre sur ce qui devait être la tête de la bestiole.

Débarrassé de son opposant, Salrakaï regarda aux alentours et vit Engel qui avançait dans la galerie de gauche. Ce dernier fit signe au nain de le rejoindre. Arrivé à son niveau le Tueur vit une autre intersection qui avait vaguement la forme d'un T.

-Qu'est c't'as repéré Engel?

Le rôdeur lui demanda de le suivre dans la galerie de gauche, mais le crêteux entendit des grognements dans la galerie de droite.

-Va par là si ça te chante humain, moi j'ai pas envie d'avoir des ennemis dans mon dos, et encore moins de les laisser vivre.

Sur quoi il partit vers la droite. Et il ne fut pas mécontent de son choix.

Il déboucha sur une grande et haute caverne, dans laquelle quatorze gobelins l'attendaient de pieds ferme. Les trois plus proches étaient des fanatiques dont les boulets tourbillonnaient au bout d'une chaîne. Enfin du sérieux, se dit Salrakaï, un sourire féroce aux lèvres. Un frisson d'excitation lui parcourra l'échine. Ca valait le coup de venir finalement.

Le Tueur chargea un fanatique. Arrivé à proximité il dut sauter pour esquiver le boulet du grobis. Il évita la masse de métal noire mais se prit les pieds dans la chaîne. Il tomba face contre terre. Pendant sa chute il perdit ses haches qui volèrent hors de portée. Il se retrouva allongé et désarmé, une bande de gobelins surexcitée de saigner une proie facile prête à lui offrir sa destinée. "Si tu crois que tu vas m'avoir si facilement", dit-il en pensée. Toujours au sol, il tenta une balayette qui déséquilibra le fanatique, mais pas suffisamment pour empêcher l'arme du peau-verte dérangé de l'atteindre douloureusement au bras droit la seconde suivante. Salrakaï grogna sous la violence du choc.

Il vit du coin de l'oeil sur sa droite un éclair roux foncer droit sur un autre fanatique. "Par Grimnir mais c'est quoi cette empêcheuse de trouver sa destinée en rond?" Enervé par cette intervention aussi inattendue que non désirée (ou bien était-ce la volonté de ne pas passer pour un incapable devant la naine?) le Tueur fut envahit d'une rage nouvelle. Quand le boulet revint vers lui, il leva une main et saisit fermement la chaîne. La surprise de son adversaire laissa le temps au crêteux de se relever. Il tira de toute ses forces sur la chaîne, ce qui rapprocha le grobis, puis il renvoya la petite vermine verte d'où elle venait d'un puissant coup de poing. Le fanatique lâcha son arme.

Un rapide coup d'oeil aux alentours apprit à Salrakaï que Logazgrondella en avait fini avec son opposant, que Varl Beyer était arrivé également et qu'il longeait la paroi par le côté gauche, mais surtout que le troisième fanatique approchait de lui en faisant tourbillonner son boulet. "C'qu'un grobis peut faire, un nain peut le faire en mieux!" pensa le Tueur. Liant l'action à la parole, il essaya de transmettre à son arme nouvellement acquise un mouvement de révolution. L'abus de champignon devait sans doute aider les gobelins, car Salrakaï ne fit pas beaucoup mieux que de s'empêtrer dans la chaîne. Le côté conservateur et pragmatique de sa race prit alors le dessus, et il attaqua ses ennemis en utilisant une technique plusieurs fois millénaire et éprouvée depuis des temps immémoriaux, c'est-à-dire à coup de poing. Il enfonça son imposante paluche refermée dans le ventre de son vis-à-vis désarmé. Celui-ci mourut sur le coup en vomissant ses entrailles au visage du nain. Restait le dernier fanatique.

Lassé de combattre sans armes, le crêteux lança à ses compagnons présents dans la salle

"Mais balancez moi mes haches bordel!
-Y en a une à ta droite, gros nigaud!"
lui rétorqua sans douceur Logazgrondella.

Le Tueur se baissa et ramassa son outil de mort, puis il tenta de trancher son ennemi mais ne réussit pas à l'atteindre. Le grobis riposta, son boulet prenant la direction du crâne du barbu. Compte tenu des blessures qu'il avait déjà subit, l'arme portait une sentence de mort. Mais ce n'était pas le destin de Salrakaï que de mourir à ce moment là, car il dévia le coup in extremis et profita de l'ouverture pour enfoncer sa hache dans le torse du gobelin. Il profita du répit pour évaluer la situation.

C'était la panique dans les rangs des peux-vertes. Eux qui avaient semblé étrangement calmes et disciplinés couraient à présent dans le désordre le plus complet pour sauver leur peau. Les pertes infligées par les trois dégobeliniseurs ne semblaient pas pouvoir expliquer totalement ce revirement de situation. Il restait seulement trois avortons décidés à se battre.

-Hé! Attrape ça! cria Logazgrondella au crêteux en lui lançant sa hache manquante.

Celui-ci ne réussit pas à l'attraper au vol et dut aller la ramasser un peu plus loin. Quand il se redressa il vit le dernier archer décocher une flèche qui partit dans sa direction. Le temps ralentit.

Salrakaï sentit une atroce douleur au niveau de son tatouage, comme si son épaule avait été prise dans un étau. Les motifs bleus tracés sur sa peau s'illuminèrent et la flèche fut déviée. Mais ce ne fut pas tout. Le dessin s'étendit pour atteindre le cou et le coude gauche du nain. Le dernier gobelin présent et vivant -et trop stupide ou inconscient pour comprendre qu'il aurait fallu fuir- s'approcha du Tueur arme au poing, ce qui sortit celui-ci de son abasourdissement devant le phénomène étrange.

"Celui-là laissez-le moi!"

Le barbu s'avança et frappa de ses deux haches en hurlant, coupant le gobelin en trois morceaux. Le combat était fini. Enfin pour le moment.

Quelques instants plus tard les autres membres de l'équipe arrivèrent dans la salle. Zorckal brandit fièrement une tête d'orque sous le nez de Logazgrondella.

"C'est moi qui l'ai eu!
-C'est nous qu'on l'a eu!
corrigea Alentar.

Sous le regard ahuri de toute la compagnie, la naine prit un des yeux de l'orque et le goba.

Une fois le dégout et la surprise passés, Alentar prit Salrakaï à part.

"Dis, pour hier soir, c'était pas méchant ce que je disais, j'ai sorti ça pour déconner....."


Mais le Tueur l'écoutait à peine. Il était partagé entre deux sentiments opposés. La fierté d'être allé combattre seul autant d'ennemis, de s'en être sorti et d'avoir pu improviser quand il avait perdu ses haches, et en même temps la honte d'être toujours en vie et de l'être grâce à l'intervention du chef de la milice et surtout de la naine, le machisme naturel des nains s'ajoutant au fait que le crêteux avait voulu protéger la naine, et non pas que l'inverse se produise.

Mais la mission n'était pas encore finie et beaucoup de choses allaient encore se produire.



Dernière édition par Bonoarpha le Lun 7 Nov 2011 - 6:12, édité 1 fois

21 Ca mine, ça mine! Partie 3 le Lun 18 Avr 2011 - 9:16

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Salrakaï se retrouva face contre terre et poussa un juron bien senti dans sa langue natale.

L'équipe de dégobelinisation s'était levée tôt. La mine se trouvait à une vingtaine de minute de marche de Dotternbach. Quand les dégobeliniseurs arrivèrent sur place, des terrassiers s'occupaient de dégager l'entrée qui avait été scellée après l'attaque des gobelins quelques années auparavant. Logazgrondella avait prit les devants et s'était engouffré dans l'ouverture et Zorckal lui avait emboité le pas. Salrakaï, qui voulait être au première loge en cas de combat et -et cela il ne l'aurait pas avoué sous la torture, pas plus qu'il ne se l'avouait à lui-même- être aux côtés de la naine pour la protéger en cas de besoin, avait tenté de passer entre les jambes du Semi-Ogre qui prenait toute la largeur de la galerie... pour finalement se retrouver allongé de tout son long entre les jambes de son imposant coéquipier.

-Ho Zorckal! La place d'un Tueur c'est en première ligne. Laisse-moi passer devant, grommela-t il, l'air un peu penaud de s'être vautré en beauté.

Le collosse s'exécuta sans protester. "De toute façon c'est pas deux nains qui vont me cacher la vue."

Le nain se retrouva donc au même niveau que la naine, sur sa droite. C'était dans la nature des Enfants de Grungni de protéger leurs femmes, et cette tendance était exacerbée chez le crêteux par le fait que la demoiselle en question lui rappelait la fille dont il était épris. Et ce même si Logazgrondella ne semblait ni demander ni avoir besoin d'aide et qu'elle était loin de la norme de la naine au foyer qui était en vigueur chez le Peuple de la Barbe.

L'équipe avança, les deux nains devant, Zorckal venant ensuite, suivi d'Alentar, Engel, Mabel, Fardak et Varl Beyer. Fardak fit remarquer que l'atmosphère était plus humide que dans son souvenir.

Au bout d'une heure de marche apparurent enfin de petites silhouettes encapuchonnées. Bien qu'il n'en avait jamais vu Salrakaï devina qu'il s'agissait de Gobelins de la Nuit. Et il avait vu juste. Les choses sérieuses pouvaient enfin commencer.

Les grobis étaient au nombre de huit, répartis sur deux lignes. La ligne arrière était composée d'archers. Les quatre de devant se retrouvèrent bientôt trois quand un archer maladroit tira dans la tête du malheureux qui se trouvait devant lui, la corde de son arc lâcha par la m^me occasion. Les autres archers visèrent mieux. Le Tueur fut touché mais tout juste égratigné. Les nains chargèrent.
Logazgrondella fut la première au corps à corps et se retrouva face au gobelin du milieu, mais elle ne réussit pas à le toucher. Ce ne fut pas le cas du crêteux qui le tua net de sa hache gauche tout en blessant le gobelin de droite de son autre arme. Si un regard pouvait tuer Salrakaï aurait trouvé sa destinée à ce moment là, car la naine lui lança un regard assassin qui disait clairement qu'elle n'apréciait pas qu'on tue ses ennemis à sa place.

La deuxième volée de flèche fut tirée. Quand un des projectiles se rapprocha de Salrakaï et s'apprêta à mettre fin à ses jours, le phénomène étrange qui eut lieu le fameux soir où il avait rencontré le Tatoueur se reproduisit. Son tatouage s'illumina et la flèche dévia. Un cri derrière lui informa le Tueur que Zorckal avait été touché à sa place. Le nain ne perdit pas son temps et chargea l'archer derrière. Il parvint à le blesser mais avant qu'il n'ait eu le temps de l'achever une flèche d'Engel se ficha dans la face verte. Le Semi-Ogre termina à la hallebarde le gobelin entamé par son compagnon barbu.

La bataille tourna court. Le seul gobelin encore vivant tenta désespérément de fuir la furie rousse qui s'était lancée à sa poursuite et qui le trucida quelques mètres plus loin. C'est à ce moment que Salrakaï entendit des couinements qui provenaient de devant sur la gauche. Il se rapprocha. Il était arrivé à une intersection. Une galerie allait vers la droite et une autre vers la gauche, d'où venaient les couinements. Il eut une vision qui réjouit son coeur de Tueur, une autre troupe de grobis. Les deux de devant affichaient un sourire dément et maniaient chacun un boulet trop gros pour eux, attaché au bout d'une chaîne. Le barbu les reconnut comme étant des Fanatiques. Les deux derrière eux étaient de vulgaires archers, mais plus loin il y avait quatre chevaucheurs de Squigs, des sortes de crétures-boules de couleur orange-rouge avec une immense gueule garnie de crocs et des pattes postérieures qui les faisaient bondir dans tous les sens, et deux autres Squigs non montés.

Les nains chargèrent de nouveau, Logazgrondella engagea le fanatique de gauche pendant que le crêteux s'occupait de celui de droite. Les deux peaux-vertes ainsi que la naine ratèrent leurs coups, mais le Tueur tua son vis-à-vis et porta main-forte à sa camarade. Pendant ce temps Zorckal chargea l'archer de droite et Alentar, que l'on avait pas beaucoup vu depuis le début des hostilités, bondit tel un félin et s'attaqua à l'archer de gauche. Salrakaï tua le dernier fanatique en lui coupant le bras, ce qui projeta une véritable fontaine de sang. Alors qu'il s'attendait à un regard de reproche il fut surpris de voir la naine plutôt réjouie à la vue de ce spectacle sanglant. Toute excitée, elle fonça droit vers les squigs et leurs chevaucheurs, ignorant totalement les deux archers, Alentar et Zorckal.

Le crêteux s'avança à sa suite et en profita pour achever l'adversaire du Nippon, mais pas avant de se prendre une flèche qui de nouveau ne fit que l'égratigner. Pendant ce temps Logazgrondella en avait déjà fini avec un squig et un autre grobis. Ce qui suivit fut assez confus. On vit un Nippon sauter sur un squig et le maîtriser, un Semi-Ogre avoir besoin de la flèche d'un rôdeur pour se débarrasser d'un gobelin qui faisait la moitié de sa taille, une naine tuer un squig, le chevaucheur dudit squig engager le combat avec un Tueur, le Tueur perdre une hache en plein combat, se faire blesser par son adversaire avant de le tuer.

Au final on se retrouva avec le dernier squig les crocs bien plantés dans la naine. Le Tueur qui était allé chercher sa hache perdue, le Nippon sur sa nouvelle monture et le Semi-Ogre aussi doué au combat qu'il était chétif chargèrent furieusement pendant que Logazgrondella se préparait à porter un coup décisif. Quand tout ce petit monde se rencontra avec fracas, le squig explosa. Les parois de la galerie se retrouvèrent repeintes de divers fluides et morceaux. Les quatre brutes épaisses furent recouvertes d'entrailles. Durant la collision Alentar reçut un coup de Salrakaï et obtint un beau coquard. Zorckal qui n'était pas au mieux de sa forme profita du moment de répit qui succéda pour se soigner et s'appliquer un cataplasme.

Mais la matinée avait à peine commencé, et le Nippon perché sur son vaillant et rond destrier entendit dans la galerie de droite des bruits de voix aigrelettes. Les réjouissances allaient se poursuivre...



Dernière édition par Bonoarpha le Lun 7 Nov 2011 - 6:12, édité 1 fois

22 Ca mine, ça mine! Partie 2 le Jeu 3 Mar 2011 - 4:58

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Salrakaï vit le soleil se lever ce matin là.

Tout le monde était dehors à attendre de monter sur la charrette tirée par deux chevaux, la 2CV pour les intimes. Le Tueur en profita pour observer plus attentivement ses compagnons de voyage. Le semi-ogre et le bridé, qui disait venir du Nippon, il avait eu tout le temps de les voir lors de leur rencontre la veille. Pour lui Logazgrondella se résumait au fait que c'était une naine rousse. Et de toute façon il ne réussissait pas à la regarder plus de quelques secondes sans détourner les yeux. Les deux personnes qui détenaient l'autorité étaient Fardak Larson, ancien mineur nain reconverti dans le commerce qui avait travaillé dans la mine à dégobeliniser, et Varl Beyer, chef humain de la milice de Dotternbach, le village situé à côté de la mine. Il y avait aussi Engel, le chasseur humain que Salrakaï avait vu à la taverne la veille, elfette des bois en puissance aux cheveux châtains et aux yeux gris (de là où il était le nain pouvait entendre tomber avec fracas les petites culottes des demoiselles aux alentours alors qu'elles posaient les yeux sur l'archer efféminé) et enfin Mabel Adelhof, soi-disant mercenaire humain, apparemment sans armes, blond aux yeux vert aussi viril qu'un courtisan elfe à la cour d'Ulthuan (et crack la culotte!).

Fardak conduisait la 2CV, et fut rejoint sur le siège de devant par la naine qui semblait déterminée à être aux premières loges en cas de divertissement. Puisqu'elle se trouvait devant à droite, Salrakaï se plaça derrière à gauche. Zorckal quant à lui était assis sur le bord arrière du véhicule, les jambes pendantes dehors. Engel progressait à côté sur son cheval. A mesure que la compagnie s'éloignait de Nuln elle croisait de moins en moins de monde sur la route. Un groupe d'une quinzaine d'hommes armés d'arc venant d'en face marchait dans le sens opposé.

La journée se déroula paisiblement et la charrette arriva le soir tombé à Rohrhausen. La troupe s'arrêta à l'auberge du "soleil couchant". Le gîte et le couvert furent payés par Fardak, qui prenait en charge les frais pendant la mission. Cela n'empêcha pas Engel d'aller dormir à la belle étoile. Il n'aimait pas resté éloigné longtemps de la nature. Zorckal et Logazgrondella s'engagèrent dans une série de bras de fer. Salrakaï et Varl Beyer initièrent Alentar au combat avec deux armes. Zorckal sembla perturbé quand il se rendit compte qu'il n'avait plus sa boîte d'amadou, mais à part ça la soirée fut calme. "Vivement un peu d'action" pensa le Tueur, qui voulait sortir de ses pensées sinistres. Et trouver la mort, accessoirement.

Le lendemain à l'aube, alors que tous se préparaient au départ, les narines de Salrakaï captèrent une odeur d'urine. La recherche de la source odorante le mena à Mabel, qui lançait des regards nerveux à Zorckal, auxquels le Semi-Ogre répondait par une expression peu amène mais sadiquement satisfaite. Après avoir chuchoté quelque chose à la naine (le Tueur ne put s'empêcher d'être impressionné par la souplesse dont le colosse faisait preuve lors de l'opération qui l'obligeait à se mettre à hauteur de son nombril) celle-ci rit de bon coeur en dévisageant le mercenaire. "Tiens j'ai dû en manquer de belles cette nuit! pensa le crêteux. Enfin pour une fois que c'est pas de moi qu'elle rit..." Ce moment fut choisi par Engel pour pousser de grands cris qui ameutèrent toute la compagnie.

"Regardez! dit-il tout émoustillé.
-Quoi? Quoi? Qu'est-ce qu'il se passe?
-Mais là! Regardez! continua le chasseur en pointant quelque chose du doigt.
-J'vois rien, tu vois quelque chose toi?
Le rôdeur s'avança et s'agenouilla en s'extasiant devant... une fleur.
"Regardez comme cette primevère est belle! C'est le signe que le printemps approche mes amis!"

En effet, pour toute personne susceptible d'être touchée par les beautés de la verdure, cette vision bucolique imposait la contemplation et l'admiration. Cependant la sensibilité végétale des nains en général, et des Tueurs en particulier, ne montait pas plus haut que le ras des pâquerettes. C'est pourquoi Salrakaï se dirigea vers la 2CV. Quand il vit que Logazgrondella était déjà assise à l'arrière, c'est vers la banquette de devant qu'il alla. "Rak Bar!" jura-t-il en khâzalid dans sa barbe. Voyant son mouvement Alentar partit en courant. Une folle course s'engagea, les deux participants arrivèrent en même temps à côté de la charrette, puis tentèrent de dépasser l'autre lors de la montée sur la banquette, et finalement c'est le nain qui l'emporta. D'où le proverbe du jour "Quand une bonne raison il a, vite le nain va". La raison du Tueur étant rousse, il gagna la course.

La deuxième journée de trajet se révéla aussi ennuyeuse que la précédente, mais l'arrivée à Dotternbach fut assez surprenante. En effet l'équipe de mercenaires était attendue avec impatience dans la bourgade d'un millier d'âmes, et elle fut presque acclamée par la population qui voyait enfin ses sauveurs. La 2CV s'arrêta devant l'auberge du "mineur noirci", dont l'enseigne était encadrée par des pioches. La naine entra la deuxième derrière Fardak, et par conséquent Salrakaï fut le dernier. Tous s'assirent au comptoir et Dankred Rableich le tenancier servit une bière à tout le monde. Il en profita pour raconter ce qui lui était arrivé.

Quelques temps auparavant Dankred avait entendu des bruits suspects dans sa cave et constaté qu'un trou y avait été creusé et que de la nourriture et des tonneaux avaient été volés. Il avait alors contacté Varl Beyer et Fardak Larson qui organisèrent des patrouilles. Ils constatèrent que des bruits bizarres ainsi que de drôles d'odeurs sortaient d'un des puits d'aération de l'ancienne mine qui avait été prise par des gobelins quelques années auparavant et dont seul Fardak était sorti vivant. Subodorant une reprise de l'activité gobeline le village avait décidé de faire appel à des nettoyeurs extérieurs.

Zorckal demanda à voir la cave, où il fut accompagné par le reste de l'équipe. L'escalier de bois lui paraissant peu solide il passa seul dessus "Ca se voit que c'est pas du boulot de nain" dit-il en souriant à Logazgrondella avec qui il semblait bien s'entendre. Celle-ci sourit de fierté naine et jeta un coup d'oeil à Salrakaï, qui esquissa le début d'une ébauche d'un commencement de plissement de coin de bouche. Ne relevant pas d'indice les dégobeliniseurs remontèrent. Ils reçurent chacun un paquetage contenant une outre d'eau de 2L, une corde de 10 mètres et une lampe à huile avec barrette, c'est-à-dire un cagoule en cuir où peut se fixer la lampe. Le Tueur pris une lanterne sans barrette, puisqu'il ne voulait pas mettre quoique ce soit sur sa tête qui puisse le protéger -le code d'honneur des Tueurs ne permettait pas le port de pièces d'armure quelles qu'elles soient- et qu'il ne voulait pas abîmer sa crête. Le salaire appliqué serait le suivant: six couronnes d'or pour entrer dans la mine, une couronne d'or par jour de mission et cinq pièces d'argent par grobi tué.

Une fois le briefing effectué, chacun put se détendre un peu. Pour Alentar la détente consistait à chercher Salrakaï. Le bridé n'avait pas encore compris qu'il ne fallait pas taquiner un Tueur nain. Il n'allait pas tarder à rire jaune.

-Alors sale racaille, tu n'as pas voulu de la calotte de cuir de peur d'abîmer ton brushing?
Il reçut pour toute réponse un grognement qui ne présageait rien de bon.
-Ca ferait presque penser à une tapette d'elfe, rajouta le Nippon.
-Tu me cherches le jaune? gronda le crêteux qui était descendu de son tabouret.
-Même pas peur d'une chose qui fait à peine un mètre les bras levés.

Le nain chargea. S'ensuivit un combat assez pathétique, où chacun essayait de frapper l'autre sans grande réussite, les coups qui n'étaient pas manqués étant parés ou esquivés. Alentar tenta une balayette qui fut balayé d'un coup de pied. Zorckal voulut intervenir et calmer les deux belligérants en les prenant par la tête et en les cognant l'un contre l'autre. Mais il échoua et ne fit que participer à la destruction de l'image que se faisait les villageois médusés de leurs sauveurs fraîchement arrivés, qui en plus de déclencher des bagarres d'ivrognes étaient incapables de se battre correctement. Salrakaï réussit enfin à passer sous la garde de son adversaire et lui asséna un violent coup de poing dans le ventre qui lui coupa le souffle et le fit s'effondrer en se tenant le ventre.

Satisfait, son honneur lavé, il n'en avait plus rien à cirer et alla se coucher pendant que Zorckal donnait les premiers soins au blessé. Il croisa le regard de la naine et y lut un mélange de moquerie quant à sa prestation martiale moyenne et en même temps de l'acquiescement pour ce qui était d'avoir clouer en beauté le bec du canard laqué qui s'était moqué de lui. Etant quelque peu déstabilisé le Tueur pressa le pas et rejoignit sans attendre sa chambre.

23 Ca mine, ça mine! Partie 1 le Mer 2 Mar 2011 - 1:58

Bonoarpha

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Salrakaï entra dans l'auberge du "Voyageur Clandestin", se hissa sur un des tabourets du comptoir et commanda une bière.

Il entendit des bruit de pas pesants et tourna la tête vers leurs origines. Il vit alors ce qui devait être le duo le plus original et le plus mal assorti depuis les légendaires et très chaoscides Gotrek et Félix: un humanoïde particulièrement imposant -était-ce un immense humain ou un ogre avorton? Il n'aurait su le dire avec certitude- avec une drôle de marque en forme d'étoile sur le front, une hallebarde, un bec-de-corbin, un uniforme aux couleurs d'Altdorf et une armure portant la même marque que son front, et un drôle de bonhomme, un grand dadet aux yeux bridés et aux cheveux noirs qui portait une sorte de pyjama ou de peignoir et ni armes ni armures. Le buffle étoilé avait l'air balèze, c'est l'occasion rêvée de faire son réveil musculaire pensa Salrakaï.

Il finit sa chope, se dirigea vers le colosse et de planta devant lui. Bien que son nez arrivait à peine au nombril du géant, Salrakaï lui sortit d'un ton peu aimable

"Eh le gros! Est-que t'es aussi balèze que t'es gros?
-Euh et bien euh... oui, répondit le malabar tout autant surpris que mal à l'aise
-T'as une drôle d'étoile sur le front. Apparemment c'est pas suffisant pour faire de toi une lumière...
-Euh... Bien le bonjour, répondit l'imposant bonhomme, visiblement désireux d'éviter l'affrontement. Je m'appelle Zorckal Z'ul Zorander.

L'étrange homme jaune, intrigué face à une race qu'il n'avait sans doute pas eu l'occasion de côtoyer longtemps auparavant, sortit candidement:

- Tiens ! Quel étrange petit homme … heu, nain ! … Tu le connais ?

Il eut le droit à un regard noir et un grognement peu amène de la part du Tueur. Zorckal profita de l'occasion pour renchérir:

- Non je ne le connais pas, comment vous nommez-vous maître nain?
- J'suis Salrakaï.
- Comment !!? rétorqua l'ogre de poche … C’est moi qu’tu traites d’sale racaille ???
- Grrr … Nan, c’est mon nom : Salrakaï !

Cette rectification fût accueillie par des pouffements moqueurs de la part des deux imbéciles haut-sur-pattes "Salrakaï! Quel nom! Pfff foufoufoufou!..." eut l'idée de dire le bridé nommé Alentar.

-Vous vous foutez de moi, c'est ça? vociféra le nain, qui regardait particulièrement l'homme jaune avec son air le plus menaçant, air qui aurait fait hésiter plus d'un vétéran aguerri.

Le destinataire de cette débauche d'intimidation ne sembla pas plus perturbé que cela, sans doute à cause de son manque de connaissances à propos des Tueurs. Le balèze par contre, qui semblait lui en savoir plus au sujet de la culture naine, était apparemment un peu nerveux quant à la suite des événements et chuchota à l'oreille de son acolyte des propos selon toutes probabilités destinés à lui faire faire attention à ses paroles s'il ne voulait pas avoir d'ennuis avec le crêteux. Crêteux qui leva le doigt vers Zorckal.

-Toi le gros! Tu fais un bras de fer avec moi! Celui qui perd paye une pinte à l'autre! On va voir si t'en as dans les bras!
-Bon et bien d'accord...
-Je sens bien de faire un petit pari là, ajouta Alentar pour lui-même.

Les deux duellistes de comptoir s'assirent de part et d'autres d'une table. Zorckal releva sa manche pour être plus à l'aise, révélant ainsi un tatouage.

-C'est quoi c'te tatouage que t'as là? demanda Salrakaï
-Et bien c'est un tatouage que mon fait mes amis nains à qui j'ai rendu service et sauvé la mise. C'était pour me montrer qu'ils me considéraient... comme un Ami des Nains.
-Ainsi donc t'es Ami des Nains? Le visage de Salrakaï se fit un peu moins inquiétant quand il dit cela, on pouvait même y lire une pointe d'amusement et de respect.

N'était pas nommer Ami des Nains qui voulait, il fallait avoir rendu de grands services aux Enfants de Grungni pour mériter ce titre. Et bien j'vais essayer de pas trop t'amocher le bras, sinon je risquerais d'avoir mon nom marqué dans le Grand Livre des Rancunes! rigola le nain. Aller c'est parti!

Le bras de fer s'engagea, et fut remporté par le plus grand des deux participants. Salrakaï ne fut pas mauvais joueur, il manifesta bruyamment sa satisfaction de voir que l'Ami des Nains en avait dans les biceps. Et comme tout nain qui se respecte il tint sa promesse et offrit une pinte au vainqueur, et en profita pour s'en reprendre une. Le Semi-Ogre (car c'en était un) s'enquit de la raison de la présence du Tueur à Nuln et découvrit que c'était pour la même raison que lui-même à savoir le travail de dégobelinisation.

C'est à ce moment qu'apparurent un humain tendance elfette des bois qui aime la nature et les petits z'oziaux (bref un rôdeur nommé Engel) mais surtout une personne dont la simple vue glaça Salrakaï et dissipa toute jovialité en lui. Il s'agissait d'une naine rousse.

Aussitôt la raison pour laquelle la Tueur avait choisit la mort revint dans esprit aussi inévitablement qu'une bulle de mousse remonte à la surface d'une bière. Il se referma comme une huître, grommelant dans sa barbe.

Juste après Fardak Larson, en vieux nain qui était aussi le commanditaire de la mission, annonça que le départ de la mission était reporté au lendemain, même heure même endroit. Salrakaï décida d'aller se changer les idées et partit chercher une forge où il louerait ses services. Se concentrer sur le travail du métal l'aiderait pendant un temps à ne plus penser à cette naine. Zorckal vint avec lui car il désirait acquérir des gantelets de mailles, mais malheureusement la naine était aussi du voyage. Le Tueur marmonna des propos inintelligibles dans sa barbe, la mine toujours aussi sombre. Il demanda son chemin à un passant, qui lui indiqua la route. La naine semblait se nommer Logazgrondella, et elle avait plus l'air d'une guerrière que d'une mère au foyer. Le trio arriva à une forge tenu par un nain, Niflurak Rafftesson.

"Que puis-je faire pour vous braves gens ? demanda le forgeron.
Salrakaï fut le premier à exprimer sa requête
-J'étais apprenti forgeron avant d'être crêteux. T'as du boulot pour moi? J'ai une journée à tuer avant de mourir... Et une gonzesse à éviter, pensa-t-il d'un air sombre en jetant un regard de coin à Logazgrondella.
-Un crêteux forgeron c'est bizarre mais bon, ya toujours besoin de bons gars sachant forger !!! Alors top là. Mais je vais déjà devoir évaluer un peu tes compétences pour savoir sur quoi te faire bosser.

Salrakaï partit chercher un tablier de cuir, une pince et un marteau avant de se placer à côté d'une enclume, pendant que Zorckal expliquait quelle pièce d'armurerie il souhaitait acquérir. L'ancien apprenti forgeron se mit à travailler sur une lame de faux commandé par un riche propriétaire terrien du coin, un homme assez riche pour s'offrir les services d'un forgeron nain.

Etait-ce les nombreux mois sans pratique ou bien la présence de la naine rousse qui déstabilisèrent Salrakaï? Quoi qu'il en soit il échoua dans son travail, la faux avait plus l'air d'un serpent de métal aplati par la semelle d'un géant que d'un outil de paysan. Niflurak Rafftesson regarda le travail d'un air perplexe. Cependant son armurerie de "l'enclume acharnée" croulait sous le boulot ce jour là. De fait, il proposa au Tueur de l'embaucher pour la journée afin d'aider au gros oeuvre: préparer les blocs de minerais, les chauffer et faire le gros du modelage. Néanmoins, il n'aura pas le loisir de créer vraiment les armes. "Mais tu pourras apprendre en nous regardant, courte barbe."

Ce n'était pourtant pas le pire. Logazgrondella, voyant le résultat du travail, pouffa fort peu discrètement de la faiblesse des capacités de Salrakaï. S'en fut trop pour lui. Il posa ses outils et son tablier, ramassa ses haches et sortit sans mot dire de la forge. Dire qu'il avait l'air sinistre était un doux euphémisme. Il aurait fait peur à un démon.

Toute sa pensée se résumait à une seule idée: mourir ou tuer, et pourquoi pas les deux à la fois, mais très vite quoiqu'il en soit. Il voulait en finir, il était à bout, bien qu'il ne pouvait en parler du tout. Et même s'il ne rendait pas son dernier soupir dans la minute, d'autres allaient périr, car tel était son but, pour qu'il ressente un peu moins sa souffrance en la partageant avec un quidam qui à son grand dam réaliserait sa malchance. L'occasion de libérer sa violence refoulée se profilait plus loin sur le macadam alors que quatre forbans essayaient de profiter d'une dame sans défense. Cette offense fut sa chance, car même poussé dans ses derniers retranchements Salrakaï n'aimait pas l'idée de verser le sang d'innocents passants. Bien, se dit-il, il est temps d'aller étriper ces sacripants effrontés.

Le Tueur chargea, haches levées. Deux des malotrus s'enfuirent en se faisant dessus. Voyant le nain s'approcher les deux autres décidèrent de rester. Salrakaï frappa de ses deux armes le premier, qui rendit l'âme avant même de s'effondrer. Il s'attaqua au deuxième et dernier mais celui-ci sauta de côté avant de se jeter sur le cou musclé du crêteux enragé afin de l'étrangler. Malheureusement pour lui il allait échouer, il trébucha et se retrouva derrière le Tueur qui d'un mouvement rageur se retourna avec fureur et trancha en deux endroits le maladroit malandrin dont la carrière prenait fin. Il tomba en trois morceaux, coupé au niveau des reins en bas et du poitrail en haut.

La demoiselle qui s'était cachée dans un coin sauta dans les bras du nain, enserrant avec ardeur son ensanglanté sauveur. Salrakaï dont la tête était à hauteur du coeur de la jeune fille lui tapota maladroitement le dos et lui dit, mal à l'aise "Euh... j'espère que t'as rien", puis il commença à s'éloigner, les joues rouges de confusion. "Je m'appelle Gabrielle!" lui lança-elle alors qu'il s'en allait. S'il avait fait plus attention le nain aurait vu qu'il s'agissait d'une très belle jeune humaine brune aux yeux marrons et aux formes sympathiques.

La rencontre avec Gabrielle eu comme conséquence d'enlever toute velléités de violence à Salrakaï. La confusion d'être pris au dépourvu et de se retrouver le nez dans un décolleté le fit arrêter de penser à ses malheurs, du moins pour un temps. C'est donc avec une humeur beaucoup plus tranquille et une légère confusion que le Tueur se trouva un coin tranquille où se poser et méditer un peu. Après s'être calmer il retourna à la forge où il travailla le reste de la journée, pour un salaire honorable de huit couronnes d'or. Le soir il rentra à l'auberge et alla se coucher sans demander son reste.



Dernière édition par Bonoarpha le Mar 22 Mai 2012 - 21:51, édité 2 fois

24 D'une mine à l'autre le Mer 2 Mar 2011 - 1:43

Bonoarpha

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Salrakaï regarda d’un œil torve mais troublé sa onzième pinte avant de la vider.

Le voyage depuis Mundrin jusque Karaz-a-Karak s’était passé sans encombre. Gurlizek et le Tueur avaient accompagné l’érudit Grikar Loup-de-Lune jusque la capitale et l’avait aidé dans le transport de la boîte de plomb contenant le tétraèdre maudit. Elle était désormais sous la surveillance des érudits et des Maîtres des Runes de la forteresse, qui l’étudiaient afin de déterminer comment mettre fin à ses nuisances.

Les deux compagnons crêteux étaient allé à la taverne « la bonne mousse » tenue par Brataflak « Barbe rebelle ». Gurlizek semblait le connaître. Le tenancier était en tout cas très bien informé. Apparemment des combattants « qui en ont dans le pantalon » étaient demandés par Krakdum "Barbe d'or" de la taverne du « Gobelin carbo » à Nuln. La nouvelle intéressa Salrakaï au plus haut point. Une occasion de trouver une belle mort était sans doute à la clé. Ragaillardi par cette perspective Salrakaï lança un duel de descente de bibine à Gurlizek, qui accepta volontiers.

C’est donc arrivé à la onzième pinte que le Tueur commença à se sentir vraiment mal, alors que son adversaire semblait bien mieux encaisser que lui. Gurlizek proposa de passer à la vitesse supérieure et commanda du schnaps. « J’te prends quand tu veux et avec quoi qu’tu veux ! » lui postillonna Salrakaï. Deux schnaps plus tard le crêteux aux deux haches ronflait bruyamment dans son propre vomi.

Le Tueur fut réveillé le lendemain par son compagnon qui arborait un visage soucieux.

-Hé ! Salrakaï ! Debout !

Alors que tous les marteaux de Karak Azul avaient décidé de se servir de sa tête comme d’une enclume, le malheureux duelliste du lever de coude écouta Gurlizek racontait ce qui avait suivi son black-out. Le Maître des Tunnels avait reçu un message de son « amie » elfe, un truc qui disait que les oreilles pointues blonds des bois avait besoin de lui pour taper sur les oreilles pointues noirs du froid. « Une belle elferie » pensa Salrakaï « Il a beau être un mec bien, Gurlizek a quand même de drôles de fréquentations !»

-Je dois partir tout de suite. Tu viens avec moi ?
-Mouais, marmonna le Tueur de sa bouche pâteuse. J’t’accompagne jusque Nuln, mais pas plus loin ! Compte pas sur moi pour aller cueillir des fraises des bois avec tes p’tits copains les z’oreilles pointues ! Mais d’abord… BEUARG ! dit-il en soulageant son estomac.

Le voyage jusque Nuln se déroula beaucoup trop calmement aux yeux de Salrakaï, qui avait espéré une embuscade de bandits, d’hommes-bêtes, ou même simplement un morveux perdu qui aurait croisé son chemin et le tranchant de sa hache. Mais non, rien de rien « Ah ça , je le regrette bien ! ».

Arrivés dans la grande cité impériale les deux compères se rendirent à la taverne du « Gobelin carbo ». Salrakaï se renseigna auprès de Krakdum "Barbe d'or" pour en apprendre plus sur la mission. Il fut vite déçu car il s’agissait encore d’une dégobelinisation de mine. « Mais c’est pas avec des grobis que je vais avoir une belle mort par Grimnir! (grommelle…grommelle…) Mais bon puisque je suis là, autant y aller. Avec beaucoup de chance je tomberai sur autre chose d’un peu plus consistant ! » Les deux camarades de route passèrent donc la nuit à Nuln. Le lendemain de bon matin et après s’être dit au revoir Gurlizek partit vers la forêt de Loren tandis que Salrakaï se dirigea vers le lieu de rendez-vous indiqué par Krakdum "Barbe d'or", l'auberge du "Voyageur Clandestin", à Nuln.

25 Les mines de Mundrin HS le Mar 1 Mar 2011 - 23:55

Bonoarpha

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L’équipe des barbus décida d’une marche à suivre. D’abord aller voir le prêtre de Grungni Fergil pour bénéficier de sa sagesse et de ses connaissances en théologie, puis aller quérir Fijar Shuldor le jeune érudit, enfin aller voir Gottri et Darbli. Comme le tétraèdre semblait réagir à la vision de son environnement, les nains choisirent de le laisser dans le sac.

C’est de nuit que le tétraèdre fut transporté. L’équipe fut sous le choc en voyant qu’il ne restait presque aucun bâtiment debout dans Mundrin. Everblight, quoiqu’il soit, venait d’inscrire son nom dans le Livre des Rancunes. Le Temple de Grungni n’étant plus que ruines, le prêtre avait déplacé son oratoire dans le cimetière, dont la population avait considérablement augmenté ces dernières heures. Fergil ne fut pas d’une grande aide, trop occupé qu’il était par les malheurs de ses fidèles qu’il essayait de soulager de son mieux. Tout juste désigna-t-il une tombe encore inoccupée où entreposer le tétraèdre. Les nains s’exécutèrent et inscrivirent le nom de Magnar, un nain qui avait trouvé la mort avant que Salrakaï arrive en ville, pour plus de crédibilité.

Peu après cela, Fijar Shuldor les rejoignit et sembla très intéressé par leurs découvertes…
ce qui n’était pas le cas de Salrakaï qui rêvassait pendant que les autres palabraient histoire de Mundrin. « Bon bin apparemment c’est pas à Mundrin que je rencontrerai ma destinée. J’y ai cru pourtant quand je me suis retrouvé seul face à la grosse bestiole dans la salle du tétraèdre… » Quand vint l’heure d’aller voir nos employeurs, Gurlizek eut l’idée, pour les aider à délier leurs langues, d’écrire une fausse lettre du Haut-Roi, qu’il semblait bien connaître puisqu’il apposa son sceau sur le parchemin. Un nain plein de ressources et de surprises ce Gurlizek. Il rédigea une autre lettre à un nain de sa connaissance pour qu’il envoie une personne à même de s’occuper de ce fichu tétraèdre.

L’équipe de nettoyeur alla voir successivement Darbli puis Gottri. Ce dernier les paya. Gurlizek, en tant qu’émissaire du Haut-Roi des Nains, obtint le droit d’aller enquêter sur Mundrin avec Fijar.

Le lendemain Grumdnir eut l’idée de fabriquer une boîte en plomb pour y mettre le tétraèdre, afin de limiter son influence néfaste. Salrakaï partit avec lui à la forge, pendant que Gurlizek commençait son enquête. La forgeron avait rejoint ses ancêtres durant le tremblement de terre, mais son atelier était encore debout. Les deux nains trouvèrent du plomb mais en quantité insuffisante pour ce qu’ils voulaient en faire, et durent donc en acheter. Le Tueur, en tant qu’ancien apprenti forgeron, dirigea la confection de la boîte, assisté par Grumdnir. Le résultat ne fut pas probant. Aussi durent-ils attendre l’arrivée et l’aide de Gurlizek pour terminer l’objet.

-Tiens Gurlizek, y’a pas moyen que tu demandes à Gottri de couvrir nos frais pour le plomb? demanda Salrakaï au Maître des Tunnels de Karaz-a-Karak. J’sais bien qu’c’est pour protéger le peuple nain, mais j’suis pas bénévole nan plus!

C’est ainsi que le Tueur fit l’économie de quelques couronnes.

La nuit tombée l’équipe amena la boîte de plomb au cimetière. Ils y placèrent le tétraèdre puis enterrèrent de nouveau le tout. Quelques jours plus tard un érudit nain proche de Kwarak se nommant Grikar Loup-de-Lune arriva à Mundrin. De nuit encore l’érudit et les nains allèrent au cimetière, encore. Grikar décida d’emmener le mystérieux objet à Karaz-a-Karak et demanda aux autres de l’accompagner. Etant des nains d’honneurs ils acceptèrent.
Salrakaï partit donc vers la capitale de l’Empire Nain, laissant derrière lui Mundrin et pensant déjà à la prochaine occasion de rencontrer sa destinée.

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